L'observatoire de la musique et l'institut Gfk publient chaque année leur rapport sur les marchés de la musique enregistrée, un document extrêment riche d'enseignements sur l'état de santé du secteur en France. Le rapport 2007, qui vient de paraître, ne va pas redonner le sourire aux patrons de maison de disques.

Sur l’ensemble de l’année dernière, le chiffre d’affaires de la musique enregistrée en France s’élève à 1,216 milliards d’euros, en baisse de 16,2 % par rapport à 2006. Sans surprise, le marché du single physique continue à s’effondrer pour ne plus représenter qu’un CD vendu sur 10, et le format album ne freine pas sa descente aux enfers. Il s’est vendu en 2007 69 millions d’albums CD, un chiffre en baisse de plus de 11 % sur un an. Et dans ce marasme financier, le salut ne semble pas venir des téléchargements.

Certes, le marché du « full-track » numérique progresse de 65,8 % en volume, avec une hausse spectaculaire de 127 % du nombre de singles vendus sur mobiles (hors sonnerie). Mais les proportions seules sont trompeuses. En valeurs absolues, le numérique ne représente encore en 2007 que 40,2 millions d’euros de chiffre d’affaires, soit 3,4 % du chiffre d’affaires global de la musique enregistrée. Le chiffre d’affaires numérique progresse de seulement 27 %, ce qui est beaucoup trop faible pour compenser la chute du marché physique. Un coup de massue pour les producteurs de musique, d’autant que les ventes de sonneries sont déjà entrées en récession après une période de forte croissance.

Dans le détail, les ventes numériques se répartissent entre les chansons sur mobile pour un tiers et les ventes sur PC pour deux tiers. Ce dernier marché, libéré par l’abandon progressif des DRM, progresse de près de 50 %, mais il ne représente encore qu’environ un seul single MP3 acheté par internaute l’an dernier en France.

Dans ce contexte, la concentration du marché continue à s’accentuer. En 2007, 90 % des ventes se sont concentrées sur 8 % du catalogue. Les quatre majors, Universal, Warner, EMI et Sony BMG se partagent 78 % du marché, et la domination d’Universal s’accroît. La major française a accentué de deux points sa part de marché (29,5 %), au détriment des autres majors.

La faute au piratage ? Pas seulement. L’Observatoire de la Musique le note lui-même, « le marché musical n’échappe pas au ralentissement général de l’économie, à la baisse sensible du pouvoir d’achat, constatée en Europe, à l’attractivité d’autres pratiques culturelles (la vidéo, les jeux)« . Et l’avenir ne prête pas à l’optimisme sur la musique payante : « la contrefaçon est devenue une pratique qui s’est généralisée au point que certaines classes d’âge n’imaginent même plus de revenir sur le marché payant« .

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