La riposte graduée lapidée par les professionnels du web français
Guillaume Champeau -
publié le Mardi 06 Mai 2008 à 12h21 -
posté dans Société 2.0
![]() Après le Parlement européen qui a assimilé le procédé à une violation des droits de l'Homme, ce sont de grands noms du web en France qui s'élèvent contre la riposte gradée. L'Association des Services Internet Communautaires (ASIC) qui réunit notamment Google, Dailymotion, Microsoft et Yahoo s'est élevé contre le projet de loi Olivennes qui devait être adopté cet été, mais qui sera certainement repoussé au moins à la rentrée prochaine... C'est notre confrère PC Inpact qui le révèle. L'Association des Services Internet Communautaires (ASIC) a adressé une note à l'Elysée et à Matignon, au cabinet d'Eric Besson, ainsi qu'aux ministères de l'Industrie et de la Justice pour tirer la sonnette d'alarme sur le projet de loi Hadopi qui devait être adopté cet été, selon les souhaits du Syndicat National de l'Edition Phonographique (SNEP). Rédigé sous la dictée du lobby de l'industrie musicale, le texte prévoit qu'une hauté administrative puisse décider de couper l'accès à Internet d'un abonné dont l'accès a été utilisé à plusieurs reprises pour télécharger illégalement des contenus protégés par le droit d'auteur. Puisque cette décision finale est prise après deux avertissements, le ministère de la Culture parle de "riposte graduée". Dans la lettre dont notre confrère a eu connaissance, l'ASIC démonte le procédé en rappelant d'abord que la sanction ne vise pas celui qui commet l'acte de téléchargement, mais celui qui en aurait ainsi la responsabilité parce qu'il est le titulaire de l'accès à Internet utilisé. Or, "bannir, même temporairement, des internautes de la société de l'information, ce n'est pas seulement les empêcher de télécharger des contenus illicites, c'est aussi et surtout leur interdire toute utilisation d'un vecteur de communication et d'expression devenus indispensables, qui offrent l'accès à une pluralité d'information, à une diversité de contenus, ou à une multitude de services publics". Le problème est d'autant plus grave si c'est une PME qui est titualaire de l'accès. Sur le strict plan juridique, l'ASIC apporte des arguments qui devraient logiquement mener au moins à une révision du texte, au mieux à son rejet pur et simple. L'Association rappelle ainsi que le Conseil constitutionnel a jugé à plusieurs reprises qu'une autorité administrative telle que l'Hadopi ne peut pas prendre de mesures "privatives de liberté", puisqu'il s'agit d'une décision de nature pénale que seule l'autorité judiciaire peut prendre. Or, selon l'ASIC, couper l'accès à Internet et interdire de souscrire une nouvel abonnement est privatif de liberté. Sur le processus en lui-même, l'ASIC estime qu'il ne respecte pas les droits de la défense, puisque les sanctions et les avertissements pourront être décidés par la Haute Autorité sur demande des ayant droits, mais sans avoir recueilli au préalable les observations du titulaire de l'accès mis en cause. De plus, le droit pénal impose de rechercher l'élément intentionnel dans la commission de l'infraction, ce qui n'est pas prévu par la loi Hadopi. Enfin l'ASIC dénonce un mécanisme de double peine, puisque tout en décidant des sanctions à l'encontre du titulaire de l'abonnement à Internet, la Haute Autorité devra notifier au ministère public les délits dont elle a connaissance. En Droit, le parquet pourra alors décider d'entamer sa propre procédure à l'encontre de la personne mise en cause. Il nous faut tout de même rappeler que si le ministère de la Culture a rédigé un texte aussi bancal juridiquement, c'est parce que le mécanisme de riposte graduée a déjà été censuré une première fois par le Conseil constitutionnel au moment de l'examen de la loi DADVSI. Les sages avaient estimé qu'il n'était pas possible de juger le P2P autrement que les autres types de contrefaçon. Tout le texte de la loi Hadopi est donc construit de façon à contourner les arguments du Conseil, et à ne plus sanctionner la contrefaçon en tant que telle, mais le fait de ne pas avoir sécurisé son accès à Internet. Le résultat est un projet de loi totalement ahurissant, contraint de mettre en place une énorme usine à gaz absolument absurde au service des intérêts privés des titulaires de droits, pour un résultat qui sera de toute façon nul. Il faut espérer que Christine Albanel ne continue pas à s'obstiner, en dépit des évidences et de la sanction politique violente du Parlement européen. à lire aussi
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Commentaires à propos de «La riposte graduée lapidée par les professionnels du web français»
J'ajoute qu'il serait même très simple, en cas d'apparition d'un filtrage de protocole efficace, de coder un logiciel P2P utilisant HTTP ou FTP pour les transferts de données. Et là au revoir le filtrage.
D'ailleurs, il me semble avoir déjà vu passer quelque chose qui était du même genre mais en simulant dans les news à KraftonZ. Je ne me souviens plus du nom. 'Axis', le 01/01/1970 - 01:00 't-buster', le 01/01/1970 - 01:00 ma question est: -est-il possible, par un FAI de bloquer efficacement sur un nombre limiter de compte (ceux qui ont été condamner pour piratage) le P2P? si oui, ne serait-ce pas la bonne réponse que la justice devrait apporter? - que le FAI soit propriétaire du modem (je suis propriétaire de mes 2 modems). - que le modem permette de mettre en place ce filtrage (mon plus vieux modem, un ECI ethernet qui fait pierrade quand on le pose à l'horizontale, ne le permet pas). - que ces paramètres de filtrage soient accessibles par le FAI et pas par les abonnés, tout en permettant aux abonnés de paramétrer leur modem/routeur selon leurs goûts/besoins. salut.
't-buster', le 01/01/1970 - 01:00 à moyen terme les flux seront crypté par les utilisateurs....A tres long terme, plutot, mais je vois mal comment ma concierge va se mettre sur freenet, ou bien comment elle va encrypter ses echanges torrent. ce qui est important, ce n'est pas les 3 geeks qui se balladent sur ce forum et qui croient se proteger en cryptant les echanges, mais les millions de personnes qui utilisent le p2p sans savoir comment il fonctionne, tout comme ils utilisent leur boite mail. je vois rarement des clients mails securisés chez les gens ... tres tres rarement. alors je vois pas trop pourquoi ils se mettraient a le faire pour le p2p. 'Neuro', le 01/01/1970 - 01:00 c' est déja le cas.Je crypte ma bande passante. ... si je télécharge une distribution de Linux je crypte, et je rejette les connexions non cryptées. -comment fait tu pour crypter ta bande passante ? -a quoi cela te sert de crypter des echanges licites ? crytptage ou non, impliquer un internaute dans un echange illicite, rester parfaitement possible. le cryptage nuit juste a la reconnaissance automatique des contenus, mais un client p2p adapté saura decrypter l'information et donner les indices idoines a la recoltes des IP diffusant des contrefaçons, meme avec des flux cryptés. bref, cela sert strictement a rien ... il faut tendre a depenaliser l'usage et a legaliser les contenus, mais pas a cacher les choses. il faut souhaiter un P2P licite, au grand jour, sur lequel il sera plus simple de reperer des contenus reellement nefastes, telque les fichiers pedophiles qui sont beaucoup plus repandus qu'on ne le pense a prime abord. (les humains sont vraiment pourris.) Il faut que les gens comprennent qu'on ne peut faire n'importe quoi sans en subir les consequences, mais de meme pour les majors et autres syndicats. le probleme concret, aujourdh'ui, il est tres tres simple : Les decideurs n'y comprennent rien et sont très mal conseillés. resultat : c'est le foutoir. 'polar_bear', le 01/01/1970 - 01:00 J'ajoute qu'il serait même très simple, en cas d'apparition d'un filtrage de protocole efficace, de coder un logiciel P2P utilisant HTTP ou FTP pour les transferts de données. Et là au revoir le filtrage. Mais pour le P2P il faut un grand nombre de ports libres en sortie, à défaut les connexions sont grandement gênées (d'ailleurs je n'ai jamais pu trouver la plage de ports la plus utilisée, du coup j'ai tout laissé en sortie sur mon PC Je ne vois pas l'interet des FAI à bloquer les connections, car sur un ou deux cas ca sert d'exemple, mais sur des milliers ca comence à leur couter cher.
Si on bloque ma conection je bloque le paiement, et je ne vois pas coment on peu me contraindre à payer pour un service que je n'ai pas. En effet c'est la moindre des choses, c'est d'ailleurs la seule solution pour que les clients continuent a payer ...
On pourrait aussi comparer cette situation à une personne condamnée à la prison ferme qui a l'obligation de continuer à payer ses traites bancaires, son loyer, son petit crédit et meme son leasing. Dès lors, il parait logique que ca soit pareil pour la connexion internet, car ce n'est pas à votre FAI qui doit être pénalisé par votre comportement.
Cependant, dans le cas des FAI, c'est un peu particulier, car c'est eux les premiers bénéficiaires du p2p depuis des années, ils ont meme utilisé un double langage au sujet des téléchargements rapides etc.. donc personnellement, je trouverai mal honnête de leur part de continuer à faire payer un internaute pour une connexion qui a été coupée. Je sens qu'on va bien s'amuser devant les tribunaux ces prochaines années en France. On peut même imaginer que les FAI amplifient le mouvement. Avoir des clients obliges de payer sans aucun service en retour, c'est le rêve de tout commercial.
Tu remarqueras que je trouve normal de payer l'amende qui irait aux ayant droits. Si le FAI ne veut pas être pénalisé, il doit refuser de faire office de punition, d'ailleurs je ne comprends toujours pas pourquoi il se prête a ce jeu.
Pour le gars qui va en prison, il peut toujours revendre ses biens pour solder ses comptes. Je n'habite plus ma maison, soit je résilie mon bail, soit je la revends, soit je paie le fait qu'on me la garde de coter. Pour le FAI je paie pour rien, si on supprime aussi le téléphone et la télé. J'étais en train de penser à un truc...
A priori, selon le droit français, la Haute Autorité [j'ai oublié la suite] devrait être obligée de communiquer les infractions constatée (en gros, chaque avertissement envoyé et chaque coupure de connexion) au procureur, qui peut décider d'entamer un procès à l'encontre de l'internaute. Se présentent alors 2 cas : - soit l'internaute est condamné => double peine => c'est illégal si je ne m'abuse - soit l'internaute est acquitté => par extension, cela ne signifierait-il pas que la Haute Autorité [insérer la suite] l'a sanctionné à tort ? Que se passe-t-il dans ce cas ?
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-est-il possible, par un FAI de bloquer efficacement sur un nombre limiter de compte (ceux qui ont été condamner pour piratage) le P2P?
si oui, ne serait-ce pas la bonne réponse que la justice devrait apporter?
Quand bien même ce serait possible, pourquoi bloquer le P2P, qui n'est qu'un protocole neutre ? Il ne faut pas bloquer le P2P, mais uniquement les échanges illégaux qui s'y font. Il faut donc identifier le contenu avant de le bloquer, mais ni l'un ni l'autre ne sont possible rapidement et efficacement.