Le Sunday Times vient d'annoncer le retranchement de Joost au seul territoire américain, prédiction que son PDG Mike Volpi s'est empressé de rejeter. Pourtant, le portail semble bel et bien connaître certaines difficultés, et une concentration pourrait l'aider à remonter la pente.

Quelques ennuis chez Joost ? Selon le Sunday Times, le portail vidéo serait sur le point de se recentrer sur les Etats-Unis. Pour rappel, Joost a été crée par les fondateurs de Kazaa et Skype. Son originalité réside dans le fait que sa diffusion streaming repose sur une architecture en Peer-to-Peer, faisant ainsi de chaque spectateur un récepteur mais aussi un émetteur des flux des chaînes proposées.

Une restriction au seul territoire américain semblerait tout à fait normale, puisque c’est là que ses partenaires (CBS et Viacom) sont localisés. Cela lui faciliterait aussi la négociation avec les différents ayants droit. C’est ce qu’a choisi comme option l’un de ses concurrents Hulu, et cela lui permet désormais de proposer un catalogue beaucoup plus complet que Joost.

Mais s’agit-il d’une simple redéfinition des priorités ou d’une fermeture complète au reste du monde, à l’image de ce qu’a fait Pandora il y a un petit bout de temps ? On peut aussi se demander si cette décision intervient suite à des problèmes avec les ayants droit, ou si il s’agit juste d’une perspective de développement revue à la baisse. D’après le Sunday Time, Joost se serait heurté à des « sociétés sportives » pour diffuser ses programmes pays par pays. Peut être la Ligue de football professionnelle française a-t-elle voulu préserver les droits de diffusion VOD de la Ligue 1, réservée cette année à Orange.

On passe donc de la « révolution télévisuelle » annoncée par Niklas Zennström et Janus Friis à des objectifs plus modestes. Rien d’étonnant, puisqu’on avait déjà eu vent au début de l’année des difficultés que semble connaître le service, même si son PDG Mike Volpi essaie d’étouffer le tout. D’ailleurs, ce dernier s’est empressé de réfuter l’annonce du Sunday Times. « Nous nous concentrons sur les Etats-Unis, l’Europe de l’Ouest, la Chine, et quelques autres marchés asiatiques » a-t-il expliqué à GigaOM. Selon lui, il serait avant tout question de s’étendre de manière « plus mesurée », mais pas de fermer le portail aux pays où il est déjà implanté.

Volpi ne cesse de se battre contre les bruits qui courent. Il rejette la fermeture de la base hollandaise de son portail autant que le licenciement d’une partie de son effectif. Pourtant, Joost semble bien avoir 35 à 40 employés de moins que depuis son lancement. Rappelons aussi que Dirk Willem van Gulik, son chef technique, a été remplacé au début de l’année par un cadre de chez Fancast, preuve que le portail avait besoin d’un remaniement. Alors, qui croire ? Un PDG qui a tout intérêt à ne pas ternir la crédibilité de son entreprise en montrant des signes de faiblesse, ou les bruits relayés par de nombreux journaux ? A défaut de trancher, on peut néanmoins constater que Joost est toujours aussi pauvre en contenu, et que cela ne doit sûrement pas servir sa réputation.

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