Il y a plusieurs réactions possibles pour un réalisateur lorsqu'il voit son film piraté. Le plus souvent, il s'agit d'indignation, de poursuites judiciaires, et d'insultes à l'encontre des internautes qui copient son film. Un réalisateur norvégien, au contraire, estime que la diffusion d'une version piratée de son film est un "énorme compliment".

A 43 ans, Harald Zwart est un réalisateur à succès. Il devra filmer l’an prochain le deuxième volet de la Panthère Rose avec Steve Martin, Jean Reno et Andy Garcia, et sa nouvelle comédie Lange flate ballà
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est en tête du box office norvégien depuis 3 semaines, devant les blockbusters américains. S’il était en France, Zwart aurait certainement protesté de toute sa férocité en découvrant que son dernier film circule depuis la semaine dernière sur les sites de liens Bittorrent norvégiens, dans une version CAM filmée en salle. En quelques heures, des centaines d’internautes du pays ont téléchargé le film sans vergogne. Mais comme nous l’avons déjà vu, la Norvège a un rapport bien différent avec le piratage, au grand dam de la MPAA.

« Je pense qu’il est parfaitement acceptable que quelqu’un choisisse de poster le film en ligne. Ca montre que les gens s’y intéressent« , indique le réalisateur au journal Nettavisen. Il est soutenu par son producteur, Espern Horn.

« Dans la société de l’information d’aujourd’hui, il est naïf de croire que ça ne se produira pas. Nous considérons que c’est un énorme compliment« , poursuit Harald Zwart. « Après tout, ce qui s’est passé c’est que quelqu’un a fait entrer une caméra dans une salle et a alors enregistré tout le film« . La seule chose qui embête le réalisateur de ange flate ballà
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, c’est la qualité médiocre de l’enregistrement. « Le film a été filmé en utilisant une caméra dans un cinéma local quelque part. La qualité est mauvaise, et le film est vraiment mieux dans les salles« , assure Zwart qui sait retourner le piratage à son avantage et prend bien conscience qu’il s’agit plutôt d’une publicité qu’un manque à gagner.

Pour le producteur Espern Horn, la seule manière de lutter efficacement contre le piratage est d’offir aux internautes une alternative viable et au moins équivalente. Il suggère de laisser tomber la chronologie des médias et de proposer le film à la vente sur Internet en bonne qualité dès qu’il sort dans les salles.

« Les gens aujourd’hui ont tout cet équipement disponible chez eux, et c’est simple pour eux de copier des films et de la musique. Il est temps de jouer dans la même équipe que ceux qui rendent disponibles ce genre de contenus. J’espère que ceux qui regardent cette copie penseront que la qualité est mauvaise, et iront plutôt le regarder dans les salles« , commente Horn.

Après tout, en France, Bienvenue chez les Ch’tis a dépassé les 16 millions d’entrées, alors qu’une copie CAM était également disponible sur les newsgroups et sites de liens P2P dès la première semaine.

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