La bataille des standards de la télévision mobile personnelle (TVMP) est terminée en Europe. Huit mois après l’avoir officialisé sa position en faveur du DVB-H, la version mobile de la TNT, la Commission européenne a inscrit lundi ce standard Digital Video Broadcasting Handheld développé par Nokia sur la liste des normes officielles de l’Union Européenne en matière de radiodiffusion.

Concrètement, les vingt-sept pays membres de l’Union sont ainsi contraints à n’encourager que le DVB-H comme norme de diffusion de la télévision mobile, ce qui devrait accélérer son adoption à l’échelle du continent. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et les Pays-Bas s’étaient prononcés contre l’adoption d’une norme unique, mais l’Union Européenne veut accélérer le pas pour ne pas passer à côté des Jeux Olympiques de Pékin et du Championnat d’Europe de football, qui pourraient propulser la demande pour la TV mobile dès cet été si les opérateurs sont prêts. Le marché a un potentiel de 500 millions de clients, et le chiffre d’affaires est attendu autour des 20 milliards de dollars dès 2011.

« Pour que la télévision mobile décolle en Europe, il faut d’abord des certitudes en matière de technologie« , a ainsi rappelé Viviane Reding, la commissaire européenne chargée de la société de l’information, contre l’avis de l’Association GSM, qui représente les opérateurs européens et qui estime qu’il n’est « pas clair que le DVB-H soit nécessairement la meilleure norme« . Le standard DVB-H réalisé en majorité par des Européens s’oppose au DMB, dont les soutiens sont principalement asiatiques et américains : LG, Perstel, JVC, Panasonic, Lenovo, Pantech, Sansui, Mercury, Zen Networks, Cowon, et Hyundai Autonet.

Le DVB-H a déjà été testé dans 16 des 27 pays de l’Union, et fait déjà l’objet d’une commercialisation en Italie. Des lancements sont prévus cette année en Finlande, en Autriche, en France, en Suisse et en Espagne.

Mais le modèle économique de la TV mobile reste encore à définir. En France, 36 chaînes se sont portées candidates, pour treize élues courant avril, mais l’on ne sait toujours pas si les chaînes seront proposées gratuitement ou contre un paiement à l’opérateur. Les chaînes de télévision préfèreraient dans l’ensemble un modèle publicitaire, à l’encontre des opérateurs qui souhaitent trouver dans la TV mobile une nouvelle voie de profit. Autre problème, le dividende numérique.

Est-il légitime, à l’heure d’Internet, de réserver une partie du spectre hertzien à une poignée de chaînes de télévision à l’ancienne plutôt qu’à des protocoles de communication neutres quant au contenu, tels que le TCP/IP qui a fait le succès du web ? Ce problème, visiblement, intéresse moins la Commission que la perspective très hypothétique des 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires de la télévision mobile d’ici 2011…

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés