L'industrie musicale réussit à freiner l'innovation
Guillaume Champeau - publié le Vendredi 07 Mars 2008 à 15h45 - posté dans Musique Numérique
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Est-il encore possible d'innover dans la musique en ligne ? La pression judiciaire exercée par l'industrie du disque sur de nombreux services innovants qui naissent en marge du cadre juridique traditionnel est en train de décourager de nombreux investisseurs de se lancer sur le marché de la musique numérique. Pas sûr que ça soit au bénéfice de l'industrie...

C'est un truisme que de le dire, Internet a révolutionné la façon dont le public accède à la musique et l'écoute. Que les méthodes soient légales ou illégales, l'innovation dans la "consommation" de la musique a été considérable depuis la fin des années 1990. Conspué, le Peer-to-Peer (P2P) boosté par l'arrivée de Napster en 1998 a installé pour l'avenir l'idée que les distributeurs de musique ne seraient plus uniquement les disquaires qui ont pignon sur rue, mais aussi et surtout les consommateurs eux-mêmes. Et pire, qu'ils le feraient sans être payés, et sans payer les labels. C'est évidemment un cauchemar pour les maisons de disques, mais un progrès social sur lequel il sera impossible de revenir en arrière. Toute la musique du monde devient accessible à chacun, de l'endroit et du moment qu'il le souhaite, sans discrimination basée sur le porte-monnaie. La musique ne peut plus être vendue à la pièce comme des poireaux, ni même au kilo comme des patates, et il faut inventer de nouveaux modèles économiques.

Or ce ne sont pas les labels, qui voudraient que rien ne change, qui vont inventer ces modèles de demain qui vont leur permettre de vivre dans un environnement économique à nouveau prospère. Tout comme les radios puis la télévision ont provoqué une nouvelle croissance de l'industrie musicale, c'est la Silicon Valley et plus largement les développeurs de logiciels et de sites web qui ont aujourd'hui les clés de la croissance de l'industrie musicale. Or, à force de porter plainte à l'envi contre une multitude d'initiatives nouvelles qu'elle juge illicites d'après le marbre de la loi, l'industrie musicale est en train de geler toutes les innovations commerciales et de laisser le monopole à quelques projets open-source incontrôlables, ou à des acteurs dont les modèles économiques semblent extrêmement fragiles (SpiralFrog, Deezer, Last.fm...).

On ne compte plus le nombre d'éditeurs de sites ou de logiciels commerciaux qui ont été poursuivis ces dernières années, sans même avoir la possibilité de négocier au préalable un accord viable avec les majors : Napster, Kazaa, Morpheus, iMesh, Bearshare, LimeWire, MP3.com, AnywhereCD, Myspace, MP3Tunes, The Pirate Bay, Deezer, MP3.ua, AllofMP3, Veoh, Stage6, un grand nombre de sites de paroles, You.dj, RadioBlogClub, etc., etc. Même Bertelsmann, pourtant l'un des leurs (c'est la maison mère de BMG), a été poursuivi parce qu'il avait osé parier sur l'avenir en investissant dans Napster.

Tous ou presque ont appliqué un adage bien connu de la Silicon Valley : "mieux vaut demander le pardon que l'autorisation". Mais le pardon, l'industrie du disque ne l'accorde pas, ou rarement. Elle poursuit jusqu'à la mort sans laisser aux entrepreneurs la possibilité de trouver un modèle économique viable. Encore récemment, la Société des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF), qui représente les labels indépendants, a tapé du poing sur la table pour rappelé que les entrepreneurs doivent demander l'autorisation avant de lancer leurs services, ce qui retarde les lancements de nombreux mois, voire de plusieurs années. Sur Internet où tout va très vite, c'est un temps qui ne peut pas être pris.

L'innovation, qui devrait être encouragée, est donc au contraire découragée. Lors d'une conférence sur l'investissement dans les services de musique en ligne organisée par Billboard, les capitaux-risqueurs ont reconnu que les vagues de procès lancées par les majors ont refroidi de très nombreux investisseurs, qui n'acceptent plus de miser sur des entreprises sans la garantie d'une sécurité juridique... très difficile à garantir. Et sans capital, les projets sont mort-nés.

Sur le court terme, l'industrie du disque réussit donc à freiner l'avènement d'innovations qui déstabilisent son modèle économique traditionnel. Elle limite surtout le nombre d'entrants sur le marché et donc la pression de la concurrence. Mais sur le long terme, la stratégie est-elle gagnante ? Si les sociétés commerciales ne peuvent plus innover, les communautés open-source qui risquent peu sur le plan judiciaire prendront à nouveau le relais, comme elles l'ont fait avec eMule ou BitTorrent.

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Justice, Industrie musicale
 
 
8 commentaire(s)
 
Neuro
Le 07 Mars 2008 à 16h22
L' industrie du disque pratique un loobying sur les gouvernements en Europe et aux U.S. et même ailleurs, pour faire passer des lois de types "Olivennes" ou "Dadvsi" contraires aux développement actuelle de l' écoute de la musique par les nouvelles générations en faisant peser des menaces d' emprisonnement sur le simple citoyen possesseur d' un abonnement à Internet.

http://www.odebi.org/new2/?p=472

C 'est très inquiétant tout cela ne vas pas du tout de le bon sens.
y2k7
Le 07 Mars 2008 à 21h50
 


Moi je trouve ca très bien, personne ne parle de prison mais de priver les voleurs de leur internet, c'est tout. on prive bien les chauffards de leur permis de conduire.
Ne vous en faites pas, c'est vos jours à vous qui sont comptés...
djjeffo...
Le 07 Mars 2008 à 22h57
J'ai faillis verser une larme

c'est trop triste....
kraftonZ
Le 07 Mars 2008 à 23h52



"Les parapluies de Cherbourg"

et autre ne pourront pas protéger longtemps l'industrie du disque si le temps se gâte et qu'ils de prennent des météorites nommés Omemo et autre Mute ou freenet sur le coin de la figure ...


au passage:





et puis, on s'en fout, comme le wifi est gratuit au Macdo ....


Neuro
Le 07 Mars 2008 à 23h56

Encore des comparaisons bidons
bourgpat
Le 08 Mars 2008 à 07h51
 


Un la prison n'est pas exclue car elle peu être développée en parallèle à cette fameuse procédure parajudicaire.

De deux tu pourrais très bien faire tourner un script sur des ordinateur créant des requettes d'échanges fictives vers des IP au hasard pour noyer le radar sous des fausses informations et la foutre la merde. Car à partir du moment une personne arriverait à créer des erreurs significatives, la valeur juridique du radar deviendrait négligeable et il faudrait alors retourner à la perquisition chez l'abonné pour vérifier la véracité de l'infraction et c'est impossible pour plusieurs millions de personnes qui s'échangent un peu de musique.
Car ne l'oublie pas, les opérateurs ont signés pour éliminer 5% de gros téléchargeurs pas 30% où plus de leurs clients au moment où il doivent en plus investir dans des infrastructures comme la fibre optique, le wimax ou le satellite en bidirectionnel.
golem
Le 08 Mars 2008 à 18h22


sans oublier les droit de l'homme, sur le droit de communiquer et de s'informer ou bien serai-ce l'ordinateur qui sera puni ?
elarips
Le 21 Mars 2008 à 15h45
le mp3 devrait être gratuit a quand un modele en wav ou aiff ?? en attendant continuons à acheter des vinyles et des cd's (pour la qualité)
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