Entre coups de bluff et coups tordus, tout semble désormais permis pour provoquer ou faire obstacle à l'acquisition de Yahoo par Microsoft. Après un premier rejet par le conseil d'administration de Yahoo qui a jugé l'offre de Microsoft insuffisante, les deux firmes livrent une guerre des nerfs qui pourrait se dénouer ce week-end.

Steve Ballmer l’a fait savoir, il n’a pas perdu espoir dans sa volonté d’aboutir rapidement à un rachat de Yahoo par Microsoft, malgré un premier refus de l’offre d’achat par le conseil d’administration de la firme spécialisée dans les services internet. L’offre diplomatique valorisée à plus de 41 milliards de dollars ayant été rejetée, la partie d’échec semble désormais devenir de plus en plus complexe et surtout hostile. Chacun des protagonistes étudie les stratégies qui permettraient à l’un de racheter Yahoo, à l’autre d’éviter un rachat.

Selon le Times, Microsoft se préparerait ainsi à une opération de type « Cheval de Troie », en nommant des directeurs en vue de les faire siéger au conseil d’administration de Yahoo. Ils auraient alors la possibilité de faciliter de l’intérieur l’acceptation d’une nouvelle offre d’achat. Le tour de passe-passe serait possible grâce aux statuts de Yahoo, qui permettent à tout actionnaire du groupe de nommer des directeurs avant la prochaine assemblée générale, et au plus tard le 14 mars.

Toujours effrayé à l’idée de se retrouver dans le ventre de Microsoft après avoir combattu la firme pendant plus de 10 ans, Yahoo cherche à tout prix les solutions qui lui permettraient d’éviter un scénario quasi incontournable. La direction devrait d’abord essayer de repousser la date du prochain conseil d’administration pour gagner du temps en cas de tentative de putsch avérée. Pour le moment, le conseil d’administration doit avoir lieu entre le 18 mai et le 7 juillet prochains. Par ailleurs, Yahoo continue à étudier des alliances défensives avec d’autres partenaires.

Selon le Wall Street Journal, Yahoo et Time Warner seraient ainsi en discussion pour faire entrer le groupe de médias au capital de Yahoo, avec une participation minoritaire importante, et avec en échange l’apport par Time Warner d’AOL au capital du groupe. Les discussions, qui ont déjà eu lieu par le passé, ont repris vigueur récemment à l’initiative de Yahoo. En parallèle, Yahoo discute toujours avec News Corp un shéma qui verrait le groupe de Rupert Murdoch apporter MySpace au capital de Yahoo en échange d’une participation généreuse.

Aucun de ces deux scénarios ne semble toutefois assez crédible par rapport à l’offre de rachat par Microsoft, d’autant que les petits actionnaires de Yahoo font désormais pression, y compris par la voie judiciaire, pour convaincre le conseil d’administration d’accepter le mariage avec la firme de Redmond. Certains analystes prédisent qu’un accord entre Yahoo et Microsoft pourrait être rendu public lundi, après un week-end de négociation à l’abri de la sanction des salles de marché. S’il veut éviter le putsch du 14 mars, Yahoo a en effet tout intérêt à accepter de négocier avant l’échéance.

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