Steve Jobs avait annoncé en octobre 2007 qu’un kit de développement (SDK) serait lancé en février pour permettre aux développeurs du monde entier de créer des applications dédiées à l’iPhone et à l’iPod touch. Nous sommes dans la dernière semaine de février, et selon plusieurs sources, Apple devrait annoncer aujourd’hui que le SDK ne verra pas le jour dès ce mois-ci comme prévu.

Selon BusinessWeek, le kit de développement devrait à être reporté pour le mois de mars, tandis que The Unofficial Apple Weblog anticipe uniquement la sortie d’une version alpha ou bêta du SDK, pour une version finale qui ne serait révélée que plus tard dans l’année, lors de la conférence mondiale des développeurs (WDC) d’Apple. La firme de Cupertino savait que la tâche n’allait pas être facile. Déjà en octobre, Steve Jobs avait prévenu. « Nous essayons de faire deux choses diamétralement opposées à la fois – fournir une plateforme ouverte et avancée aux développeurs tout en protéger les utilisateurs de l’iPhone des virus, malware ou attaques sur la vie privée », avait lancé le patron d’Apple en expliquant pourquoi le SDK n’était pas lancé plus tôt. La façon dont Apple compte résoudre cette quadrature du cercle reste pour le moment mystérieuse.

L’un des scénarios possible, mais aussi le moins souple, serait pour Apple de vérifier manuellement chacune des applications soumises par les développeurs, pour leur fournir à chacune un certificat d’authenticité. En l’absence de certificat, l’installation de l’application serait interdite. La firme pourrait aussi choisir une méthode intermédiaire, en certifiant les applications payantes pour lesquels les développeurs acceptent de payer une dîme, et en prévenant les utilisateurs du danger d’installer les autres applications non certifiées.

Le risque pour Apple à trop brider son SDK est double. Il risque d’abord de favoriser la concurrence, notamment celle de Google qui arrive à grands pas avec sa plateforme Android, réputée largement ouverte. Il risque par ailleurs de faire perdurer la création d’applications tiers non officielles, qui profitent des techniques de « jailbreaking » de l’iPhone et d’un SDK non officiel pour s’installer sur l’iPhone. Et les développeurs de ces applications là, qui ont déjà beaucoup de succès chez les propriétaires d’iPhone, ne payeront jamais de certificat.

Réponse, peut-être, dans la journée, puisqu’Apple a malgré tout maintenu la conférence de presse qui était prévue.

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