Vivendi Mobile Entertainment vient de dévoiler ce matin son nouveau service Zaoza. Misant sur le partage de fichiers et l'accès illimité aux contenus, il souhaite rapidement s'imposer comme leader sur le marché.

Quel est le point commun entre tous ces numéros surtaxés dont on voit régulièrement la publicité à la télévision et le Peer-to-Peer ? A priori, aucun. Et pourtant, Zaoza, le nouveau service de Vivendi Mobile Entertainment présenté comme le premier « digital life center », essaie de faire la jonction entre les deux.

Depuis quelques temps, la téléphonie mobile nourrit les espoirs de rédemption de l’industrie du disque à l’ère numérique. De nombreux acteurs y voient un moyen de réimposer le contrôle qu’ils ont perdu sur Internet, en proposant par exemple des forfaits illimités liés à un fabricant (Nokia Comes With Music), un opérateur (Illymythics chez SFR), ou pour les opérateurs en décrochant des exclusivités sur la diffusion d’artistes (Verizon avec Timbaland).

Vivendi Mobile Entertainment se situe dans cette lignée. Malgré l’échec de Vizzavi en 2000, la société se lance dans une nouvelle aventure baptisée Zaoza. On ne savait pour l’instant pas grand chose de ce nouveau service, si ce n’est qu’il était depuis novembre dans une phase beta intitulée MagicZaoza et réservée à 100.000 inscrits (nombre qui a été atteint début février). La transition de MagicZaoza vers Zaoza demain fut donc l’occasion pour Vivendi Mobile Entertainment d’en dire un peu plus sur ce service. « C’est une synergie à l’intérieur de Vivendi » indique le PDG de la maison mère Jean-Bernard Levy, tout en expliquant sa volonté de valoriser les différentes expériences internes chez Vivendi au profit d’un service innovant. « Le thème des partages de contenus est en train de s’imposer. »

« Partage de contenus », voilà une notion bien à la mode en cette période qui voit fleurir nombre d’ersatz de licences globales. Et même si l’on parle de partage et d’offre illimitée, ne vous-y trompez pas : Zaoza se place dans la digne lignée de ces avatars qui ne tirent du Peer-to-Peer que son sens éthymologique.

En quoi consiste la plateforme ? D’abord, un abonnement : 3 € par mois, pour un accès illimité au service. Zaoza a tenté de réunir toutes les formes de médias dans un même portail : musique, vidéo, jeux, mais aussi des œuvres issues du travail de plasticiens ou d’écrivains. Au niveau des partenaires, on trouve des noms comme Eidos, Extra Live, Eyesight, IPlay ou – naturellement – Vivendi Games Mobile pour les jeux ; quelques studios de petite envergure pour la vidéo (Aardman Animations, Alphanim, Alchemy, Motors TV, Bac Films, Zactoons, Mill’images, etc.) et pour la musique EMI, Sony BMG, Universal, et Because Music. Warner, la dernière major à ne pas y figurer serait encore en discussion avec Zaoza.

Zaoza ne donne pas accès au catalogue complet de toutes ces majors. En fait, la plateforme n’offre que des exclusivités et avant-premières spécialement conçues pour elle. Ces contenus changent en permanence, et sont toujours remplacés afin d’avoir une base constante d’une centaine de fichiers. Ils sont téléchargeables depuis n’importe quel mobile (excepté l’iPhone) ou PC. Voilà pour ce qui concerne l’aspect « illimité ».

Pour l’aspect « partage », il est vu dans les fonctions communautaires du service. Vous disposez d’un avatar, pouvez ajouter d’autres utilisateurs en amis (identifiés grâce à leur numéro de mobile) et leur envoyer n’importe quel contenu (une photo prise de votre mobile ou un morceau téléchargé sur Zaoza) dans la limite de cinq envois par fichier. Cette limite est vue comme un moyen de faire en sorte « que les gens s’impliquent pour que ça ait de la valeur » explique Cédric Ponsot, directeur général de Vivendi Mobile Entertainement qui n’hésite pas à comparer ce modèle avec le Peer-to-Peer ou le média radio. Les contenus proposés sur Zaoza peuvent être téléchargés librement mais leur aspect éphémère leur confère cette rareté, qui devrait pousser les abonnés à se les échanger entre eux.

Vous l’aurez compris, on est loin d’une plateforme de téléchargement illimité par abonnement comme on a pu en voir jusque là. Ici, il s’agit plus d’un portail payant donnant accès à des titres promotionnels moyennant la somme de 3 €. Pas très alléchant comme perspective, et aucune chance de constituer un modèle économique suffisamment convaincant pour attirer les foules des réseaux de Peer-to-Peer. Pourtant, Vivendi Mobile Entertainment y croit dur comme fer et vise le demi million d’abonnés pour fin 2008. C’est optimiste, pour une plateforme de cadeaux Bonux.

Le bon point en revanche, c’est que Zaoza a fait en sorte que sa plateforme « soit capable d’intégrer 100 % de l’univers Internet et ses différents systèmes d’exploitation mais également 100 % de l’univers mobile (et ce de manière synchrone avec le PC), avec ses quelques milliers de versions de téléphones et ses quelques 800 formats différents, tailles d’écrans, typologies de réseaux et systèmes DRM réputés incompatibles. »

L’ouverture demain sera réservée aux 100.000 membres VIP inscrits depuis MagicZaoza, une sorte de seconde beta en somme. Celle au grand public sera effective la première quinzaine de mars.

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