Il y a encore deux ans de cela, les habitants du pays du soleil levant boudaient Internet, faute de tarifs compétitifs. Depuis, le plus puissant des quatre Dragons asiatiques sort de sa léthargie, en proposant des accès à 8 Mbps, et bientôt 100 Mbps. De quoi nous faire rêver, nous autres occidentaux...

Le Japon partait pourtant avec un train de retard. NTT, l’opérateur historique, avait misé sur la technologie ISDN (Integrated Service Digital Network – Réseau Numérique à Intégration de Services), dont les débits dépassent difficilement 128 Kbps. L’ADSL restait une technologie marginale et onéreuse.

En septembre 2001 arrive Yahoo BroadBand, opérateur financé par Yahoo et Softbank. Un électrochoc pour l’archipel : ce nouvel acteur proposait un accès ADSL à 17,55 â
€. En deux mois, les prix des offres ADSL ont littéralement chûté, passant de 40 â
€ à 23 â
€. Ils étaient seulement 16194 en 2001, mais le Japon compte désormais plus de 6,5 millions d’abonnés au haut-débit.

Les opérateurs misent non seulement sur les tarifs, toujours plus compétitifs, mais aussi sur les débits : Yahoo BB lançait ainsi une offre à 8 Mbps, et plus récemment a vu le jour un accès à 12 Mbps. Derrière cette course aux débits se cache le plan gouvernemental « e-japan », qui vise à faire du pays du Soleil Levant le flambeau des NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication).

Enfin en septembre 2002 a été lancée la technologie FTTH (Fiber To The Home, fibre optique à domicile), proposant aux abonnés d’être raccordés au réseau des réseaux à la vitesse de 100 Mbps ! Le déployement de cette offre reste pour l’instant confiné aux grandes agglomérations, mais déjà les opérateurs planchent sur les contenus qu’ils proposeront. Sont notamment prévues la diffusion de contenus multimédias en direct, via des accords avec les majors occidentales, mais aussi la téléphonie par Internet.

On ne peut que regretter que la notion de haut-débit soit si subjective selon les pays. Néanmoins, le Japon prouve une fois de plus qu’il existe des alternatives valables aux opérateurs historiques, quand la France s’avance tout juste sur le dégroupage des équipement réseaux de France Télécom. A quand donc l’Hexagone à la vitesse des réseaux locaux ? Peut-on espérer qu’un opérateur importe la technologie japonaise, à l’image de Bouygues Telecom et de l’i-mode ?

La réponse devra sûrement attendre quelques années…

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