L'affaire Napster n'est pas finie. Universal Music Group et EMI Recorded Music viennent d'engager des poursuites contre Hummer Winblad, John Hummer et Hank Barry, ancien PDG de Napster. La plainte de 23 pages accuse notamment le réseau, tel qu'il a été conçu et implémenté, d'avoir " procuré un havre de protection pour la piraterie rampante d'âoeuvres soumises à droit d'auteur, à une échelle jamais atteinte jusqu'alors ", et vise personnellement H.Winblad pour l'avoir fait à son seul bénéfice financier.

En mai 2000, Hummer Winblad a investi environ 13 millions de dollars dans Napster pour en prendre le contrôle aux côtés de Barry, PDG intérimaire. Deux ans plus tard l’industrie du disque, majors en tête, a réussi à faire fermer Napster. Mais ils tentent aujourd’hui d’obtenir des dommages et intérêts des financiers de Napster, ce qui laisse présager d’autres poursuites visant les fonds des entreprises investissant dans des services P2P.

Une déclaration conjointe des deux compagnies de disque explique que  » ceux qui tirent profit d’infractions massives sur la legislation des droits d’auteur devraient assumer les conséquences légales de leurs actes « .

Cette poursuite est le dernier tir de barrage contre les financiers de réseaux de partage illégal de fichiers. En février de cette année un groupe de majors a déposé plainte contre Bertelsmann auprès du tribunal fédéral de New York pour un montant de 17 milliards de dollars. Les éditeurs prétendent que l’investissement de l’entreprise de communication allemande dans Napster a mené à des abus massifs de leurs œuvres protégées.

Plus qu’un réseau P2P, Napster restera un symbole…

En octobre 2000, Bertelsmann avait stupéfié le monde du show-business en annonçant qu’il voulait investir dans Napster, bien que BMG Entertainment, un label appartenant à la société allemande, faisait partie des plaignants. Alors que Napster croûlait sous les plaintes, Bertelsmann a osé proposer de le racheter, mais cette offre n’a pas fait long feu et c’est finalement l’éditeur de logiciels de gravure Roxio qui possède aujourd’hui le célèbre et agonisant chat électronique.

Au moment de sa fermeture, le premier des logiciels de P2P à succès avait déjà permis plusieurs milliards d’actes de violations de droits d’auteur, motivant d’autant la demande de dommages et intérêts formulée par différents labels de l’industrie musicale. Celle-ci n’a depuis de cesse de combattre le P2P, et KaZaA pourrait bien être la prochaine cible de leurs procès après les défunts Napster et Aimster.

Les compagnies de disques et les éditeurs ont il est vrai de quoi s’inquiéter. Selon une étude récente, la vente mondiale de CD a baissé pour la troisième année de suite avec, rien que pour l’année dernière, une chute de 7 %. Mais rien ne permet d’imputer cette baisse à l’essor du P2P et rappelons qu’en France, les ventes de disques ont bénéficé l’année dernière d’une augmentation de 4 %. L’exception culturelle, sans doute…

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