Musique en ligne : la SPPF gonfle le torse contre les Deezer et autres webradios
Guillaume Champeau - publié le Mercredi 19 Décembre 2007 à 18h47 - posté dans Musique Numérique
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La Société des Producteurs de Phonogrammes en France (SPPF) ne veut plus subir le rythme imposé par les entrepreneurs. Elle a tapé du poing la table lundi, en menaçant publiquement l'ensemble des opérateurs qui exploiteraient le catalogue des labels indépendants sans avoir obtenu d'autorisation préalable. Beaucoup de sites qui suivent le modèle de Deezer ou de Radioblog se montent en effet sans avoir négocié le moindre accord avec les ayants droit, avec au mieux l'intention de négocier les droits plus tard, s'ils deviennent suffisamment gros pour arriver "dans le radar" des maisons de disques et soulever suffisamment de revenus.

Mais lundi, la SPPF a publié une mise en garde générale contre "les trop nombreux services de musique en ligne qui bafouent quotidiennement les droits des producteurs de phonogrammes ou de vidéomusiques". "C’est le cas pour de nombreux services de webcasting, de services basés sur le stream à la demande ou encore pour les sites communautaires. Sans parler des sites français qui délocalisent leurs activités à l’étranger pour éluder toute négociation avec les détenteurs de contenus", explique la société de gestion collective présidée par Jérôme Roger.

Elle rappelle qu'elle "a la capacité d'agir dans l'intérêt de ses membres pour faire respecter leurs droits les plus élementaires", et souligne à nouveau qu'elle a porté contre contre X à raison de la mise à disposition illicite de phonogrammes par Radioblog, ce que le site conteste.

Vers la tolérance zéro, c'est-à-dire l'intolérance

"Si certaines situations ont pu être tolérées dans un passé proche, elles ne le seront plus à l’avenir. Dorénavant, la SPPF aura une attitude très ferme à l’égard des sites ou des opérateurs utilisant des phonogrammes ou des vidéomusiques en infraction avec les droits de producteurs de musique et elle agira promptement à leur encontre dès lors qu’elle aura constaté des actes de contrefaçon", prévient la SPPF. Elle précise qu'il s'agit aussi d'une attitude qu'elle se doit d'adopter par respect des partenaires qui payent effectivement leurs licences à la SPPF, et qui n'apprécient pas de voir se créer des concurrents dans l'illégalité.

Reste que si le message est compréhensible et légitime sur le fond, il hypothèque encore davantage les chances de voir arriver en France des services véritablement innovants qui créent de la valeur ajoutée pour la musique. Beaucoup de créateurs de services n'ont pas les moyens de payer des licences aux différents producteurs, et cherchent avant tout à valider un modèle technique avant de chercher un modèle économique. Exiger de ces créateurs de services qu'ils payent dès le premier jour est légalement juste, mais économiquement dangereux.

L'intolérance de la SPPF tuera dans l'oeuf de nombreux projets qui, soit ne verront jamais le jour par prudence des entrepreneurs, soit seront pensés très exactement dans le but de contourner les règles de la SPPF et de n'avoir aucun compte à rendre. C'est avec le même genre d'intolérance envers les éditeurs de logiciels de P2P commerciaux que les maisons de disques ont précipité l'avènement de logiciels de P2P open-source avec lesquels il est impossible de négocier.

Il n'est pas du tout sûr qu'en bout de course, cette attitude d'intolérance soit plus efficace économiquement que le laissez-faire. Mais la SPPF a-t-elle véritablement le choix ? Où qu'elle regarde, l'industrie du disque aperçoit toujours un précipice vers lequel elle se dirige inoxérablement.

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SPPF, Industrie musicale
 
 
17 commentaire(s)
 
shamankick
Le 19 Décembre 2007 à 22h07


humm c'est jouissif de les voir glisser au fond, loin tres loin...encore plus loin
djjeffo...
Le 20 Décembre 2007 à 00h45
Ils ont pas encore compris que tout le monde se cogne de leur avis et de leurs humeurs d'enfants gatés caractériels à qui on a enlevé leurs jouets ?

ils vont devoir se mettre au travail pour gagner leur vie.....comme tout le monde.

ils ont qu'à travailler plus si ils veulent gagner plus au lieu de faire travailler les autres et de les saigner comme de sangsues
AvidaDo...
Le 20 Décembre 2007 à 03h21


C'est marrant, mais dit comme ça, ça pourrait très bien s'appliquer aussi a RadioBlog et autres services cités....
AvidaDo...
Le 20 Décembre 2007 à 03h38


Oui, c'est la vie. C'est le cas pour à peu près tout les projets, commerces, et autres activités commerciales . Je ne vois pas pourquoi les musiciens devraient être les seuls personnes au monde qui devraient sacrifier leur rémunération pour qu'une éventuelle boite puisse se monter. On ne demanderait ça dans aucun autre secteur d'activité.
superadmin
Le 20 Décembre 2007 à 08h21


tient ?
tu croit plus a la puissance du gratuit gracieusement offert, tout d'un coup ?
et les artistes qui gagnent leur vie en vendant des CD, t'en pense quoi ?
des salauds a la solde des majors et des syndicats de gestion ?
sauf sael, bien sur ... :-)
++
djjeffo...
Le 20 Décembre 2007 à 12h33


aussi oui

mais ils ont l'excuse d'être plus jeunes sur le marché de la sangsue....

djjeffo...
Le 20 Décembre 2007 à 12h34


J'en pense rien, ça existe plus vu que le CD est mort....sauf peut être encore Johnny mais je peux pas me le voir

il y a une chose par contre dont je suis certain, c'est que la SPPF sont des enfoirés
djjeffo...
Le 20 Décembre 2007 à 12h37


J'ai faillis verser une larme........
AvidaDo...
Le 20 Décembre 2007 à 13h47


Oui, car tu est un être sensible au fond ..
Natasha
Le 20 Décembre 2007 à 13h59

Que les musiciens demandent une plus important rémunérations aux dites sociétés d'Editions Musicales.


Ce sont les droits voisins que la SPPF cherche à protéger, et non le Droit d'Auteur !

C'est marrant, mais tu sembles l'oublier !


Alors arrêtons cet amalgame permanent entre, le Droit d'Auteur, et les Droits Voisins, merci.


shamankick
Le 20 Décembre 2007 à 16h09


hahaha des "artistes gagnants leur vie en vendant des CD" hehehe
t'as vu ca ou toi ?

les artistes gagnent leur vie avec des concerts / du live act

J'ai vendu du cd (filière zic électronique, la plus jeune, la plus serrée)
je sais combien touche un artiste sur un cd ~ 250 / 300 euro, je sais aussi combien il touche
pour un live ou même un Dj mix. 600 / 1000 euro + logis + fly ticket + les girls ;-)
et le plaisir n'est pas le meme.

Je reconnais que l'argument du travailler + pour gagner plus, pue aussi pas mal.
mais quand tu sais que 60 ou 70% des artistes "Sacem" ne toucherons jamais rien...
je rigole

Les artistes feraient bien de se syndiquer, et de l'ouvrir un peu plus,(comme les scenaristes par exemple)
je sais bien que composer et revendiquer en meme temps c'est dur,
mais c dur pour tout le monde,et ils doivent apprendre a se battre pour defendre
leur bifteck, comme toutes les autres catégories socio-professionnelles.
Si ils veulent gagner +, va falloir qu'ils s'investissent plus.
La Sacem ne sera jamais leur maman, (trop vampire).
Noxos
Le 21 Décembre 2007 à 09h09
C'est bien beau tout ça, mais il reste une question qu'on ne se pause pas !

Es-ce-qu'il reste encore des vrais artiste (Digne de ce nom) en FRANCE ?

superadmin
Le 21 Décembre 2007 à 09h45


bin, c'est quoi un artiste digne de ce nom ?

selon moi, tout depend de l'oeuvre et de la perception qu'en n'a le public.
mais comme le public est multiple, c'est pas facile de decreter que tel ou tel artiste est digne de ce nom et pas un autre ...

ici, on melange surtout les problemes economique et politique avec la creation artistique.
et meme si ils sont liés, ce n'est pas du tout la meme chose.

dans ces debat sur l'economie de l'industrie audiovisuelle, il me semble qu'on devrait mettre de coté les aspects 'talent' et 'succes'.

et personne n'a dit que faire l'artiste etait facile ...
toute personne qui s'engage dans une carriere artistique et qui ne le fait pas a 200% à peu de chance d'arriver a quelque chose de tres positif. c'est un metier dur, qui laisse de coté 90% des gens qui pretendent y participer. mais c'est de la selection naturelle, rien de plus.

et sinon, faut passer un concour et rentrer dans la fonction publique.
ou alors, devenir artiste d'etat en corée.

++
shamankick
Le 21 Décembre 2007 à 13h28


?? ah bon, a part s'en remettre encore a ceux qui les dépouillent
depuis si longtemps, je ne vois que peu d'initiatives de leur part. Ceci dit c'est leurs affaires..tant pis pour eux.
Marre d'entendre parler des artistes comme de pauvres victimes.
A chaud comme ça, quand je vois les scénaristes aux US, ils semblent plus combatifs
et constructifs.
L'artiste dans la majorité des cas, il signe chez Sacem pour "proteger sa musique" (deja il se plante, y'a méprise sur la fonction de la sacem)
et puis si tout va bien chez majors because : cheque d'avance, promotion comprise.

Qlq années plus tard, ou il tourne beaucoup mais il pleure car il se fait vampiriser,
ou il se fait jeter comme un kleenex.
En gros, je m'en remet aux autres et je retourne a mes claviers.

Faut pas s'étonner du résultat.

++
djjeffo...
Le 21 Décembre 2007 à 22h07


Oui mais tu les entendra pas si tu ne vas pas les chercher , ça peut te prendre quelques dizaines de millier d'heures de recherches au plus.....

Sur les médias de masse tu n'en croisera qu'occasionellement......par hasard d'une soirée télé nocturne la zapette à la main
superadmin
Le 21 Décembre 2007 à 22h38

s'il veut, l'artiste peut produire son disque, et faire un produit finis.
ensuite, il negocie une licence avec une major. et la, s'il vend, il palpe plus que si c'est la major qui produit. apres, je vois pas ou la sacem intervient la dedans, mis a part pour reverser les droits, ce n'est pas la sacem qui choisis les artistes que les majors signent ou pas, ou ceux qui passent en tv ou pas. enfin, il me semble pas.


Hybrid ...
Le 22 Décembre 2007 à 00h13

Je te propose Gojira, Lonah, David TMX, Degadezoo même si je crois qu'ils n'existent plus trop, Kaiser IK, Shex, Madame Olga, et un tas d'autres, après à toi de voir qui tu juge digne de ce nom ...
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