Analyse politique de l'accord Olivennes dans Le Monde Diplomatique
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 12 Décembre 2007 à 12h40 -
posté dans Société 2.0
Nous avons déjà couvert en longueurs l'accord signé suite à la mission confiée au patron de la FNAC Denis Olivennes (voir notamment notre décryptage point par point). Que ce soit sous un angle technique, juridique ou économique, l'accord est rempli de contradictions, de visions erronées et de mauvaises solutions apportées à des problèmes mal analysés - on n'en sera pas surpris en voyant l'analyse chiffrée du rapport Olivennes qui démontre le peu de cas fait au diagnostic avant la posologie. Mais si l'accord et le rapport Olivennes passent totalement à côté du "problème" de la mise en réseau des oeuvres, c'est parce que le rapport n'a en vérité aucune ambitition technique, juridique ou économique. Il ne cherche pas à apporter une réponse efficace au piratage. L'accord est avant tout politique et cherche à imposer sous le prétexte de la lutte contre le piratage une certaine vision de la culture, et surtout de sa marchandisation. Nous détaillons ce point de vue dans une tribune publiée par Le Monde Diplomatique, que nous encourageons à lire. Il est temps que le débat sur le piratage et la licence globale cessent d'être rapportés à des simples arguments techniques ou économiques, mais qu'il prenne son véritable visage, politique. La licence globale n'est pas un choix économique, c'est un choix politique de vision de la société, d'une certaine idée du vivre-ensemble. Tant que le débat ne sera pas placé à ce niveau-là, il sera faussé. Prix indiqués avec livraison
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Commentaires à propos de «Analyse politique de l'accord Olivennes dans Le Monde Diplomatique»
félicitations pour votre visibilité, j'espère que ça pourra faire avancer les choses...
A toutes fins utiles, nous nous sommes (Binary Mind) exprimés là dessus : http://test.binarymi...o...=49&lang=fr J'ai une solution pour la mise en réseau des oeuvres, dans une approche "post-DRM"
On en a déjà parlé; Néo-DRM si tu veux, mais pas Post-DRM, le système PumIT propose un nouveau type de DRM. Même si d'un point de vue marketing, il ne faut surtout pas le dire, d'un point de vue technique, c'est exactement ça...
Extrait : "C'est la victoire d'une vision consumériste de la culture, contrôlée par un petit nombre de producteurs en lien avec un petit nombre de diffuseurs.”
Non c'est un échec, pas une victoire... Il suffit de constater la baisse du secteur. Comparer aux milliards de fichiers échangés, c'est sans appel... Par contre, oui le débat est faussé. Mais la licence Globale, ou la Redevance globale est et sera aussi faussée ! La répartition ne sera jamais équitable et les artistes seront toujours les premières victimes. C''est mal connaître nos responsables de croire qu'une telle manne ne sera pas détournée ! Alors, continuons à éviter une profonde remise en question , c'est le meilleur moyen de perdre du temps pour nous débarrasser des Sacems, Majors et autres consorts devenus obsolètes, parasites et inutiles. Ils sont faits et refaits. Du trône ils ne leur restent plus que le chiotte, et avec le tapis rouge de Cannes, ils n'ont plus qu'à descendre les marches... Aprés tout ils ont refusé le débat en temps et en heure. Cela en est donc fini. Il n'y a pas de marche arrière ou de machine à remonter le temps sauf dans les films... Donc Dadvsi mort naît, Olliviennes à la poubelle, il faut donc un nouveau nouveau nouveau rapport... L'année prochaine, à la saint-glinglin... Si la culture devient marchande, il faudra bientôt payer lorsqu'on passera devant une sculpture dans un jardin public ou tourner la tête.
Bon, je veux bien accepter de tourner le tête mais ce qui me gène le plus c'est qu'il y a aussi des oeuvres d'art sur les autoroutes et là, tourner la tête c'est encore plus dangereux que de risquer la coupure adsl par les Fai en cas de téléchargement. Bravo pour cette analyse, elle déconstruit efficacement l'accord en mettant en lumière les motivations réelles qui l'ont fait émerger.
Encore une bonne occasion d'acheter le monde diplomatique :) Toutefois, je rebondirais bien sur deux éléments : tout d'abord le cas du cinéma puisqu'il semble bien présent dans l'accord : vous semblez discret sur ce point, est-ce parce que cette facette de la culture est différente, ou parce qu'il est trop tôt pour pouvoir parler de licence globale pour ces contenus ? L'autre élément est justement cette licence globale. Elle est très controversée et à la lecture de votre article je peine à trouver des justifications économiques à celle-ci. J'entends par là que je me demande si des économistes ont proposé des études abouties en faveur de ce modèle. Pouvez-vous m'éclairer ? Merci ! MrHobjo, le 01/01/1970 - 01:00 Toutefois, je rebondirais bien sur deux éléments : tout d'abord le cas du cinéma puisqu'il semble bien présent dans l'accord : vous semblez discret sur ce point, est-ce parce que cette facette de la culture est différente, ou parce qu'il est trop tôt pour pouvoir parler de licence globale pour ces contenus ? L'autre élément est justement cette licence globale. Elle est très controversée et à la lecture de votre article je peine à trouver des justifications économiques à celle-ci. J'entends par là que je me demande si des économistes ont proposé des études abouties en faveur de ce modèle. Pouvez-vous m'éclairer ?Bonjour, Merci pour les compliments Concernant le cinéma, la situation est très complexe. Dans l'esprit rien n'empêche de proposer une licence globale pour le cinéma, mais en pratique il y a une telle fragmentation des modèles économiques que c'est beaucoup plus difficile à mettre en place que pour la musique qui se rémunère essentiellement sur la vente de musique enregistrée et les droits d'auteur. Sur la faisabilité économique de la licence globale, étrangement ce sont surtout des juristes qui l'ont démontré, mais il y a quelques études économiques, notamment par la Spedidam. Je n'ai pas les références exactes, et j'appelle de mes voeux une étude sérieuse sur le sujet. L'opposition de principe est telle qu'aucune étude sérieuse n'a jamais été commandée par le gouvernement. Kad, le 01/01/1970 - 01:00 Sur la faisabilité économique de la licence globale, étrangement ce sont surtout des juristes qui l'ont démontré, mais il y a quelques études économiques, notamment par la Spedidam. Je n'ai pas les références exactes, et j'appelle de mes voeux une étude sérieuse sur le sujet. L'opposition de principe est telle qu'aucune étude sérieuse n'a jamais été commandée par le gouvernement.Mais surtout, on n'a vu aucune proposition technique et administrative de la licence globale qui tienne la route ! Le problème de la L.G c'est que sur le papier c'est fantastique, mais dès qu'on commence à rentrer dans les détails ça devient un cauchemar... Il n'y a qu'a relire les tonnes de débats qu'il y a eu ici-même entre autres pour voir à quel point c'est archi complexe, et que même les fervents défenseurs de la chose n'arrivent pas à se mettre d'accord, notamment sur le plan technique. Quant au cinéma, il y a aussi le fait qu'un film coûte massivement plus cher à produire qu'un disque, et peut-être que les revenus de la L.G (telle que proposée) ne suffiront pas à rentabiliser les coûts. Philgri, le 01/01/1970 - 01:00 Extrait : "C'est la victoire d'une vision consumériste de la culture, contrôlée par un petit nombre de producteurs en lien avec un petit nombre de diffuseurs.” Non c'est un échec, pas une victoire... Il suffit de constater la baisse du secteur. Comparer aux milliards de fichiers échangés, c'est sans appel... Par contre, oui le débat est faussé. Mais la licence Globale, ou la Redevance globale est et sera aussi faussée ! La répartition ne sera jamais équitable et les artistes seront toujours les premières victimes. C''est mal connaître nos responsables de croire qu'une telle manne ne sera pas détournée ! Alors, continuons à éviter une profonde remise en question , c'est le meilleur moyen de perdre du temps pour nous débarrasser des Sacems, Majors et autres consorts devenus obsolètes, parasites et inutiles. Ils sont faits et refaits. Du trône ils ne leur restent plus que le chiotte, et avec le tapis rouge de Cannes, ils n'ont plus qu'à descendre les marches... Aprés tout ils ont refusé le débat en temps et en heure. Cela en est donc fini. Il n'y a pas de marche arrière ou de machine à remonter le temps sauf dans les films... Donc Dadvsi mort naît, Olliviennes à la poubelle, il faut donc un nouveau nouveau nouveau rapport... L'année prochaine, à la saint-glinglin... Pas mieux Entièrement d'accord avec cette analyse, le rapport Olivennes n'exprime pas un point de vue technique ou économique comme on cherche à nous le faire avaler, mais bel et bien un point de vue politique, qui doit être discuté comme tel
Merci pour cet article Philgri, le 01/01/1970 - 01:00 Alors, continuons à éviter une profonde remise en question , c'est le meilleur moyen de perdre du temps pour nous débarrasser des Sacems, Majors et autres consorts devenus obsolètes, parasites et inutiles. ... Donc Dadvsi mort naît, Olliviennes à la poubelle, il faut donc un nouveau nouveau nouveau rapport... L'année prochaine, à la saint-glinglin... Mais la remise en question est déja faite ! le "nouveau nouveau rapport" est déja là en train de s'installer sous nos yeux, il n'a juste pas encore atteint le point critique pour être constaté par tout le monde... Pendant des années, les "parasites" ont existé parce que les artistes n'avaient pas d'autre choix que de passer par eux pour se faire distribuer et diffuser. Les artistes étaient leurs esclaves car ils n'avaient pas vraiment le choix. AUJOURDHUI, VOULOIR CONTINUER A ETRE UN ESCLAVE EST UN CHOIX, PAS UNE OBLIGATION. N'importe quel musicien peut désormais vendre sa musique directement en téléchargement sur son site, et au prix qu'il aura décidé, sans devoir subir un quelconque intermédiaire. On y est déja dans ce nouveau monde, c'est juste que la masse ne s'en rend pas encore compte....les grands changements s'opère parfois sous nos yeux , mais nous ne le remarquons pas tout de suite.. Il y a tout de même des petites choses qui ont évolué depuis le débat Dadvsi !
Nous ne parlons plus simplement de musique, mais aussi littérature, cinéma, jeux vidéo et même indirectement logiciels... Ce dernier point est le plus crucial de tous!!! Comme si enfin la notion multimédia commençait à être acceptée. Bon je ne parle pas pour les internautes de la première heure ou des blogueurs de Ratiatum, mais qu'est-ce que je me sentais seul il n'y a tout juste 2-3 ans... Cela explique certainement les pressions grandissantes et les différentes mesures qui apparaissent aussi vites qu'elles disparaissent... Comme je le signalais déjà à l'époque, nous sommes rentrés dans une ère d'inextricables procès qui ne résout en rien la progression du réseau ainsi que les pratiques qu'il nous offre. C'est même le contraire...cela nous précipite et il devient de plus en plus difficile de faire la part des choses. Points positifs, nous avançons ! Mais j'ai bien peur que la LG soit une fausse solution. Ingérable, incontrôlable, sans compter que le réseau a une donné Internationnal qui complique encore un peu plus la situation. La répartition est mal abordée, et nous nous retrouvons déjà avec une Sacem juge et partis qui exerce le rôle de fliquage du réseau! Stop! Impasse! Danger! Mal donne! Multiples embrouilles assurées ! Il nous faut sortir impérativement des griffes étatiques ou économiques. Nous n'avons pas le choix, c'est le prix d'un contre-pouvoir démocratique indispensable à notre survie! Pensez-y maintenant! Prenez de l'avance, car l'horizon s'assombrit d'heure en heure... Ce n'est pas un problème de couleurs politiques, c'est un bon sens dont vous n'avez pas droit de perdre de vu... Nous sommes le contre-pouvoir! La communication est la première des forces de destruction massive... Regarder les dégâts et l'impacte de la TV! Regardez ce qu'elle est devenue ! Le réseau prend le même chemin... doucement, insidieusement, mais sûrement. C'est maintenant qu'il faut agir. Nous avons de l'avance, ne la perdons pas... Rien d'alarmiste ou de parano, mais lucidité et clairvoyance nous sont demandés si nous souhaitons sortir de cette impasse... AvidaDollars, le 01/01/1970 - 01:00
Oui AvidaDollard, Mais les vrais Artistes sont déjà sur le réseau depuis un moment.... Ils l'enrichissent chaque seconde, ils écrivent du code et font la nique aux Majors depuis toujours... Est-ce que Bruel ou Johnny se reconnaissent? Casser le web? allumer l'ordi? AvidaDollars, le 01/01/1970 - 01:00
Oui AvidaDollard, Mais les vrais Artistes sont déjà sur le réseau depuis un moment.... Ils l'enrichissent chaque seconde, ils écrivent du code et font la nique aux Majors depuis toujours... Est-ce que Bruel ou Johnny se reconnaissent? Casser le web? allumer l'ordi? MrHobjo, le 01/01/1970 - 01:00 Bravo pour cette analyse, elle déconstruit efficacement l'accord en mettant en lumière les motivations réelles qui l'ont fait émerger. Encore une bonne occasion d'acheter le monde diplomatique Toutefois, je rebondirais bien sur deux éléments : tout d'abord le cas du cinéma puisqu'il semble bien présent dans l'accord : vous semblez discret sur ce point, est-ce parce que cette facette de la culture est différente, ou parce qu'il est trop tôt pour pouvoir parler de licence globale pour ces contenus ? L'autre élément est justement cette licence globale. Elle est très controversée et à la lecture de votre article je peine à trouver des justifications économiques à celle-ci. J'entends par là que je me demande si des économistes ont proposé des études abouties en faveur de ce modèle. Pouvez-vous m'éclairer ? Merci ! Ouais... A partir du moment où l'on s'oriente vers un flicage une surveillance de l'internet, et de la généralisation de fichiers marqués taggés ; je ne vois plus trop bien ce qui n'opposerai à la mise en place d'une licence globale qui pourrait rétribuer chacun des ayants-droit en fonction des téléchargements qui lui porteraient "préjudice sur internet", ce serait aussi facile à mettre en place que ces "fameux" radars de l'internet ! Mais il est vrai que ce type de rétribution, pourrait porter atteinte à la rente de situation dont bénéficie certains "dinosaures", qui peuplent et que soutient la SACEM alors qu'ils vivent encore d'une rente de situation sur les œuvres qu'ils ont composées avant les années 1960 ou 1970 (J'ai exprès limité), mais qui ne font plus l'objet d'aucun téléchargement sur internet. Il serait, sans doute, temps de baisser l'age de départ obligatoire à la retraite des administrateurs de la SACEM, afin qu'il regardent en face la réalité des téléchargements sur internet... |
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Ou peut-être y a-t-il une différence entre marchandage et marchandisation que je ne connais pas...
Sinon, c'est tout à fait exact.
Le modèle qu'il tente d'imposer est celui de la culture "au détail", c'est à dire payer chaque écoute, chaque visionage, chaque utilisation de la culture.
Un modèle voué à l'échec qui n'est que le reflet du peu d'intelligence, de sensibilité, de respect envers nous, et d'intérêt à la culture que les "élites" de ce système portent.