Christophe Laporte notait avec justesse il y a quelques jours dans un édito chez nos confrères de iGeneration les grandes difficultés que doit affronter l’Apple TV à l’approche de Noël. Sans doute déjà consciente qu’elle aurait du mal à imposer son media center sur un marché déjà rempli par les consoles de jeux vidéo et les box ADSL, Apple avait tenté de faire monter l’attente l’an dernier en dévoilant l’appareil plusieurs mois avant sa sortie, ce qu’elle ne fait jamais. Depuis, alors que la firme de Cupertino pensait en faire l’iPod du salon, l’Apple TV ressemble de plus en plus à un flop. En cause : la grande pauvreté de l’offre de contenus vidéos sur iTunes.

NBC Universal a mis à exécution cette semaine son retrait d’iTunes, ce qui a été un coup de poignard pour la firme de Steve Jobs. NBC était avec Disney (dont Jobs est actionnaire) le principal partenaire vidéo d’Apple. Les autres refusent de signer, essentiellement par crainte de représailles de la part des gros revendeurs traditionnels comme Amazon ou Wal-Mart. Ce dernier, qui est le plus gros vendeur de DVD aux Etats-Unis, menace les studios de retirer leurs DVD des rayons de ses grandes surfaces s’ils rendent leurs films disponibles pour beaucoup moins chers sur Internet. Apple, qui proposait des films à 9,99 $, n’arrive donc pas à convaincre les grands studios de lui faire confiance.

Pour avoir une chance d’étendre son offre de films, Apple aurait donc pris une décision importante. Selon l’analyste Richard Greenfield de Pali Research, la firme aurait accepté de payer 15 $ le prix de gros des films dématérialisés… soit seulement 3 $ de moins que le prix moyen des DVD au détail ! Avec de telles conditions financières, Apple n’aura aucune chance de concurrencer Wal-Mart, qui devrait donc fermer les yeux. Il n’aura surtout aucune chance de convaincre les internautes, ce qui devrait définitivement condamner l’Apple TV.

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