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Petit mensonge de Denis Olivennes...

Guillaume Champeau - publié le Lundi 26 Novembre 2007 à 16h29 - posté dans Peer-to-Peer

Le patron de la Fnac et nouveau meilleur ami des industries culturelles était l'invité ce lundi d'un chat avec les internaute sur le site du Monde. Certainement à cause de l'affluence (quoi d'autre ?), une seule question que nous avons posée à Denis Olivennes a passé le filtre de la modération. Et la réponse, cependant, ne nous a pas déçu dans son lot de mauvaise foi... voire de mensonges douteux

Notre question : Dans les années 1930, les maisons de disques aux USA voulaient interdire la diffusion de chansons à la radio. Finalement, les radios les ont rachetées. Est-ce que ça n'est pas le risque que courent à nouveau les maisons de disques si elles brident de trop les internautes ?

Denis Olivennes : J'en reviens au point essentiel; le problème n'est pas que l'accès à la musique soit gratuit pour le consommateur. Mais les radios paient les auteurs. Si un disque passe à la radio, le chanteur est rémunéré, l'auteur-compositeur, le producteur sont rémunérés. Dans le cas du piratage sur Internet, non seulement le consommateur l'a eu gratuitement, mais ni le producteur ni l'artiste ne sont rémunérés. C'est ça, le problème.

Si le FAI est considéré comme diffuseur, une taxe pourrait s'installer à ce niveau-là, la licence globale. Si l'on veut compenser la perte de revenus des industries musicales, il faudra que cette taxe soit relativement élevée, et du coup les FAI n'y sont pas favorables.

D'autre part, les artistes n'y sont pas favorables non plus. Pourquoi ? Parce que la radio ne représente que 10 %, en gros, de leurs revenus. Donc qu'il y ait une certaine injustice dans la répartition des revenus de la radio ne leur pas de problème majeur. En plus, c'est facile d'identifier à la radio quels sont les artistes programmés. Mais sur Internet, ce sont des milliards d'échanges. Comment va-t-on savoir si l'on a échangé du Radiohead ou du Julio Iglesias ? Et là, il ne s'agira pas de 10 % des revenus, mais de 60 ou 70 % des revenus.

Voilà pourquoi cette idée de la licence globale, qui théoriquement n'est pas absurde, a été pratiquement repoussée.

Le mensonge : "Les artistes n'y sont pas favorables [à la licence globale] non plus". Les artistes-interprètes étaient au contraire les principaux membres de la filière musicale favorables à la licence globale. Leurs deux sociétés de gestion, ADAMI et Spedidam, étaient les principaux fondateurs de l'Alliance Publique-Artiste créée pour soutenir l'idée d'une licence globale. Hasard ou coïncidence, les artistes-interprètes ne sont pas signataires de l'accord intervenu vendredi. Ce qui n'empêche pas ni le gouvernement ni Denis Olivennes de prétendre que l'accord a été signé par "le monde de la musique" dans son ensemble. En réalité, seule la Sacem était signataire de l'accord, mais elle représente les auteurs-compositeurs et les éditeurs de musique, qui se trouvent être les maisons de disques.

La mauvaise foi : selon Denis Olivennes, "si l'on veut compenser la perte de revenus des industries musicales il faudra que cette taxe soit relativement élevée". Tout d'abord, il ne s'agissait pas de compenser des pertes de l'industrie, mais d'assurer un niveau de revenus équivalent aux créateurs. La nuance est d'importance. Or d'après les estimations effectuées à l'époque du projet de licence globale, son montant aurait été d'environ 5 euros par mois pour rémunérer au même niveau les ayants droit. Le forfait de la FNAC pour l'écoute illimitée de musique est proposé à 9,99 euros par mois. En réalité, aucune étude digne de ce nom n'a jamais été commandée pour valider la licence globale, ni dans son application technique, ni dans son réalisme économique.

La mauvaise foi (bis) : D. Olivennes prétend que les artistes touchent 10 % de leurs revenus environ par la radio, et toucheraient environ 60 à 70 % de revenus par la diffusion Internet si une licence globale était accordée. Admettons que le premier chiffre soit réel, il supposerait que 50 à 60 % des revenus soient issus de tout ce que permet internet et qui n'est pas possible par la radio. Il s'agit uniquement de l'achat de musique. Denis Olivennes dit-il sérieusement que les artistes touchent la moitié de leur revenu de la vente de disques, alors qu'à la Fnac 95 % des CD vendus rapportent aux artistes moins de 50 centimes par jour ?

La mauvaise foi (bis repetitae) : "C'est facile d'identifier à la radio quels sont les artistes programmés. Mais sur Internet, ce sont des milliards d'échanges. Comment va-t-on savoir si l'on a échangé du Radiohead ou du Julio Iglesias ?", demande Denis Olivennes. Bonne question. Comment va-t-on faire alors pour repérer les échanges des oeuvres sur les réseaux P2P pour mettre en oeuvre les solutions préconisées par l'accord signé vendredi ? S'il y a des milliards d'échanges, et que l'accord ne cherche qu'à en sonder qu'une petite partie, alors ce sera une gigantesque lotterie internationale où seuls les Français peuvent gagner. Et les chances qu'un Français soit pris une fois, deux fois, trois fois en flagrant délit de téléchargement sont extrêmement (extrêmement !) faibles.

 
Publié par Guillaume Champeau, le 26 Novembre 2007 à 16h29
 
 
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Commentaires à propos de «Petit mensonge de Denis Olivennes...»
 

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'Natasha', le 01/01/1970 - 01:00
C'est du respect de la vie privée dont il s'agit.

on pourrait rebondir en parlant du respect des droits d'auteur ...
sinon, sur l'aspect espionnage, je suis entièrement d'accord aussi, mais de toute manière, c'est pas réalisable en france sans provoquer une révolution ...

je vous rappel que pour le moment, il s'agit de déclaration d'intention qui n'ont donné lieu a rien de concret. et c'est pas parceque les FAI s'engagent a tester des solutions de filtrage qu'ils vont en trouver une efficace, ou qu'ils vont réellement la mettre en place. et aussi, faudrait déjà trouver des solutions aux problèmes juridiques que pose ce filtrage ...
'ZaraA', le 01/01/1970 - 01:00
'alouest', le 01/01/1970 - 01:00
'ZaraA', le 01/01/1970 - 01:00
C'est bien, j'apprécie toujours que sur ces forums, ça finisse régulièrement en attaques personnels... Du genre, retourne voir PN, etc... Toujours amusant.
Comme les arguments complètement tordus qui sont énoncés comme pour éviter absolument de toucher au P2P !! Enorme souvent, et le signe d'une sorte d'obsession mentale à mon avis...
Je ne focalise pas mon raisonnement sur le P2P, je l'intégre comme une donnée évidente qu'il faut chercher à comprendre.
D'ailleurs je n'ai pas encore lu un argument convaincant concernant le marché du disque. La plupart des commentaires sont dirigés sur un aspect bien précis qui relève plus de l'idée fixe comme :
- la production actuelle c'est merdique, pas étonnant que ça marche plus(ok. Possible, moi j'écoute pas, mais des millions de personnes aiment, et surtout, le Top P2P est le même que l'hyper à peu de chose près, donc...)
- La grande distribution a tué le disquaire de quartier(vrai également mais, aux US c'est l'inverse, la grande distrib' vend plus de disque, ce qui sauvent les chiffres du marché. Le linéaire a baissé de 20 à 30% dernièrement dans les fnac et virgin, et ça touche aussi un peu les hyper depuis peu. Rien à voir avec ce qui a été dit. Demandé aux vendeurs de ces magasins, les gens n'achètent plus de disques, ou presque. Point barre. Le reste est mauvaise foi.
Enfin chère natasha, je ne pirate pas non plus, ou très peu, je n'ai jamais acheté de CD de ma vie, parce que j'aime pas la sonorité mais dernièrement je me suis mis à itunes parce que j'ai un ipod et que c'est bien plus simple. Voilà, merci d'en rester au termes du débat.

Encore une fois une erreur...
Wall mart premier vendeur de CDs aux US a ouvert une plateforme pour vendre les tounes sur Internet...
Le marché s'est tourné ves le numérique et les ventes physiques ne font que diminuer.
Quant à la baisse du lineaire, il s'explique je l'ai déjà dit par un matraquage des majors sur certains artistes et non sur la diversité...
Ah qu'il est bien loin le temps de la Motown... :rolleyes:
Mais oui, t'as raison... Et ça marche fort le wall mart en ligne, si je me souviens bien, c'était une offre à 79 cents la chanson. Mais, bon, ça n'a pas grand chose à voir avec le sujet. Ce qui s'est passé, c'est que les grandes chaînes US ont dernièrement décidé de pousser le CD, notamment en baissant le prix de vente. Et d'autres se sont mis au CD. Ce qui a permis de maintenir le marché de la musique enregistrée, si on y ajoute la montée en puissance d'iTunes.
Pour ce qui est de la diminution de linéaire, je ne sais plus comment le dire... Allez voir les déclaration de Reinhardt, le président du SDSD, de la Fnac, et des autres. Si ça suffit pas tant pis. J'ajouterai, pour étayer ma démonstration, que la Fnac avait réservé 30% de ces linéaires ces dernières années aux prod indé, justement pour ne pas subir le phénomène Top 40. Donc, tu vois, la diversité est là. En passant 30% c'est 5 points de plus que la part de marché des indé sur le marché français.
Pour ce qui est du respect de la vie privée, à combien on l'estime ? Je veux dire en perte de droits d'auteurs ...
C'est ainsi, nous sommes dans un marché de la demande. Voilà, vous avez raison 30 centimes c'est bien, non !! D'ailleurs, moi je vois pas pourquoi on passerait pas à moins encore disons 10 centimes c'est un chiffre rond, y a pas de raison... Le consommateur a pris le dessus, et c'est lui qui dicte ses règles, et s'il obtient pas satisfaction il va voir ailleurs. Finalement, c'est une réaction d'enfant gâté.

Encore une fois que d'erreurs :rolleyes:
Premierement ce ne sont pas les grandes chaines US mais les Majors et Universal US en tete à la diffèrence de Universal France qui ont decide de la baisse du prix du CD. Les magasins "physiques" n'allaient pas rogner leurs marges, c'étaient aux majors de le faire...
Quant à la montée en puissance de I Tunes, mais savez vous que Steve Jobs s'en fout de la musique????
Vous faites le procés du P2P alors que steve jobs se sert allegrement de la musique pour vendre son IPOD.
C'est vrai je mets souvent 4000 morceaux telechargés de Itunes...voire 40 000 chansons ce qui fait 39600$....alors de qui se moque t on???
quant à la SDSD desole mais quand on a comme principaux adhérents FNAC et VIRGIN Megastore je doute fortement de leur impartialité...
Et je le repete, vous n avez qu'à lire les collusions frauduleuses des majors et des radios pour vous convaincre que la baisse du lineaire et du choix vient des majors...

Quant à la perte des droits d'auteurs, je n'en ai plus qu'assez de lire ces inepties...le public n'en a pas contre les droits d'auteurs mais contre les droits voisins....les droits voisins voilà le vrai débat et pas le droit d'auteur...alors peut etre que par déformation vous parlez de droit d'auteur au sens general mais là vraie question est là, et le P2P ne pose pas d'autres questions que celle ci, peut on supprimer les droits voisins surtout des producteurs...à quel titre ont il des droits si ce n'est que pour faire un retour d'investissement ce que ne sont pas des droits d'auteurs à la difference d'un brevet!!!! Et je rappelerais également que même pour les brevets la Cour Supreme US a dit: "que ces lois ne sont pas là pour permettre aux titulaires d'amasser des fortunes privées, mais pour promouvoir le progrès de la science et des arts utiles..." lire Motion Picture Patents CO. c. Universalt Film Mfg Co de 1917!!!!!(si vous souhaitez les réérences exactes je les ai)....

Quant à la vie privée...il y a des limites à la vie privée notamment lorsqu'on commet des délits...la vie privee n'est pas un bouclier derrière lequel se cacher quant on commet des actes reprehensibles...mais permettre de surveiller les gens qui n'ont commis aucun delit pour le simple bon plaisir de titulaires de DROITS VOISINS...alors oui je m'insurge.

Sur ce la prochaine fois j'espère Zaraa que vous ferez vos devoirs en apprenant un peu plus sur les droits d'auteurs....
Mais l'ignorance est plus facile...
'alouest', le 01/01/1970 - 01:00
alors peut etre que par déformation vous parlez de droit d'auteur au sens general mais là vraie question est là, et le P2P ne pose pas d'autres questions que celle ci, peut on supprimer les droits voisins surtout des producteurs...
Que la motivation des majors soit de faire de l'argent...c'est difficilement un stigmate aujourd'hui :rougi: Ce qu'on fait pour gagner de l'argent peut l'être. Mais dans un cas comme dans l'autre, ça ne justifie nullement de télécharger comme des gorets des mp3 sans acheter les cd :chepa:
'djjeffouille', le 01/01/1970 - 01:00
Par contre ils dépendent de la volonté des consommateurs d'acheter leurs daubes ou pas...................et ça ils l'ont toujours pas compris
Chepa. Amha ils gardent le public fidèle, ils ne perdent que les p2p-istes relativement responsables (assez pour s'indigner en tout cas), qui ne sont pas si nombreux. C'est la vie sociale et politique qui risque de prendre à long terme, pas les bénéfices des majors. La bataille c'est pour le large public qui télécharge leurs daubes au lieu de les acheter. :chepa:
 
'ghilghamesh', le 01/01/1970 - 01:00
dans un cas comme dans l'autre, ça ne justifie nullement de télécharger comme des gorets des mp3 sans acheter les cd

Tout à fait d'accord.
faut arreter de telecharger les daubes en question, et aussi de les acheter:
http://www.odebi.org/boycothon/
@ ZaraA : Si vous n'aimez pas la sonorité des CD(*.cda ou *.wav), pourquoi télécharger et écouter des morceaux avec un format *.aac avec perte de données ?

Les différents supports et possibilités d'écoute d'une oeuvre musicale alors que l'"artiste" n'est pas en direct ne sont là que pour augmenter la source de revenus de ces mêmes "artistes" et ne devrait pas/plus du tout être sa source principale de revenu.
Il y a quelques siècles, les revenus des artistes provenaient (amha) de la représentation en direct devant l'auditoire de la pièce de théâtre, de l'opéra, de la chanson ou musique, et les différents intervenants étaient rémunérés selon la recette obtenue par la vente des places.
Peut-être serait-ce une bonne chose que de revenir à ce modèle et que les autres supports ne soient qu'un complément de rémunération à la marge et peu important, et que le secteur se (re)centre sur cela.

Peut-être que la culture devrait se faire sous forme de mécénat comme certains exemples de l'Histoire(Rome antique, Grèce(pas sûr), le Moyen-
ge et l'époque contemporaine) ou par le financement des futur(e)s artistes par ceux/celles déjà présent(e)s ou par le futur auditoire après avoir écouté 1-2 titres.
L'artiste devrait pouvoir être plus libre de choisir les manières(licence CC, licences libres artistiques en tous genres, et autres) dont il met à disposition son oeuvre tout en pouvant en utiliser plusieurs, laissant ainsi le libre choix au consommateur/client

Il est quand même étrange que les sociétés d'ayant-droit ainsi que les "artistes" se protègent de leur clientèle.
Les droits d'auteur, d'après ce que j'ai cru en comprendre, ont été créé/mis en place pour éviter l'exploitation abusive des oeuvres par des personnes voulant en tirer profit, donc des exploitants et non pour se protéger des personnes qui font vivre ces "artistes", les client(e)s/spectateur(trice)s.
C'est bizarre que depuis quelques décennies voire plus, les artistes soient si proches, tant au niveau du portefeuille qu'au niveau intellectuel, des sociétés/personnes qui ont les moyens et sont les plus à même de les exploiter.

La musique a été très longtemps sous une forme immatériel et elle y retourne(ra) grâce à Internet.
Immatérielle ? :chepa: La musique moderne et le modèle économique autour sont venus avec les enregistrements et l'ouverture au large public des moyens de les écouter. Après, que ce soit disque, bande, cassette, cd ou fichier c'est toujours un enregistrement de l'artiste. Y'a aucun flou là-dessus :rougi:

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