Encore une preuve que la vente sous DRM n'est pas une vente
Guillaume Champeau -
publié le Jeudi 08 Novembre 2007 à 12h55 -
posté dans Société 2.0
Nous avons déjà eu l'occasion à plusieurs reprises d'affirmer que les sites qui prétendent vendre de la musique ou de la vidéo en ligne mentent lorsque le contenu soit-disant vendu est protégé par un DRM. Dès lors que l'usufruit de l'objet acheté est conditionné à des restrictions, qui plus est imposées par des mesures techniques, on ne peut pas parler de vente ou d'achat de contenus. Il s'agit uniquement de locations à durée indéterminée. Des exemples récents l'ont encore prouvé, à l'image de Sony qui conseille à ses propres clients de contourner les DRM s'ils ont "acheté" de la musique sur Sony Connect, sous peine de ne plus pouvoir profiter de ces contenus. Idem avec la fermeture du service Virgin Digital, dont les contenus soit-disant vendus étaient protégés par DRM. Si une autorisation d'accès au contenu doit être délivrée par un serveur lors de l'utilisation, il n'y a pas le transfert de propriété qui caractérise l'acte de vente.
Ainsi la ligue de baseball a changé il ya six mois de prestataire de DRM pour les matchs qu'il propose en téléchargement payant depuis 2003. Ces DRM font en sorte qu'à chaque fois que le client veut lire la vidéo qu'il a "achetée", une demande d'autorisation de lecture est émise auprès du serveur qui gère le système de protection. Or en changeant de prestataire, la ligue de baseball a fermé le serveur qui gérait les autorisations pour toutes les vidéos vendues avant 2006. Elles deviennent illisibles, bonnes pour la poubelle. Evidemment, les fans sont énervés. Mais le plus "drôle", c'est que depuis six mois la Ligue de Baseball refuse de reconnaître sa faute et de rembourser les clients, en prétendant qu'il s'agissait d'achats ponctuels, réalisés dans les conditions d'alors. Et la ligue continue de vendre des matchs protégés par DRM... Et que fait le législateur ? Il s'attaque aux pirates, c'est-à-dire essentiellement à ceux qui préfèrent obtenir gratuitement des produits qui ne posent pas les problèmes posés par ceux qu'ils obtiennent en payant. Logique.
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Commentaires à propos de «Encore une preuve que la vente sous DRM n'est pas une vente»
Ca me fait pensé que j'ai été surpris quand j'ai lu il y a quelques jours le manuel de la wii.
nintendo dit très clairement qu'il ne vendent pas de jeux sur la boutique en ligne, mais l'autorisation de les utiliser... ca a le mérite d'etre clair, et c'est vrai que c'est rarement le cas... :o Encore et toujours, c'est le consommateur qui fait le larron. Alors, tant qu'il y aura des blaireaux qui "achètent", ils auraient tort de se priver.
Il me semble que la mise au point devrait être aussi fait pour d'autres biens culturels car j'ai de plus en plus l'impression que le client/consommateur/acheteur ne possède en réalité que le support physique(CD,DVD,livres), donc une galette ou du papier, et rien d'autre en fait.
Chapi, le 01/01/1970 - 01:00 Il me semble que la mise au point devrait être aussi fait pour d'autres biens culturels car j'ai de plus en plus l'impression que le client/consommateur/acheteur ne possède en réalité que le support physique(CD,DVD,livres), donc une galette ou du papier, et rien d'autre en fait.Effectivement, que ce soit un CD ou un DVD, tu ne "possèdes" physiquement que la galette, ainsi qu'un "droit" d'écoute ou de visionnage de ce qui y est gravé. Sauf que CD et DVD répondent à des standards qui font que même 50 ans après la mort de la société qui l'a édité, tu pourras encore écouter ton CD ou regarder ton DVD. Avec la vente en ligne, tu te retrouves pieds et poings liés par le DRM. Et si, comme le montre l'exemple cité par Kad, un ennui se dessine sur la société à l'origine du DRM, tu l'as dans l'os pour accéder au contenu de ton fichier... C'est clair.
Mais bon, on connaît tous le véritable côté de la loi : Plus on est un gros voleur, moins on a de chances de se faire prendre (regardez Lagardère, on certains hommes politiques de droite que je ne nommerai pas...) Excellent article, je m'étonne comme vous que les associations de consommateurs n'aient pas imposé une clarification à tous les "loueurs" de contenus sous DRM qui se présentent aujourd'hui comme des "vendeurs".
Pour autant, je considère aussi qu'au 21 ème siècle, "acheter" sur Internet n'est plus vraiment pertinent : la possession d'un contenu est un héritage du 20ème siècle, époque révolue où pour "posséder un contenu" il fallait "posséder un support physique" (disque en cire, puis vinyl, puis CD, puis DVD) véhiculant ce contenu, ce support lui-même étant acheminé dans des camions depuis un entrepôt vers un magasin où le consommateur devait se rendre physiquement pour se le procurer, tout ceci engendrant une pollution considérable dont on voit aujourd'hui les effets... (j'ai 3 enfants de 10 à 5 ans et cela me préoccupe un peu) A partir du moment où tous les terminaux sont (ou seront d'ici 3 ans) tous connectés en ADSL / FTTH / Wifi / Wimax / 3G / 4G etc, autant payer à l'usage (purement à l'acte ou via des forfaits) ce qui permet des offres vraiment attractives pour le consommateur qui devient alors libre de "payer très peu pour découvrir". Exemple très concret : qui ne préfèrerait pas avoir, en plus du "illimité à 1€ par morceau de musique" sur iTunes, une offre de découverte à 0,05 € par écoute, intéressante si on pense a priori qu'on va peut-être écouter le morceau moins de 20 fois, mais qui après la 20ème fois redevient illimitée ? C'est possible de le faire, par exemple avec PU**t Et ce n'est pas contradictoire avec le fait de proposer de vrais collectors, sous forme de supports physiques qui seraient de beaux objets, et aussi sous forme de vrais "objets multimédia intégrant de la musique, de la vidéo, des photos, des parole de chanson, des partitions musicales etc etc. Le "track à 1 €" très habilement imposé par Steve Jobs, aux majors comme aux consommateurs, a considérablement appauvri le marché, tant en termes financiers qu'en richesse de l'offre proposée. On peut (et on doit) l'enrichir avec "en-dessous" du track à l'écoute, et "au-dessus" du vrai album multimédia. Allez, je vous le fais en vidéo, c'est la 3ème sur la page : http://www.tech.youv...-technologie-de,0602 muscardin, le 01/01/1970 - 01:00 Sauf que CD et DVD répondent à des standards qui font que même 50 ans après la mort de la société qui l'a édité, tu pourras encore écouter ton CD ou regarder ton DVD.A condition que l'appareil de lecture marche encore, et que le support ne soit pas altéré : parce que si je te donne un disque de cire de 1912, hein Je ne parierai pas un kopeck sur le fait de pouvoir lire encore un CD audio dans 50 ans ! muscardin, le 01/01/1970 - 01:00 Effectivement, que ce soit un CD ou un DVD, tu ne "possèdes" physiquement que la galette, ainsi qu'un "droit" d'écoute ou de visionnage de ce qui y est gravé. Sauf que CD et DVD répondent à des standards qui font que même 50 ans après la mort de la société qui l'a édité, tu pourras encore écouter ton CD ou regarder ton DVD. Avec la vente en ligne, tu te retrouves pieds et poings liés par le DRM. Et si, comme le montre l'exemple cité par Kad, un ennui se dessine sur la société à l'origine du DRM, tu l'as dans l'os pour accéder au contenu de ton fichier... Propriétaire du contenant et seulement utilisateur/auditeur/lecteur du contenu. Il serait bien que cela soit précisé sur les biens culturels depuis toutes ces années.J'aimerais voir l'impact que cela aurait sur les ventes et je l'avoue, cela me plairait que toute "l'industrie culturelle" s'écroule pour que renaisse une nouvelle forme "d'économie de la culture" ou "économie culturelle" plus libre et partageuse. Pierre, le 01/01/1970 - 01:00 muscardin, le 01/01/1970 - 01:00 Sauf que CD et DVD répondent à des standards qui font que même 50 ans après la mort de la société qui l'a édité, tu pourras encore écouter ton CD ou regarder ton DVD.A condition que l'appareil de lecture marche encore, et que le support ne soit pas altéré : parce que si je te donne un disque de cire de 1912, hein Je ne parierai pas un kopeck sur le fait de pouvoir lire encore un CD audio dans 50 ans ! Pierre, le 01/01/1970 - 01:00 muscardin, le 01/01/1970 - 01:00 Sauf que CD et DVD répondent à des standards qui font que même 50 ans après la mort de la société qui l'a édité, tu pourras encore écouter ton CD ou regarder ton DVD.A condition que l'appareil de lecture marche encore, et que le support ne soit pas altéré : parce que si je te donne un disque de cire de 1912, hein Je ne parierai pas un kopeck sur le fait de pouvoir lire encore un CD audio dans 50 ans ! Vous rigolez ou quoi ? Personnellement j'ai une collection de Vynils qui date de mes parents, et que je sache, même si c'est un peu plus cher qu'avant, on peut toujours acheter des platines Vynils. Il a quel âge le Vynil ? 55 ans. On parie que dans 20 ans je peux toujours lire mes Vynils ? Il suffit d'en prendre soin. Et le CD il a quel âge ? 25 ans. Je ne sais pas si vous serez toujours vivants dans 50 ans (je vous le souhaite, moi c'est pas du tout cuit....) mais je suis prêt à mettre une caisse de millésimé à la cave et à l'ouvrir avec vous dans 50 ans en écoutant la passion selon St Mathieu de Bach, au choix sur Vynil ou sur CD Pour rester sérieux, quand bien même il ne se trouverait plus de lecteur ; les standards sont publiés, et n'importe quelle entreprise pourra bricoler un lecteur de CD dans 50 ans. Alors que le code source fermé d'un DRM meurt avec sa société... prrrttt. |
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Il serait temps qu'une association de consommateurs lance une action contre ces sites de ventes en ligne, qui parle de vente pour des fichiers avec DRM.
Au moins, les visiteurs de ce genre de site ne seraient pas trompés "sur la marchandise" avant de passer à la caisse.