La TMP (pour Télévision Mobile Personnelle) semble bien émaner d’un fantasme des opérateurs et diffuseurs plus que d’une réelle demande des consommateurs. Et pourtant, la bataille fait rage entre les différents acteurs lorsque le CSA lance un appel à candidatures pour l’octroi de 14 à 17 fréquences de télévision pour cette diffusion sur téléphonie mobile. Laurent Souloumiac, directeur général de France Télévision Interactive, a revendiqué 4 canaux pour la TMP. Selon lui, différentes études auraient déjà montré que les consommateurs « veulent retrouver leurs grandes chaînes » sur leur téléphone mobile.

Mais plutôt que d’attendre que le CSA fasse son choix, Souloumiac en appel au gouvernement pour qu’il use de son droit de donner directement des canaux sans passer par l’appel à candidatures. Les chaînes de France Télévision sont déjà proposées pour la téléphonie mobile, mais leur qualité resterait assez médiocre, même en 3G. Les nouvelles fréquences, quant à elle, seraient supportées par une technologie DVB-H qui permettrait une diffusion de meilleure qualité. Si le PDG de France Télévison Interactive déplore le faible nombre d’utilisateurs de la TMP, il voit dans le DVB-H l’occasion de toucher « les masses ». Le problème, c’est que cette technologie est coûteuse et obligerait le groupe à passer d’un modèle gratuit vers un service payant dont le prix pourrait tourner autour de 5 à 10 euros.

Si un nombre marginal d’utilisateurs profitent de la TMP, il n’est pas certain qu’une orientation vers le payant change quoique ce soit à la donne, si ce n’est de la rendre encore moins attrayante. Il est toujours étonnant de voir à quel point les acteurs de l’innovation peuvent parfois confondre les possibilités offertes par la technologie avec les besoins consuméristes. C’est bien beau de défendre bec et ongles ses services en lançant des pseudo-enquêtes qui ne font qu’appuyer ce que l’on a voulu montrer, mais s’est-on penché un instant sur les besoins réels des consommateurs en la matière ? On ne le rappellera jamais assez : la technologie est une chose, l’appropriation culturelle en est une toute autre.

De son côté, Alain Weill, PDG de nextradioTV (RMC et BFM TV), estime que « la création de chaînes dédiées à la mobilité est une fausse bonne idée » et que ces fréquences devraient être attribuées aux opérateurs actuels. C’est cette même polémique que l’on retrouve pour le dividende numérique, à savoir l’attribution des fréquences qui seront libérées en 2011 par la télévision analogique. Les nouvelles fréquences proposées par le CSA commenceront à émettre été 2008.

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