L’ouverture de CreateSpace, un service promu par Amazon, portait les possibilités d’auto-production toujours plus loin en permettant aux artistes de presser leurs CDs à l’unité. Ceux-ci pouvaient alors s’affranchir des coûts liés au pressage d’un album puisqu’aucun investissement n’était requis, Amazon s’octroyant juste une marge sur chaque exemplaire vendu. Mais même avec cette somme évacuée, il restait encore au musicien une dépense qu’il pouvait difficilement éviter : celle liée à l’enregistrement.

C’est là où se pose TempoStand. Fondé par trois étudiants indiens fraîchement diplômés – dont un ayant travaillé en tant qu’ingénieur son pour plusieurs groupes -, l’idée était de promouvoir leur scène locale. Si leur modèle est en train de se mettre en place, en voici le principe : un groupe est enregistré dans un studio professionnel ; les compositions sont diffusées sur le site et certaines sont téléchargeables gratuitement ; les utilisateurs peuvent commander un CD ou créer leur propre 8 titres personnalisé. Les revenus du site, partagés avec les artistes, proviennent donc de la vente de supports physiques aux visiteurs.

Pour ses fondateurs, l’aspect innovant de leur plateforme consiste à distribuer des compositions sous licence Creative Commons, encore bien peu connue de la production musicale indienne. Mais ce qui est intéressant pour nous, c’est que leur service introduit une spécificité que l’on n’avait pas encore vu jusqu’ici : celle d’incorporer toute la chaîne du disque (de l’enregistrement au pressage) dans un système de partage des revenus. Certes, leur modèle semble encore un peu rudimentaire mais l’idée mérite d’être retenue ; imaginez là adaptée à CreateSpace.

Concrètement, il serait difficile d’enregistrer tous les artistes qui le souhaitent. Le parti de ses fondateurs a donc été de s’ouvrir à tout artiste local, quelqu’en soit le genre, mais seuls les projets les plus orignaux seraient retenus. Un modèle assez similaire à Reshape Music finalement, sauf que ce dernier ne propose pas encore à ses poulains de les enregistrer gratuitement.

La musique « équitable » diffère de la musique produite « traditionnellement » dans l’auto-gestion qu’elle permet aux artistes, la plateforme faisant sauter les intermédiaires et ne devenant plus qu’une interface de vente. On avait déjà sapé l’intermédiaire de distribution numérique avec des sites comme Airtist et le pressage de CD grâce à CreateSpace. Si l’on s’inspire du modèle de TempoStand, l’enregistrement pourrait être le prochain obstacle à tomber sur le chemin de la sacro-sainte auto-production.

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