Petit exemple de la paranoïa face au P2P...
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 03 Octobre 2007 à 16h40 -
posté dans Peer-to-Peer
Voici le message que nous avons alors reçu (l'absence de bonjour et les fautes d'orthographe sont d'origine, nous avons masqué le nom de l'éditeur) : "Je viens de lire dans votre article : Réponse que nous avons bien sûr immédiatement adressée : "Bonjour Monsieur, Deux jours plus tard, l'éditeur énervé n'est toujours pas revenu vers nous. Nous aurions pu ajouter que la chaîne de téléchargement, en se basant sur les services de P2P, nous a permis de réaliser suffisamment d'économies en bande passante pour dépenser cet argent plus utilement, et embaucher une personne à temps plein à durée indéterminée. D'autres embauches devraient, nous l'espérons, suivre en 2008. Favoriser l'innovation et créer de l'emploi, n'est-ce pas l'un des objectifs annoncés du gouvernement Sarkozy ? En luttant contre les réseaux P2P, ça n'est pas le piratage que le gouvernement tuera, mais l'innovation et l'emploi. Prix indiqués avec livraison
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Pour commencer, voilà déjà un petit lien vers un article intéressant :
Les industries du copyright valent moins que celles du fair use.
Ensuite, concernant les emplois supprimés dans l'industrie du disque, il y a d'autres raisons que le P2P :
Le budget n'est pas extensible à l'infini. Par rapport à il y a quelques années, à budget "loisir" équivalant, on doit choisir entre des disques, des DVD, le forfait téléphone portable, le forfait Internet, les jeux vidéos, l'abonnement câble/satellite, etc ...
Puis il y a la qualité aussi. De nos jours, on peut s'estimer heureux si il y a 3 bonnes chansons sur un album. Et bien sûr, cet album sera fournit avec une ridicule jaquette sans informations sur le groupe ou le chanteur ou les chansons, ni encore moins avec les paroles. Dans ces conditions, on y réfléchit à deux fois avant de mettre la main au portefeuille.
Sans même parler de P2P, il est souvent plus avantageux de télécharger les 2 ou 3 chansons qui nous plaisent sur une plate-forme légale et rechercher les infos et les paroles sur le Net. Au final on se fait des compilations maison avec tout ce qu'il faut pour la moitié du prix d'un CD (et en restant dans la légalité !).
Il faut aussi compter dorénavant sur les chaînes de radios numériques (il suffit de les enregistrer pendant 2 heures pour être sûr d'avoir les derniers tubes à la mode), et l'apparition de sites qui permettent l'écoute en streaming. Pourquoi aller acheter une chanson quand on peut l'écouter à la demande d'un simple clic de souris ? (Et je parle ici encore d'un site légal : Deezer.com qui a signé des accords avec plusieurs Majors du disque).
Et enfin, il y a la dure réalité du capitalisme et des énormes multi-nationales. On dégraisse un maximum de personnel pour augmenter encore les bénéfices et faire plaisir aux actionnaires.
Les petits disquaires de quartier, eux, doivent faire face aux supermarchés et autres FNAC qui sont venus leur piquer le pain de la bouche. Pour Monsieur Toulemonde, il est plus simple d'acheter trois albums dans un seul endroit que de devoir faire six disquaires pour espérer les trouver. Surtout qu'achetant ces disques au prix de gros, ces grandes surfaces les vendront à des prix que les "petits" ne peuvent pas concurrencer.
Entre la demande en disques qui diminue et les "mégastores" qui poussent comme des champignons, c'est le Darwinisme commercial qui s'impose : tu t'adaptes ou tu crèves.
Si j'étais disquaire, ça ferait longtemps que je me serais recyclé en vendeur de GSM, de lecteurs MP3, de matériel Home-cinéma, de platine Divx et de matériel informatique. Au moins, ça se vend et ça rapporte beaucoup ...
Et si j'étais gérant de vidéo-club, j'envisagerais sérieusement d'ouvrir ma propre plate-forme de VOD. Ce n'est pas tellement difficile de proposer un meilleur service que les offres actuelles des grands groupes de médias.
C'est trop facile de rejeter la faute sur le P2P sans jamais se remettre en cause.
Parce que jusqu'à preuve de contraire, les films et chansons les plus téléchargés sont également ceux qui rapportent le plus.
Comme quoi, il n'y a pas forcément de lien de cause à effet.
Alors l'industrie du disque, qu'elle s'adapte au monde qui l'entoure, et qu'elle arrête de produire de la merde !