Arrêt sur Images, l'émission mise au placard par le président de France Télévisions Patrick de Carolis, ne reviendra pas à la télévision. Non, elle revient sur Internet, débarassée de ses censeurs et libre de tout dire. Pour vivre, elle appelle les internautes à s'abonner.

Comme nous l’avions beaucoup espéré, Daniel Schneidermann et son équipe n’ont pas jeté l’éponge après la suppression de l’antenne de France 5 de leur émission « Arrêt sur Images ». Face au refus généralisé des autres chaînes de reprendre le flambeau de cette émission de critique des médias, l’idée de continuer hors des ondes hertziennes a fait son chemin. Arrêt sur Images revient, sur Internet. Et tant mieux.

Contrairement à Jean-Marc Morandini qui officie sur la radio de Lagardère (Europe 1) et la télévision de Bolloré (Direct8), Schneidermann pourra enfin parler librement des médias sans avoir le moindre lien de dépendance avec l’un ou l’autre des organes visés par les analyses de l’équipe. Il ne s’agira plus d’une émission classique avec plateau et invités, mais d’une série continue de mini-reportages et d’analyses, aussi bien en vidéo qu’à travers des billets de blogs, avec toujours le même objectif de décrypter les médias à travers leur traitement de l’information. « Ce ne sera  » ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre « . Plutôt qu’une longue émission hebdomadaire, @rrêt sur images vous proposera des rendez-vous télévisés plus courts, plus fréquents, ainsi que des enquêtes et des dossiers multimedia. Mais vous y retrouverez le ton, et la plupart de l’équipe, que vous aimiez« , promet l’équipe recomposée derrière Loubiana, une nouvelle société créée spécialement.

Le site Arretsurimages.net ouvrira officiellement le 7 janvier 2008 à 13H. Pour le moment, et depuis ce matin, c’est la campagne d’abonnements qui commence. Les internautes qui avaient été 200.000 à signer la pétition demandant le retour de l’émission sur France 5 sont invités à contribuer par leur abonnement au financement du site. Le tarif de base est de 30 euros pour un an ou 10 euros pour trois mois, mais le site propose également un abonnement d’un an de 12 euros pour les chômeurs, étudiants ou précaires, sans exiger de justificatif. Entre Arrêt sur Images et les internautes, c’est d’abord une relation de confiance qui doit s’installer, semble ainsi dire l’équipe. Elle propose même un abonnement gratuit à ceux qui en font la demande avec lettre de motivation à l’appui. Enfin, des heureux donateurs pourront payer plus que 30 euros par an, pour manifester leur soutien.

Une partie du site restera cependant gratuitement accessible, en particulier les nouveaux reportages qui doivent faire naître le débat public. Les archives et des dossiers multimédia seront accessibles uniquement aux abonnés, qui bénéficieront également d’un « espace personnel d’un nouveau type, qui leur permettra d’échanger informations et tuyaux de toutes sortes avec d’autres membres de la communauté« .

Dans une démocratie où la presse ne semble plus remplir sa mission de contre-pouvoir, où l’on n’ose plus poser les questions qui fâchent par peur de sortir de la Cour du Président ou d’être licencié ou mis au placard, la poursuite d’Arrêt sur Images est véritablement une bulle d’air. Sans être affilié d’aucune manière à ce nouveau site, Ratiatum s’associe pleinement à cette campagne d’abonnement, et vous encourage à vous abonner. Si le service public ne joue plus son rôle, c’est un sursaut civique qui peut y remédier.

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