Quel avenir pour l'album sur Internet ?
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 11 Juillet 2007 à 12h34 -
posté dans Musique Numérique
Les chiffres sont éloquents. Selon les dernières données de la British Phonographic Industry (BPI), l'association britannique des maisons de disques, 90 % des ventes de singles outre-Manche se font sous forme numérique. Mais les téléchargements ne comptent en revanche que pour 3,5 % des ventes d'albums. Le marché des singles s'est donc parfaitement adapté à l'ère numérique, à un rythme d'ailleurs impressionnant, tandis que les albums ont encore énormément de peine à se dématérialiser. Deux raisons possibles à cela. La première, c'est que le numérique est par essence mieux adapté à la consommation sélective titre par titre. Vous ne pouvez pas aller à la Fnac découper un CD en rondelles pour en retenir que les meilleurs morceaux, alors que dans l'univers numérique où chaque piste est un MP3 distinct, tout est possible. La deuxième raison, liée à la première, c'est que les maisons de disques et les disquaires en ligne ont très (trop ?) vite profité de cette flexibilité offerte par le numérique, en négligeant l'impact global sur les albums. S'il est possible de se faire un album à la carte en ne choisissant que les meilleurs morceaux, pourquoi dépenser plus pour acheter tout l'album ? Rares sont les albums où la cohérence artistique d'ensemble est mise en avant. Les albums sont davantage marketés comme une compilation de nouveaux singles que comme une oeuvre homogène à part entière. Et ça ne semble pas vouloir changer. Pourtant comme le note l'analyste Mark Mulligan de Jupiter Research, "ça n'est pas dans l'intérêt des maisons de disques de revenir au marché dominé par les singles, typique des années 1950". Pour répondre à la crise de l'album, les maisons de disques et les disquaires tentent d'apporter uniquement des réponses économiques. C'est le cas par exemple d'EMI qui augmente de 30 % le prix des singles sans DRM sur iTunes, mais laisse le prix de l'album inchangé. Il devient alors plus rapidement intéressant d'acheter tout l'album que de sélectionner titre par titre. C'est aussi Apple qui brise son clonage des prix pour proposer finalement une sélection d'albums à prix cassés sur iTunes. Mais est-ce suffisant ? Quel est, selon vous, l'avenir du format album dans les prochaines années, et le format qui devra se développer ? Prix indiqués avec livraison
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Commentaires à propos de «Quel avenir pour l'album sur Internet ?»
Non, les albums ne disparaitrons pas. Mais pour vivre correctement il doit étre vendu 2 x moins chére qu' il l' est aujourd'hui. Trop taxé le cd est. Les maisons de disques, majors et consorts se gavent sur le dos des auteurs compositeurs. Et il faudra augmenter la qualité audio des cd quitte à passer par le dvd audio qui peut contenir beaucoup plus d' informations donc de fréquences sonores.
"ça n'est pas dans l'intérêt des maisons de disques de revenir au marché dominé par les singles, typique des années 1950".
bien sûr, mais c'est dans l'intérêt du consommateur!!! d'ailleurs si les ventes de cds baissent, c'est *aussi* parceque ces derniers en ont assez de se faire entuber à payer 20euros pour 1 titre, et 12 grosses merdes. roselan, le 01/01/1970 - 01:00 "ça n'est pas dans l'intérêt des maisons de disques de revenir au marché dominé par les singles, typique des années 1950". bien sûr, mais c'est dans l'intérêt du consommateur!!! et lequel ? parce que y'a quand rien de plus marketing qu'un single Avant d'avoir été un format créatif, l'album est un support.
Si la chanson de 3 minutes est issue du 78 tours (qui ne durait pas plus de 3 minutes), le format de l'album est issu des deux faces du 33 tours - et celui du CD du cahier des charges de Sony qui voulait faire entrer la 9ème de Beethoven sur un seul CD, soit 74 minutes selon le Red Book. Tout ça pour dire que ces formats sont avant tout techniques. Et pourtant, la chanson de 3 minutes est restée. Reste qu'il me semble qu'avec le support CD qui disparaît, l'album sera totalement transformé. Il existe de grands albums concept dans l'histoire de la pop et du rock. Ceux là resteront. Il s'en créera même peut-être de nouveaux, mais d'une durée variable. Pourquoi ne pas créer un programme musical de plusieurs heures, voir de plusieurs jours... IL est clair que pour l'industrie phonographique, le commerce du single permet de réaliser beaucoup moins de marge que celui de l'album. Pire, le commerce par titre est très concentré sur peu de références, celui de l'album est beaucoup plus large et donc plus diversifié. Et puis évidemment, on n'achète que les singles que l'on connait déjà (la musique qu'on a déjà entendue à la radio) alors qu'un album permet de découvrir de nouveaux titres : ainsi le single est beaucoup plus victime du marketing et de la promo des grands média. L'album permet plus de créativité car il permet à l'auditeur de prendre le temps de découvrir des titres. Alors, comment remplacer, ou faire évoluer l'album ? Coté commerce, en remplaçant le bizness de la vente par celui de la fourniture de service. On n'achetera plus un album ou un single mais un service d'accès à la musique que l'on aime. Quand au téléchargement pur et dur, il se limitera probablement au single, la publicité étant un bon modèle pour rémunérer les ayants-droit et permettre une souplesse d'accès au public. Côté créateur, pour l'artiste, l'album restera, sans doute comme une collection. On le voit pour la mode, on le voit pour la peinture ou la sculpture, l'artiste crée une série d'oeuvres uniques (différentes mais dans un même esprit créatif, dans une certaines cohésion, dans un même espace temps). Mais il n'y aura plus cette nécessité d'avoir entre 11 et 15 titres. Désolé de casser un peu l'ambiance, mais les chiffres annoncés par le British Phonographic Industry (BPI) ne représentent rien sans un minimum d'analyse. Bien sûr qu'aujourd'hui les singles sont vendus via le téléchargement par internet mais ce n'est pas parce que les acheteurs de singles ne jurent que par internet. C'est simplement qu'aujourd'hui il est quasiment impossible de trouver un single dans le commerce. Pour prendre le cas d'un distributeur que je connais, la F..., qui pèse 1/3 du marché du CD, ils ne vendent plus de singles.
Je suis peut-être à contre courant de la pensée unique qui consiste aujourd'hui à s'extasier toujours plus devant le miracle internet et des nouvelles technologies, mais ma démarche reste avant tout la recherche d'un gain pour l'utilisateur final. Or du fait d'une distribution exclusive sur internet combien de clients n'ont pas acheté de single du fait qu'il n'était pas disponible dans le commerce (50% des foyers français possèdent un ordinateur, 40% une connexion)? Ou est l'avantage pour le client final qui va télécharger un titre d'une qualité franchement médiocre par rapport au CD, qui paiera le même prix que le CD (0.9 € par titre) et qui ne pourra pas lire cette musique sur tout ses appareils du fait de la DRM (la gravure sur support restant de plus à sa charge)? Parce que bien sûr, pour les éditeurs (les gros Les vraies questions à se poser sont: Est-ce que l'offre internet est plus large? Est-ce que j'économise de l'argent? Est-ce que la qualité est meilleure? Est-ce que je participe, en achetant sur internet à un processus qui va encourager l'avenir de la création musicale? Est-ce que je peux prêter la musique que j'achète? Est-ce que si je change mes appareils électroniques je peux conserver ma musique? Malheureusement aujourd'hui c'est non La F... supprime 1 000 postes de vendeurs de disque et réduit de 30% de la surface de ses rayons disques Alors l'économie numérique, oui, si elle apporte un progrès à tous, qui ne profite pas exclusivement aux majors et autres World Companies. Quand les auteurs, les clients et les salariés sont les dindons de la farce, je ne suis pas sûr qu'il y est de quoi se réjouir. |
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Sauf pour des styles de musiques particuliers, genre Pink Floyd (un album comme "The Wall" forme un tout indissociable à mon sens, un peu comme une symphonie), il est d'aucun intérêt de payer l'album d'un chanteur dont seul un titre écouté "un jour" à la radio nous a séduit.