Confronté à la lutte d’Hollywood contre la divulgation des clés de décryptage des HD DVD et Blu-Ray, le célèbre site de remontée de news Digg.com s’est écroulé mardi sous la manifestation de ses utilisateurs.

Une clé de déchiffrage de l’AACS, le système qui remplace le chiffrage CSS sur les DVD de nouvelle génération (Blu-Ray et HD DVD), a été très largement diffusée ces derniers jours. La clé permet de copier librement n’importe quel film haute-définition sorti avant le 23 avril, date à laquelle une nouvelle clé a été imposée aux studios. La loi américaine sur le droit d’auteur, le DMCA, interdit la diffusion de cette clé considérée à elle seule comme un moyen de contournement de mesure technique.

L’un des articles qui diffusait la clé a été « diggé » sur le service de news américain, et s’est vite retrouvé en première page de Digg, ce qui n’a pas plu au consortium AACS. Le groupement a aussitôt exigé de Digg le retrait de l’article. Digg, qui était confronté à la menace d’une plainte pouvant engendrer sa fermeture, a optempéré et supprimé l’entrée de ses bases de données. Très vite, un utilisateur reposte alors le même article avec la même clé au coeur de la description, et invite à sa diffusion. Immédiatement, les modérateurs retirent à nouveau l’article. Mais c’était la boulette.

Digg livrera bataille contre Hollywood, s’il le faut

Quelques heures plus tard, l’ensemble des articles présents sur la page d’accueil de Digg proposaient le code de déchiffrage. Une véritable rebellion des utilisateurs s’est exercée contre Digg, qui a fini par comprendre et abandonner la bataille. « Après avoir vu des centaines d’articles et lu des milliers de commentaires, vous avez rendu le message très clair« , reconnaît sur son blog Kevin Rose, le fondateur de Digg. « Vous préfereriez voir Digg fermer en combattant que de courber l’échine face à une plus grosse entreprise. Nous vous avons entendu, et dès cet instant nous ne supprimerons plus les articles et les commentaires qui contiennent le code et nous gèrerons toutes les conséquences quelles qu’elles soient« . Le message s’appelle, pour aller au bout de la démarche : « Digg This : 09-f9-11-02-9d-74-e3-5b-d8-41-56-c5-63-56-88-c0 ».

La balle est désormais dans le camp d’Hollywood, qui a les armes juridiques pour tenter de fermer Digg, mais qui ferait bien de réfléchir à deux fois avant d’exiger pour son propre intérêt particulier la fermeture de l’un des services web les plus populaires du moment. Combattre la liberté d’expression n’a jamais été le meilleur moyen de convaincre de l’efficacité technique des DRM.

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