Nous avons manqué l’évènement. C’était hier 26 avril la journée mondiale de la propriété intellectuelle. Cette année, le thème retenu pour le grand rendez-vous annuel de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle était « encourager la créativité« . Etrangement, ça n’a l’air d’intéresser que les médias africains.

« Encourager la créativité – récompenser les talents créatifs et novateurs sur lesquels reposent notre monde et notre avenir – tel est l’objectif visé par la protection de la propriété intellectuelle. Tel est l’élément moteur de l’OMPI. Et telle est la raison pour laquelle la Journée mondiale de la propriété intellectuelle doit être célébrée« , se félicite l’OMPI dans un grand élan d’optimisme, de fierté et de joie. Pas l’ombre d’un début de doute sur les effets en réalité contre-productifs de la propriété intellectuelle face à la créativité.

Quelques questions donc à propos de l’encouragement de la créativité, histoire de participer à la fête avec un jour de retard :

  • Protéger une œuvre 70 ans après la mort de son auteur, en assurant à cet auteur et à ses descendants une rente à vie en cas de succès, est-ce l’encourager à la créativité ?
  • Accorder aux producteurs un droit exclusif pendant 50 années après l’enregistrement de l’œuvre, est-ce les inciter à la créativité ou à l’exploitation sans fin des mêmes œuvres à succès ?
  • Interdire toute utilisation non autorisée d’une œuvre, y compris non commerciale, est-ce encourager à la créativité ou freiner l’innovation et l’esprit d’entreprise ?
  • Interdire les remixs ou mash-up non négociés commercialement, est-ce encourager la créativité ou la freiner ?
  • Imposer des lois qui condamnent la fabrication de logiciels plutôt que leur utilisation, est-ce encourager la créativité, ou la freiner ?

  • Accorder des brevets sans véritable exigence proactive d’innovation, est-ce encourager la créativité ou la freiner ?

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