L’Internet français et surtout américain s’émerveille de voir que Yahoo Music propose enfin depuis cette semaine aux USA, en partenariat avec Gracenote, les paroles de chansons sur 400.000 titres. En réalité, la seule chose véritablement intéressante dans cette annonce, outre que nous l’attendions plutôt du côté d’iTunes – qui a décidemment du retard dans l’éditorialisation de ses contenus, c’est que ce puisse être une annonce en soit.

Ce qui est notable, c’est moins l’accord commercial en lui-même que le fait qu’il s’agisse, justement, d’un accord de nature commerciale (dont les termes sont inconnus). Les paroles de chansons, qui n’avaient jusque là jamais été monétisées sauf dans de rares ventes de recueils ou de partitions, sont en train d’acquérir une valeur marchande inédite. Ces paroles, que l’on s’échangeaient entre amis ou que l’on recopiait à l’oreille sur un coin de table, n’ont plus le droit de circuler librement d’une personne à une autre. Comme pour tout ce qui touche aux droits d’auteurs, il faut passer par la gabelle et payer son dû pour avoir le droit de lire les paroles des chansons que l’on écoute. Dans le cas de Yahoo Music, ce sont les annonceurs qui paieront la gabelle pour vous.

Et pour s’assurer qu’ils le feront, les sociétés de gestion de droits d’auteurs qui ne manquent jamais une occasion d’exploiter plus encore leur catalogue (c’est ce qu’on leur demande), tirent désormais à boulets rouges sur les sites communautaires qui proposent sans payer de trouver ces paroles de chansons. Il faut faire table rase de toute concurrence « déloyale ».

Et vous pensiez qu’Internet était une menace pour la filière musicale ?

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