Chaque semaine, retrouvez notre sélection de musique indépendante disponible sur Internet. Il fait beau, sortez vos lunettes, votre chemise à fleur, et envoyez vous un bon coup de pop dans les oreilles. Une petite collection pour remplir votre répertoire de chants sous la douche.

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La pop, c’est toute une culture. On peut déjà en sentir les prémices dans les années 40, avec l’apparition de groupes de close harmony, ces trios / quatuors de vocalistes dont chaque membre reprend le même thème sous une octave différente. Un genre qui est d’ailleurs remis au goût du jour par les Puppini Sisters. Mais c’est vraiment dans les années 60 que l’esprit pop connaît une véritable explosion. Dans les films, tout le monde chante et danse avec le sourire (The Weakerthans). Andy Warhol s’amuse avec ses icônes, à l’instar du clip de Soulwax, pendant que Roy Lichtenstein s’en inspire avec son style empruntant aux bandes dessinées (The Pipettes). Moulinex libère la femme. Abba porte le genre à son apogée (Goldfrapp). Les années 80 passent le flambeau à Michaël Jackson, Madonna, puis c’est l’arrivé de l’eurodance et des boys band. Vous connaissez la suite… Cette série de clips vous donnera, à travers cinq groupes indépendants, un petit tour d’horizon de ce qui a constitué la culture pop à travers plusieurs décennies.


Artiste : The Puppini Sisters
Titre : Boogie Woogie Bugle Boy (From Company B)
Issu de : Betcha Bottom Dollar (Verve Records, 2006)
Style : Close Harmony
Site : Thepuppinisisters.com

Inspirée par le dessin animé Belleville Rendez-vous, Marcella Puppini fonda les Puppini Sisters en 2004. Pas avec ses deux soeurs, non, mais accompagnée de Stephanie O’Brien et Kate Mullins. Le clip est une reprise de Boogie Woogie Bugle Boy, un titre à succès des Andrews Sisters sorti en 1941. D’ailleurs, les influences de nos trois vraies fausses soeurettes ne font aucun doute. Ce sont les années 30 – 40, celles qui ont vu l’émergence de trio féminins tels que les Andrews Sisters précédemment citées, ou encore les Boswell Sisters, pendant que du côté masculin, nous avions les Mills Brothers ou le Babershop Quartet.


Artiste : The Weakerthans
Titre : The Reasons
Issu de : Reconstruction Site (Epitaph Records, 2003)
Style : Folk Punk
Site : Theweakerthans.org

The Weakerthans servent une mixture ambitieuse de rock, de punk, de folk et de country, le tout accompagnée de paroles introspectives. Formé en 1997 à Winnipeg, la formation gagna dès son premier album, Fallow, la reconnaissance de la presse canadienne. The Weakerthans sortent un deuxième album en 2003, Reconstruction, puis Left and Leaving en 2005. Ce dernier opus fut d’ailleurs désigné comme l’un des 10 meilleurs albums canadiens de tous les temps dans le magazine de charts Reader Poll, c’est pas rien.


Artiste : Soulwax
Titre : Any Minute Now
Issu de : Any Minute Now (PIAS, 2004)
Style : Electro-Rock
Site : Soulwax.com

Any Minute Now, c’est un album à tubes, entre le titre éponyme, E Talking, et NY Excuse. C’est le troisième de nos amis belges de Soulwax, un quatuor fondé par les deux frères Dewaele. Ces derniers sont également connus au sein de la scène électronique pour leur projet 2 Many Dj’s, probablement l’une des plus grande contribution à la « pop bâtarde ». L’art du djing, pour les deux frères, c’est de pouvoir vous faire danser avec n’importe quoi. Dès lors, il n’hésitent pas venir faire cotoyer Madonna, les Spice Girls et Michaël Jackson au côté des Chemical Brothers ou d’Aphex Twin, de mixer le Girls & Boys de Blur au Girls & Boys de Prince, le Boys Boys Boys de Sabrina au Girls Girls Girls de Mötley Crüe, ou de créer carrément de nouveaux titres issus de rencontres hasardeuse : celle de Nirvana avec les Destiny’s Child, ou des Clash avec Basement Jaxx.


Artiste : The Pipettes
Titre : Judy
Issu de : We Are The Pipettes (Memphis Industries, 2006)
Style : Pop
Site : Therapturemusic.com

Les trios féminins dont nous avons vu la première forme avec les Puppini Sisters ne sont jamais vraiment disparus. Ces girls band ont tout simplement évolué au fil des années. Dans les sixties, le côté jazz a disparu pour faire épouser ces groupes à la musique pop. L’une des chanteuses, généralement celle qui a la meilleure voix, est mise en avant pendant que les deux autres l’accompagnent en choeur. C’est l’époque des Ronettes, des Dixie Cups, ou des Supremes, ces formations de filles à peine sorties de l’adolescence, qui chantent leurs déclarations d’amour, leurs demandes en mariage, ou leurs déceptions amoureuses. Le déclin du genre arrivera fin des années 60, avec la concurrence du rock britannique et du funk. Finalement, le girl power des Spice Girls ne fut pas qu’une réponse aux boys bands des années 90. C’est aussi la remise au goût du jour de ces formations, version plus « sexe », et dont le dernières héritières se retrouvent dans le r’n’b avec les Pussycat Dolls. The Pipettes constituent un hommage aux girls band des années 60. Alors, qu’on aime ou pas le genre, il faut au moins reconnaître que l’esprit candide et naïf de cette musique reste assez bien transcrit.


Artiste : Goldfrapp
Titre : Supernature
Issu de : Ooh La La(Mute Records, 2005)
Style : Electro-pop
Site : Goldfrapp.co.uk

Les années 70 sont celles de la consécration du genre pop. On s’éclate sous les boules à facette au son d’Abba, on porte des pantalons moulants à pattes d’ef et on boit des cocktails dans des verres englués de paillettes. Ce clip de Goldfrapp y fait clairement référence. Allison Goldfrapp a commencé par tourner avec Tricky, puis décida de se lancer seule. C’est à ce moment qu’elle rencontre Will Gregory, compositeur, et qu’ils décrochent une signature avec Mute Records pour enregistrer leur premier album Felt Mountain : la naissance de Goldfrapp. Si le groupe n’emporta pas de réel succès auprès des masses, il reçu néanmoins l’adulation du milieu électronique. Goldfrapp se dirige pour le second album Black Cherry vers la pop acidulée qui a fait son succès (plus d’un million d’albums vendus), notamment auprès de la culture gay. Leur troisième opus Supernature, sorti en 2005, les propulse directement en quatrième place du top UK. C’est Mute Records qui doit s’en frotter les mains.

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