La licence globale n'est pas un choix économique

Guillaume Champeau - publié le Jeudi 12 Avril 2007 à 10h22 - posté dans High-Tech

Lors d'un colloque organisé par NPA Conseil et La Tribune la semaine dernière, Marie-Christine Levet, la PDG de Club Internet et ancienne présidente de l'Association des Fournisseurs d'Accès (AFA) a martelé son opposition à la licence globale. Elle lui préfère les paiements à l'acte pour les contenus culturels. La licence globale n'est pourtant pas seulement un choix économique, loin s'en faut.

Il ne se trouve plus grand monde pour défendre l'idée d'une licence globale. Même Patrick Bloche, le député socialiste qui avait défendu à l'Assemblée ce projet avec son complice Christian Paul, ne veut plus en entendre parler. Venu porter la parole de Ségolène Royal au colloque de NPA Conseil sur les stratégies des médias à l'heure de la convergence, Bloche a invité chacun à "ne pas resservir le plat froid de la licence globale". Si l'idée de taxer les FAI (et donc les abonnés) reste à l'ordre du jour du programme socialiste, l'idée d'autoriser les mises à disposition par les internautes n'est plus exprimée avec autant de vigueur qu'il y a un an.

Pourtant, alors que plus personne n'ose reparler de cette licence globale qui avait soulevé la colère de toute l'industrie culturelle (artistes-interprètes exceptés), les fournisseurs d'accès semblent toujours craindre au plus haut point qu'elle revienne sur le devant de la scène. Preuve sans doute que le climat est plus fragile et tendu qu'on ne le croit, Marie-Christine Levet a martelé à trois reprises lors du colloque du jeudi 5 avril qu'il fallait refuser toute "licence légale". Au point d'en faire son voeu aux candidats à l'élection présidentielle. L'ancienne présidente de l'Association des Fournisseurs d'Accès a indiqué devant un parterre de professionnels de l'audiovisuel que "nous avons tous un intérêt commun au développement de contenus à valeur ajoutée". La meilleure réponse au piratage, a-t-elle rappelé, c'est "le développement d'offres légales, riches et de qualité". "Il faut développer le payant", a estimé la directrice de Club-Internet.

Bien sûr, elle défend l'idée que les box des FAI deviennent les points de distribution principaux des oeuvres sur Internet. Toutes les offres principales de VOD s'y sont déjà installées, et les offres musicales ne devraient plus tarder. Pour les FAI, qui font payer seulement quelques dizaines d'euros par mois pour un abonnement avec téléphonie illimité, télévision sur IP et bande passante importante, seuls ces services complémentaires peuvent assurer une rentabilité à long terme. La licence globale, si elle voyait le jour, heurterait de plein fouet cette logique puisqu'elle anéantirait la rareté de l'offre sur laquelle ces desseins se basent.

Un choix politique d'accès public à la culture numérique

Pour autant, on ne peut pas résumer la licence globale à un simple modèle économique. S'il en est un, il s'agit surtout d'un choix hautement politique. D'un véritable choix de société clivant. Faire le choix de la VOD payante et des services de musique fermés sur abonnement payant, c'est faire le choix d'exclure de la vie culturelle tous ceux qui n'ont pas les moyens financiers de payer ces services à valeur ajoutée. Si, comme le préssentent tous les spécialistes et observateurs, la vidéo à la demande est appelée à remplacer les grilles de programmes TV, il va s'installer une distorsion entre ceux qui profitent des richesses offertes par la VOD et ceux qui se contenteront toujours des signaux hertziens et de la TNT, plus avilissants car nécessairement "de masse". La fracture numérique, comme on l'appelle désormais, est une véritable fracture sociale. La fracture sera plus profonde encore entre ceux qui ont accès à la VOD payante et ceux qui n'y ont a pas accès, qu'entre ceux qui allaient au cinéma ou étaient abonnés aux bouquets câble/satellite, et ceux qui ne pouvaient pas.

La licence globale est un véritable choix de société, un choix hautement politique parce qu'elle propose de mutualiser les coûts de l'accès à la culture entre tous ceux qui en bénéficient. Dans une société qui parle sans hésitation d'industrie culturelle, l'idée doit sembler marxiste. Elle ne l'est pas plus en réalité que celle de mutualiser les coûts des écoles et des routes, même pour ceux qui n'ont pas (et n'auront pas) d'enfants et ne conduisent pas. On ne peut écarter la licence globale d'un revers de la main sous prétexte que le modèle économique de la VOD commence à fonctionner. Le débat est bien plus complexe que cela.

Faut-il pousser la logique jusqu'à faire de la fourniture d'accès à internet un véritable service public ? Le débat doit être ouvert tant les FAI ont un rôle stratégique clé dans les communications d'aujourd'hui et de demain. Faut-il que soit créé un véritable service public gratuit de la VOD, comme il existe un service audiovisuel public financé par la redevance ? Là aussi, le débat doit être ouvert.

Rejeter la licence globale comme un "plat froid", c'est oublier les valeurs importantes qu'elle portait en elle. Au moment des élections présidentielles, ce clivage aurait dû être davantage exprimé.
 
Publié par Guillaume Champeau, le 12 Avril 2007 à 10h22
 
 
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Commentaires à propos de «La licence globale n'est pas un choix économique»
 

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c est drole comment certaine personnes ce range aux opinions des autre quand elles sont a quelque mois du chômage ....
Je comprends les FAI : Investir des milliards d'€ dans des réseaux et des infrastructures diverses ; louer les fils à l'opérateur historique ; revendre le tout à des abonnés pelés et râleurs pour quelques € du morceau.
Ils lorgnent tous du coté du contenu payant pour avoir enfin du gras à manger.

Mais ils se trompent, rien n'arrêtera le P2P et si quelqu'un construit un autre système que la licence globale et me démontre ses mêmes avantages en matière de propriété intellectuelle, ainsi qu'un autre système de distribution des oeuvres aussi universel que le partage, je suis preneur.

Piste pour les FAI : Mettez à l'amende les sites commerciaux ; que ceux qui utilisent vos tuyaux pour vendre (Google, CDiscount, La Redoute etc.) vous rendent un part du festin que vous avez payé.
On peut tout de même se réjouir de lire que pour elle, la meilleure solution pour contrer le piratage n'est pas le flicage, mais l'offre de trucs mieux à côté.
'all', le 01/01/1970 - 01:00
Piste pour les FAI : Mettez à l'amende les sites commerciaux ; que ceux qui utilisent vos tuyaux pour vendre (Google, CDiscount, La Redoute etc.) vous rendent un part du festin que vous avez payé.
Ça, c'est déjà le cas. Les offres FAI à destination des professionnels ne sont pas celles pour les particuliers, avec notamment débit garanti et tarif en conséquence :jap:
'Axis', le 01/01/1970 - 01:00
'all', le 01/01/1970 - 01:00
Piste pour les FAI : Mettez à l'amende les sites commerciaux ; que ceux qui utilisent vos tuyaux pour vendre (Google, CDiscount, La Redoute etc.) vous rendent un part du festin que vous avez payé.
Ça, c'est déjà le cas. Les offres FAI à destination des professionnels ne sont pas celles pour les particuliers, avec notamment débit garanti et tarif en conséquence :jap:


Je ne parlais pas de la simple commercialisation de bande passante. Si les FAI, FREE et autres, n'avaient pas fait d'énormes efforts financiers le cyber-commerce en serait encore au Minitel, Meetic n'existerait pas, ni Price Minister etc.
Un jeune pousse démarre dans un garage et 3 ans plus tard se trouve cotée en bourse grâce au talent de ses créateurs certes, mais aussi parce que des opérateurs privés ont porté l'ADSL dans chaque foyer pour un prix très bas.
Le retour sur investissement n'est pas comparable : D'une part une mise de fonds minimum et de gros profits rapides, de l'autre un capital investi énorme lent à rentabiliser.
Je pense, par exemple, que les FAI devraient faire payer les mails aux professionnels. C'est celui qui tient les tuyaux qui est en position de force.
C'est la fin de la neutralité d'internet que tu demandes.

Je crois plutôt qu'il faut ®ouvrir le débat sur le rôle de service public des FAI. L'accès à Internet est-il un service public national comme le sont les routes, ou un service privatisable comme l'ont été les autoroutes ?
Je crois plutôt qu'il faut ®ouvrir le débat sur le rôle de service public des FAI. L'accès à Internet est-il un service public national comme le sont les routes, ou un service privatisable comme l'ont été les autoroutes ?
Pourquoi pas ! On peut confier à Internet une mission de service public, par délégation avec un cahier des charges bien précis, ce qui n'empêche nullement de faire appel à des sociétés privées. Mais comme il n'y a pas de "free lunch", ce que ne paye pas le client c'est le contribuable qui le payera et il faut arbitrer (c'est un sujet politique). En tout cas la licence globale culturelle s'intégrerait bien dans une mission de service public, et il est plus juste à mon avis de faire cracher les sites commerciaux que les particuliers qui s'y connectent.
Entre Web marchand et FAI la création de richesses est en défaveur des seconds.

Ne nous leurrons pas, un jour les FAI - qui se concentrent de plus en plus - et autres Cisco auront le contrôle du trafic et réclameront leur du.
Tu soulèves une question trés intéressante Kad avec ce service publique de l'internet. Mais je crois qu'il est trop tard. Déjà que les libéraux voudraient privatiser tout ce qu'il est possible (pour certains même l'école), alors "étatiser" (je ne retrouve pas le mot) un domaine où des entreprises privées ont déjà investie des sommes importantes et attendent encore les gros bénéfices... je ne croit pas quelles soient d'accord. Et n'oublie pas que dans les précédentes entreprises publiques (routes, écoles, EDF...) c'est l'Etat qui a investi dans les grosses infrastructures.
Tu vas me dire que France Télécom appartenait à l'Etat à cette époque justement...c'est vrais, mais ce n'est plus le cas; et FT ainsi que les autres FAI investissent maintenant dans de nouvelles infrastuctures (fibres optiques). Quand celles-çi seront opérationnelles tu pourras toujours demander un service publique basé sur nos bon vieux fils en cuivre. Mais ils risquent d'être inadaptés aux futurs utilisation du web.
Et, dernier point, avant de créer un FAI publique, je trouverai plus urgent de re"étatiser" des domaines comme l'eau, l'électricité qui me semblent primordiaux.
Hello,

Comme plusieurs personnes, je trouve cette idée de service publique de l'accès à Internet est plus que judicieuse et en toute cohérence avec la culture de la politique à la Française. En associant la redevance TV qui n'est en fait qu'une redevance qui finance un service audiovisuel, à une réforme du planning d'exploitation des oeuvres, l'état pourrait créer un service de VOD gratuit.
Si on prend l'exemple de "La Grande Vadrouille" qui cela dit en passant vient d'être rediffusé pour la n'ième fois, il y a quelques jours, ce film pourrait très bien faire partie d'un catalogue de films libres et gratuits. Toutes les familles de France l'ont déja vu 45000 fois(merci la TV) et/ou possèdent une vieille copie sur cassette VHS.

Autant qu'il soit accessible en permanence. Il s'agit vraiment du patrimoine Audiovisuel français.

De nombreux films sont dans le même cas, à mon sens. Il ne reste plus qu'à rédiger cette liste.(y'a pas une autorité censée être compétente qui vient de se créer récemment?? :rolleyes: )
très bien pas de service public, pas de licence globale, plus (+) de P2P
moi ca me va !
le payant est meilleur en qualite : lol
ya deja les dvd et les BRD et HD DVD sur les torrents donc gratuit...pour ne parler que de la video
Ils essayent de freiner des deux pieds mais trop tard vous tombez deja dans le ravin...
DADVSI marche pas et on est toujours penalement coupable et alors ca a toujours ete le cas et rien n'a empeche l'expansion du p2p...

Bref continons, la culture gratuite et de qualite sera bientot à porte de main pour tous avec surtout a la clé une deconcentrations des medias...
Que du bon, finis star ac et conneries decerebrantes, nous financerons nous-meme les projets culturels qui nous tiennent a coeur.
C'est évident que les services proposés ne font pas le poids face au P2P.
Je suis chez Club, justement, et j'ai pas droit à la TV: Dégroupage partiel donc
seulement la Voip (C'est déjà pas mal). :bienvu:
Pour le reste, cela fait longtemps que les séries TV sont en HD, en Vo sous-titrés
et de surcroit sans DRM.... En plus d'être gratuit bien qu'illégal, certes, mais où est
le choix ? :D
et meme si tu avais le choix tu payerais?!
en tout cas pas moi !
et franchement faudrait etre fou pour depenser plus :D
donc liberaliser totalement les echanges p2p et laissez nous en paix :x
Ma parole on flirte avec le communisme ici...
Pourtant avide de contenus culturels divers et variés, je ne défends pas l'idée de sa gratuité ou qu'elle soit supporté par des systèmes collectifs soit disant égalitaires. N'oublions pas que cette industrie fait bosser des milliers de personnes rien qu'en France et que par ailleurs les principaux intéressés, à savoir les Artistes, vivent de tout ce système fragile (et de grâce ne me citez pas les Obispo, Bruel et consors, penchez-vous sur ceux qui tournent sans cesse dans leurs vans vétustes pour tenter de vivre de leur passion qui est devenue un métier). Alors certes, certains défendront la mutation de cette industrie et par conséquent l'emploi généré dans d'autres structures mais c'est de mon point de vue un raccourci un peu facile. Nous avons suffisamment d'exemples de mutations industrielles autour de nous qui ne génèrent pas d'emplois !
Et expliquez moi pourquoi tout cela deviendrait gratuit du jour au lendemain ? Penchez-vous sur vos cas individuels. Chacun d'entre nous bosse (ou non) dans un secteur d'activité qui vit de son savoir faire, etc...Alors imaginez ne serait-ce qu'une seconde que du jour au lendemain on vous assène de "ah désolé mais maintenant ton savoir faire particulier est gratuit grâce à Internet alors maintenant pain sec et eau pour toute la famille, ça te va ?". Je doute que beaucoup soit partisans de ces perspectives !
La Musique, au même titre que le cinéma, est un produit de grande consommation, développé, marketé, distribué...et la TVA qui s'applique à cet environnement en témoigne : 19,6% alors que le livre jouit de l'appellation produit culturel et par conséquent voit son niveau de TVA passer à 5,5%. Alors si au préalable on arrêtait toute cette sournoiserie qui gravite autour d'une certaine industrie culturelle ?
Par ailleurs, avec ce genre de démarche on perd la valeur des choses et oui, la musique, le cinéma, la littérature et les gens qui la dispensent ont une valeur. Lorque je regarde la consommation de musique auprès des plus jeunes qui téléchargent de façon compulsive et qui n'écoute même pas le quart de qu'ils download...et ils jettent aussi vite qu'ils s'accaparent. C'est donc ça s'élever culturellement ? Hummmm
Alors certes l'argent qu'ils ne dépensent plus dans l'achat de musique va, en partie, vers le mobile et le spectacle vivant mais je n'apprendrai à personne que ce sont d'autres business dans lesquels les majors du ciné et de la musique n'ont aucune bille ou presque.

Pour ma part, je suis tout à fait disposé à m'acquitter de quelques deniers pour des services à forte valeur ajoutée qui implique des ressources humaines et Artistiques...
Pour ma part, je suis tout à fait disposé à m'acquitter de quelques deniers pour des services à forte valeur ajoutée qui implique des ressources humaines et Artistiques...

En quoi un service de vod bourré de DRM est un service à forte valeur ajoutée ? Et en quoi cela implique des ressources humaines et artistiques ? :Hein:

Là, je m'intérroge... parce que pour ma part, la plupart des personnes compare la vod non pas avec le cinéma mais avec la télé: La seule différence étant que l'on est pas obligé d'être devant son poste à l'heure de la diffusion (Donc, c'est un plus).

Payant une redevance et/ou un abonnement (Cable, satellite...), on imagine mal payé en plus pour tel ou tel diffusion (Même si cela existe avec le système "à la carte").

Dans l'esprit de la majorité des gens, on paye un abonnement Internet et on ne comprends pas pourquoi on doit payer en plus pour du contenu qui n'est même pas équivalent en qualité à ce qui est diffusé à la TV. et par dessus le marché, se rajoute à cela des restrictions (Lecture sur un seul ordinateur, impossibilité de copie, délai pour la lecture, etc...). :non:

Le problème; c'est que les FAI prennent comme modèle la téléphonie mobile (On "offre" un service de base minimum et le reste est payant) alors que dans l'esprit des utilisateurs, dans ce cas précis, Internet, ce doit être comme la télé mais en mieux (Pas à être bloqué devant son poste...). et le P2P réponds à ces attentes: Service à la demande, qualité et gratuit, oui, parce qu'inclus dans le prix de l'abonnement au FAI.

Oui, c'est illégal aujourd'hui mais il n'y a bien que la licence légale qui réponds à ce besoin (A cet état de fait dirais-je même) quitte à payer un plus d'abonnement. :rolleyes:

N'oublions pas que certains candidats à la présidentielle préconise une augmentation des abonnements FAI sans contrepartie d'utilisation. Pour ma part, c'est bien pire... :shifty:
'cssa75', le 01/01/1970 - 01:00
Ma parole on flirte avec le communisme ici...
Pourtant avide de contenus culturels divers et variés, je ne défends pas l'idée de sa gratuité ou qu'elle soit supporté par des systèmes collectifs soit disant égalitaires. N'oublions pas que cette industrie fait bosser des milliers de personnes rien qu'en France et que par ailleurs les principaux intéressés, à savoir les Artistes, vivent de tout ce système fragile

Je peux me tromper, mais je crois que tu n'as pas compris le propos, ou pas entièrement. Il ne s'agit pas de gratuité, mais d'un mode de financement mutualisé entre tous les "usagers". Ca n'est pas parce que les routes sont publiques qu'il n'y a pas d'entreprise privée spécialisées dans les travaux publics, qui exécutent les commandes et en vivent pour certaines grassement (et tant mieux). Il ne s'agit pas de priver la profession de ses revenus, mais au contraire de la conforter en lui assurant des revenus que pour l'instant elle ne perçoit pas.

Encore une fois, ça n'est pas un choix économique, mais un choix politique. Il ne prive aucunement le marché d'un esprit de concurrence ni d'innovation, au contraire.
@cssa75 :
Ce n'est pas du tout du jour au lendemain puisque l'inventeur de l'encodage mp3 a proposé son format aux industries culturelles (majors en priorité mais aussi aux indépendants je suppose) dès 1987 si je ne me trompes pas. Ils l'ont tous refusé en bloc. De plus l'épisode Napster commence à sérieusement dater, suffisamment en tout cas pour se demander pourquoi il n'y a eut aucune réaction commerciale à l'époque (ca sert à quoi la veille technologique s'il faut tant de temps pour réagir ?). Ce qui leur arrive est donc normal dans une société libérale où la principale règle industrielle est "adaptes-toi ou crèves" : elles n'ont fait aucun effort pour s'adapter, tant pis pour elles. Pour reprendre ton exemple des secteurs d'activité, que dire d'une entreprise qui n'a rien vu venir et qui voudrait interdire aux consommateurs d'acheter ses concurrents pour se maintenir en vie ? C'est dommage pour les employés mais c'est comme ça.
D'un autre côté, je ne pense pas qu'une quelconque licence puisse régler toute seule le problème que pose Internet au niveau commerciale. Dans l'idéal il faudrait créer de nouveaux acteurs privés, quitte à ce qu'ils appartiennent à de grands groupes multinationaux, qui se chargeraient de faire le lien entre les ayants-droits et le public consommateur, lien qui prendrait une forme comparable à la télé ou la radio : le distributeur paie pour que les spectateurs/auditeurs puissent regarder/écouter gratuitement. Remarque que ce système n'empêche absolument pas la naissance d'une part payante, il impose uniquement de justifier le paiement par le contenu et non le contenant (ex : le pay-per-view sur le cable).
La lutte contre le piratage se justifie si on se place dans un cadre comme celui-ci (prod => plateformes => internautes) mais certainement pas de la manière actuelle : c'est la mise sur le réseau qui doit être controllée pas le téléchargement par le public. Pourquoi ? Pour garantir aux plateformes qu'elles auront suffisamment de client pour se rentabiliser.

Là où Kad a raison, c'est que ce n'est pas qu'un problème économique mais surtout un choix politique car les deux systèmes (très fermé vs très ouvert) sont économiquement viable selon que l'on se place du côté de l'offre ou de la demande. Ca rejoint ce que disait Pareto sur le capitalisme et le communisme : en terme de prod pure, les 2 sont équivalents. Ce qui les différencie, c'est tout ce qui n'est pas économique.
Là où Kad a tort, c'est sur la mise en avant de l'intérêt publique et de l'accès à Internet pour tous. Ca n'a aucun rapport, même si je suis pour un accès minimal pour tous garanti par l'Etat, ca ne fait qu'augmenter le nombre de personnes en jeu. Un peu comme si tu ne faisais qu'augmenter la dose d'ingrédients d'un gateau : tu ne feras pas un gateau différent, juste un gateau plus gros.

La solution des majors (DRM, flicage, procès & même VOD s'il n'y a aucun autre moyen sur Internet à côté) entraine à mon avis nécessairement une nouvelle forme de dictature car elle impose plutot que de proposer. La solution des Internautes (licence globale uniquement) entraine, re-à mon avis, une nouvelle forme d'anarchie car elle enlève aux artistes le droit de controller un minimum la diffusion de leurs oeuvres. D'où ma question fianle : est-ce que l'on est assez con pour choisir uniquement parmi ces deux choix stupides ?
Toutes proportions gardées, comparons avec la distribution d'électricité :
Que chacun puisse avoir l'électricité même dans le coin le plus reculé, c'est ça le service public. Si le réseau n'était pas étatisé les fils n'arriveraient que dans les lieux de forte concentration, pas de jus dans la ferme au fin fond de la Creuse.
Le réseau EDF a été payé par tous, clients et contribuables. Ce qui n'empêche pas que la production d'électricité puisse être privée - industrielle, artisanale ou individuelle. Le cahier des charges dit "l'électricité doit arriver partout sur le territoire, EDF doit acheter l'électricité à celui qui la produit à un prix fixé d'avance".
Dans un contexte de concurrence libre et non faussée (qui exclut la cartélisation), service public et entreprise privée coexistent, car tous les particuliers paient le Kw/h au même prix quel que soit le coût d'acheminement.
Rien n'empêche de privatiser EDF si le cahier des charges est suffisamment bétonné.

Id pour les trains, on peut différencier le réseau et ceux qui font rouler les trains.
lol le communisme
pas de raccourcis malheureux...
bon gratuité sur les morceaux de musique et videos, rien n'empeche aux fans de l'acheter pour aider ses artistes preferes...
depuis plusieurs années je suis dans un style de musique qui se sert d'internet pour muter et s'acrroitre notamment en france et ca marche !
bref, peu de ventes matériel de musique (cd, dvd etc) quasiment pas de mp3 drm vendus car marché trop imposant en nombre d'artistes et connus d'encore trop peu de gens...
mais DES CONCERTS DE PLUS EN PLUS NOMBREUX ET DE PLUS EN PLUS BLINDES...
la plupart des artiste en vive avec les "goodies" qui vont avec (surtout des vyniles).
LE COMBLE est que sur une place à 20 € sur paname la sacem se sucre à 1.72€ dessus alors que personne n'est copyrighté.
alors dire oulala chomage, mort des artistes etc c'est des conneries, ca va juste entrainer une profonde mutation du shitstem et les majors vont mourir ou se sortir progressivement du marche de la musique trop enclin au piratage. Avant j'etais dans le rock garage, et on a jamais attendu apres les majors pour faire un concert sortir un cd, federer des fans, en vivre (avec le strict minimum c'est vrai mais on en vit)...
ca va mettre du plomb dans la tete de toute cette variet qui pete plus haut que leur cul et qui veulent faire du business avant de faire la musique, pour avoir un train de vie elitiste.

et non je parlais pas de techno au debut...
sacem -> proxenete...
Dans l'ordre, Kad redal : j'ai parfaitement compris l'objet du débat puisque j'ai eu maintes et maintes fois l'occasion de réfléchir sur le sujet Licence Globale. Je ne suis absolument pas persuadé de la pertinence de cette licence (qui se calque sur les modes de redevances radios/TV) et qui manquera considérablement d'équité très rapidement.
Neurf, tout à fait d'accord avec toi. L'industrie a méprisé un format préférant se réunir en "sommets" dans les plus grands hotels de la terre afin de lutter contre ce "futur" standard. Force est de constater que les conséquences de tout cela ont été particulèrement stériles...mais bon il est toujours difficile de se résigner face à l'envahisseur en passe de boulverser tout un système éco !
Zuvassin, en effet le spectacle vivant est une belle alternative pour les Artistes (quoique, renseigne toi bien du modèle et tu verras rapidement que tout cela nourrit grassement les tourneurs/producteurs), et beaucoup moins les Artistes, surtout les petits). Maintenant de mon point de vue, il n'y a pas de réussite live (en général) sans support prod, mktg, distribution. Vous savez tout comme moi qu'historiquement l'industrie du live injectait beaucoup de tour support autour des Artistes, une brique faisant partie du développement. Le pb désormais, c'est qu'ils ne vendent plus de disques, injectent beaucoup d'argent dans la promo/mktg (renseignez-vous sur l'évolution du coup des medias sur ces 10 dernières années) et ne touche pas le moindre cents sur un ticket de concert. En revanche les tourneurs eux se portent à merveille (voir chiffres sur le spectacle vivant +112% sur 6 ans !) sans finalement supporter la phase de développement de l'Artiste. L'industrie est globalement aujourd'hui une vache à lait dont le ROI est bien loin d'être garanti. Les cartes doivent être redistribués c'est une évidence. Et je doute que le système se maintienne sans gros acteurs sur ce marché. Le home made et la long tail theory ont leurs limites c'est évident et ce n'est pas la licence globale qui révolutionnera tout cela.
J'aimerais poursuivre mais je dois filer !
A vous lire
euh...
les tourneurs prod sont pas les mieux lottis dans la new eco musicale...
car dans mon style de musique favori, peu arrivent à survivre (concurrence concurrence)...
Neanmoins les artistes eux y arrivent car ils creent leur label sur lesquels ils sortent leurs vinyles, ils s'autoproduisent en live, du coup les tourneur prod ne sont que des boites à spectacles qui louent les services d'artistes clé en main...

bref, a mort les majors, les prod et tout intermediaires qui se sucrent sur ceux qui bossent : les artistes et ingé sons...
et a mort surtout les pseudo artistes qui se pointent chantent un truc de starmania et vas y qu'on t'engage pour chanter des merdes de compositeurs pseudo auteurs qui vont lobotomiser des millions avec leur mievrerie?!
"si vous aimez cette merde, taper 1 au 80mes genoux, sinon taper 2 pour la bouffonerie de l'autre tartuffe etc"
j'ai la haine ?! non, mais vous demandez pas pourquoi les francais sont des veaux.

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