Le site de vidéo à la demande (VOD) pour indépendants CineZime, dont nous avions parlé l'an dernier, innove en proposant de premiers films non protégés par des DRM. Les barrières psychologiques commenceraient-elles à tomber aussi dans le cinéma ?

Comme pour la musique, ce sont les producteurs de cinéma indépendants qui comprennent les premiers que le DRM ne sert à rien, même pour la vidéo. CinéZime, un site de VOD grenoblois dédié au cinéma indépendant, propose depuis la mi-mars 40 % de son catalogue sans protection. Auparavant, tous les films étaient placés sous DRM Windows Media, le temps sans doute pour les producteurs de réaliser que protéger leurs films ne sert à rien s’ils n’arrivent pas à les vendre.

« Le paiement s’effectue au moment du téléchargement après acceptation d’une licence d’utilisation qui attire l’attention sur le caractère illégal de la copie en dehors du cadre privé du détenteur », explique CinéZime, qui mise sur la prévention, l’information et la confiance plutôt que le contrôle et la répression. « Proposer des films sans DRM n’est pas moins sûr que de proposer les films en DVD puisque jusqu’à présent, toutes les copies illégales proviennent de copies de DVD… par contre, c’est en simplifiant l’accès à l’offre légal que nous lutterons efficacement contre ces copies illégales », explique très justement Orna Ghenassia, gérante de la société.

CinéZime propose actuellement 250 titres environ, et prévoit de passer à 400 titres pour le prochain trimestre. Il est trop tôt pour dire s’il y a un effet du retrait des DRM sur les ventes, nous dit Orna Ghenassia, mais « nous avons des utilisateurs qui nous écrivent à ce sujet, et aussi des utilisateurs de Mac qui utilisent maintenant notre service », explique-t-elle. Pour le moment, aucun élément chiffré ne permet de mesurer le succès de l’offre.

Egalement des contenus gratuits

CinéZime a profité de l’occasion pour proposer également une partie de son catalogue en accès gratuit, « sans sacrifier la qualité puisque ces films sont aussi disponibles en qualité DVD ». Les vidéos sont financées par la publicité, les ayant droits touchant leur part des revenus publicitaires générés par leurs vidéos. Les publicités ne sont pas placées dans les vidéos, mais sur le site.

Les producteurs sont ainsi libres de choisir le mode de diffusion qu’ils préfèrent, du plus strict (vente avec DRM) au plus souple (gratuit sans DRM). Une manière simple de laisser jouer les règles du marché, et de vérifier si, comme le croient encore beaucoup de producteurs, brider le consommateur est la meilleure manière de lui faire sortir la carte bleue…

Reste que pour tous les services de vidéo à la demande, la plus grande difficulté est de toucher les spectateurs devant leur téléviseur. CanalPlay, France Tvod, TF1 Vision ou M6 Video ont tous signé des accords avec les fournisseurs d’accès à internet pour être présents au coeur des offres de télévision par ADSL. CinéZime, avec son positionnement particulier dédié au cinéma indépendant, risque d’avoir plus de difficultés à s’imposer sur les « box ». Aucun accord de ce type n’est en vu « dans l’avenir proche », nous indique CinéZime.

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