Comme nous l’espérions mercredi, la Turquie a bien suivi le même chemin que le Brésil en revenant rapidement sur l’ordre judiciaire qui avait obligé l’opérateur national Türk Telekom à bloquer l’accès à YouTube. Un tribunal a autorisé le fournisseur d’accès à libérer à nouveau l’accès au premier site de partage de vidéos du monde, ce qu’il a fait immédiatement. L’ordre a été donné après que le tribunal ait reçu l’assurance que la vidéo dépeignant le père de la République Turque en homosexuel ait été retirée de YouTube. Mais l’affaire est loin d’être finie.

La couverture médiatique n’a semble-t-il fait qu’attiser les rivalités et les haines entre des groupes turcs et grecs par vidéos interposées. YouTube est devenu un théatre du nationalisme exacerbé. C’est un journal turc, Millyet, qui avait semé la pagaille lundi en demandant à ses lecteurs d’envoyer des messages en masse à YouTube pour exiger la suppression de la vidéo.

La décision judiciaire avait été suivie immédiatement par des guides techniques pour contourner le filtrage et accéder à YouTube par des proxies. Les groupes de défense de la liberté d’expression, comme Reporters Sans Frontières, se sont bien sûr émus de ce qu’un pays qui souhaite adhérer à l’Union Européenne puisse ainsi ordonner le blocage pur et simple d’un site Internet.

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