Après des licenciements au Canada, c’est au tour de la branche française de EMI de licencier. La direction d’EMI Music France a annoncé jeudi la suppression de 60 postes sur 281 en France, lors d’un comité d’entreprise, en raison de « l’effondrement des ventes de disques » dans un marché français « diminué de plus d’un quart depuis fin 2003 ». EMI France a signé le 5 mars un accord avec les partenaires sociaux qui prévoit trois réunions au sein du comité d’entreprise en vue d’accompagner ces départs. La filiale française, qui avait réalisée 261 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2006, veut ainsi économiser 5,5 millions d’euros « tout en se concentrant stratégiquement sur ses labels créatifs et en développant son activité digitale ».

Les mauvais résultats du groupe en 2006 avaient conduit la maison de disques britannique à annoncer un plan de restructuration et un changement de l’équipe dirigeante. Elle a refusé ce mois-ci une nouvelle offre d’achat de 3,1 milliards de dollars par l’américain Warner Music Group. La maison de disques, qui reste empétrée dans ses dogmes de la surprotection des œuvres plutôt que de répondre aux demandes de ses clients, a encore beaucoup de mal à prendre le virage du numérique.

Mais sans aucun doute, les 60 suppressions d’emplois seront mises sur le dos des internautes qui téléchargent de la musique. C’est un réflexe tellement plus facile que d’affronter la réalité de son marché et prendre les décisions les plus raisonnées.

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