L'agence Reuters a appris de sources proches du dossier que EMI réfléchit à la vente en ligne de chansons sans DRM. Une information qui confirmerait que la major britannique sera bientôt la première à mettre fin au dogme de la protection des fichiers musicaux...

L’industrie du disque se déchire et l’intervention surprise de Steve Jobs dans le débat ne fait rien pour calmer les troupes. Tandis que Edgar Bronfman écarte violemment toute possibilité pour Warner Music Group de vendre de la musique sans DRM, toutes les majors ne semblent pas au même niveau de réflexion. EMI, que les résultats financiers décevants en 2006 poussent à une certaine prise de risque, pourrait être la première à abandonner les DRM. Elle a déjà fait un pas significatif dans cette direction en laissant Yahoo vendre sans protection le nouvel album de Norah Jones, en décembre dernier. Les résultas ont été positifs, selon EMI. Quelques jours plus tard, la maison de disques annonçait qu’elle arrêtait tout système de protection contre la copie sur ses CD. Enfin Barney Wragg, le responsable numérique de EMI, remontait le moral des troupes fin janvier et annonçait un changement important dans les trois à six prochains mois.

De quoi donner du crédit aux informations de Reuters. Dans un communiqué, l’agence affirme que « EMI serait en discussion avec différents disquaires en ligne » pour discuter de la possibilité de vendre des fichiers MP3 non protégés. Mais ça ne se fera pas sans garanties. « Une autre source du secteur a déclaré que le label cherchait à obtenir de fortes avances sur les recettes des magasins en ligne contre le droit de vendre sa musique sans verrou », précise Reuters, qui ajoute que EMI serait « en pourparlers avec Snocap ». La société de Shawn Fanning, l’inventeur de Napster, vend sur MySpace des chansons de labels indépendants au format MP3. Notamment celui des Barenaked Ladies, qui a connu un énorme succès commercial.

Sans confirmer la rumeur, une porte-parole de EMI a indiqué que « le manque d’interopérabilité entre le nombre croissant d’appareils et les plates-formes numériques musicales devenait de plus en plus problématique pour le consommateur », et qu’EMI « discutait avec différents interlocuteurs pour trouver une solution ». MySpace a refusé de commenter tandis que Snocap a dit qu’il n’y avait « aucun accord » mais qu’il « entretient de très bonnes relations avec tous les grands labels et discute avec eux régulièrement ».

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