Le fournisseur d'accès à Internet Free, qui était très critiqué pour avoir mis en place un bridage des newsgroups et du P2P chez les non dégroupés, semble avoir fait marche arrière.

Le bridage chez Free, c’est fini ! C’est en tout cas ce qu’affirment ce matin Le Journal du Freenaute et Télécharger-newsgroup. Jusqu’à présent, les abonnés du FAI qui se trouvaient en zone non dégroupée étaient bridés à des vitesses de 40 ko/s. Depuis mardi soir, il est enfin possible de télécharger des contenus binaires sur les newsgroups à des vitesses pouvant aller jusqu’à 600 ko/s.

« Pourquoi maintenant ? Aucune raison officielle, mais il se pourrait que France Telecom ait agrandit son réseau de collecte en terme de capacité. Ce pourrait également être le fruit de la récente amélioration, qui une fois tassée, aurait permis d’ouvrir les vannes« , indique le JDF, qui se félicite de voir la situation rétablie pour les non dégroupés. Le bridage durait en effet depuis de nombreux mois.

Une alternative de plus en plus populaire au P2P

Les newsgroups prennent une importance croissante chez les internautes qui y trouvent entre autres le moyen de télécharger facilement des films ou des albums de musique récents à très grande vitesse, et à moindre frais. Contrairement au P2P, les newsgroups offrent l’avantage juridique ne pas induire de mise à partage des fichiers téléchargés. Free est le seul fournisseur d’accès français à proposer un serveur de newsgroups sur lesquels sont présents les fichiers binaires qui peuvent être téléchargés à l’aide de certains logiciels spécifiques. « Nous sommes étonnés que les opérateurs qui proposent l’accès gratuit à ces contenus se fassent leur propre concurrence puisqu’ils disposent aussi de plates-formes de VOD« , constatait cette semaine auprès de 01Net Frédéric Delacroix, délégué général de l’Alpa (Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle).

Mais le service offert par Free est limité et n’est qu’une des voies d’accès aux ressources proposées sur les newsgroups. De nombreux fournisseurs payants comme Newshosting, Giganews ou Firstload proposent un accès à beaucoup plus de fichiers (grâce à une rétention qui peut aller jusqu’à 90 jours, contre 10 jours pour Free), à des vitesses plus importantes. Même si Free fermait l’accès à son serveur de newsgroups, l’utilisation du réseau Usenet (le protocole réseau des newsgroups) resterait très importante tant l’offre est aujourd’hui développée. Un premier acteur français, BugBoot, s’est récemment introduit sur ce marché.

En Belgique, le fournisseur d’accès Belgacom a décidé de bloquer l’accès à certains des newsgroups les plus populaires, pour favoriser ses propres services de vidéo et de musique payante. Sans doute Free sera-t-il contraint à la même démarche par les industries du cinéma, qui exigent davantage de lutte contre le piratage à l’heure où les négociations sur la chronologie des médias semblent se gripper.

Mais la meilleure façon de lutter contre les newsgroups sera d’offrir un service de qualité aux internautes. Le fait qu’ils payent aujourd’hui plus de 10 euros par mois pour avoir accès à des services de téléchargement montre que la gratuité n’est pas la principale motivation des internautes pirates.

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