La chasse aux DRM est enfin lancée au sein même de la filière musicale. VirginMega, qui revendique 27 % du marché de la musique en ligne en France, proposera ce week-end un premier morceau sans DRM à ses clients. Le premier, normalement, d'une longue série...

« On vend mieux sans DRM« . Julien Ulrich, directeur de VirginMega.fr, n’hésite plus à dire tout haut ce que le vendeur de musique pensait jusqu’à présent tout bas. Deuxième du marché en France, VirginMega veut suivre l’exemple américain de Yahoo qui a lancé l’offensive contre les DRM en début d’année et vendu récemment un premier album au format MP3, avec Disney. Et le vendeur le fait savoir. Le Figaro consacre un article au « pavé dans la mare » de VirginMega, qui brise ici un tabou que les majors de l’industrie du disque ne souhaitent pas lever.

Contactés par Ratiatum, VirginMega nous confie qu’un premier morceau sans DRM sera en vente sur leur site probablement dès vendredi soir, au prix traditionnel de 99 centimes d’euros. Deux axes ont motivé le choix d’une politique anti-DRM, nous explique Julien Ulrich. Tout d’abord, « l’interopérabilité c’est l’arlésienne, ni les industriels, ni les producteurs ni les autorités n’arriveront à l’imposer« . Et l’Autorité de régulation des mesures techniques créée par la loi DADVSI, qui est censée régler le problème ? « Il est sûr à 90 % qu’elle ne verra jamais le jour« . L’interopérabilité est un soucis particulièrement vif pour VirginMega, qui est bloqué en seconde position derrière Apple car il ne peut pas accéder au baladeur iPod de la marque. Puisqu’Apple ne donnera pas les clés de son DRM et puisque l’Etat n’a pas été assez loin dans sa démarche, Virgin doit se diriger vers le MP3, seul standard de fait dans l’industrie.
Cette stratégie a payé pour eMusic, qui sans le catalogue des majors mais sans DRM non plus, est la deuxième plateforme américaine derrière iTunes. Elle se revendique déjà deuxième en Europe, alors qu’elle n’a que deux mois d’existence sur le vieux continent.

La seconde motivation, c’est le nombre croissant d’initiatives de musique gratuite de la part des majors, du type SpiralFrog ou Qtrax. « Nous ne contestons pas qu’il y a un marché pour la musique gratuite, ça fait cinquante ans qu’il existe avec la radio, mais ça n’est pas notre métier« , rappelle M. Ulrich. Si les majors se réfugient vers la gratuité, ce sont les vendeurs de musique en ligne qui seront les premières victimes. VirginMega ne semble pas vouloir garder des DRM qui handicapent son marché, si en plus les maisons de disques qui exigent ces DRM favorisent à côté un marché concurrent entièrement gratuit pour les internautes.

Ainsi pour la première fois VirginMega et les internautes semblent vouloir se battre pour une même cause. Après une première mise en ligne de fichier MP3 ce week-end, VirginMega prépare le lancement d’une offre entièrement sans DRM. « Aucune major nous a dit ok mais il y en a une qui serait peut être intéressée« , nous confesse le directeur général de VirginMega, qui espère lancer son offre sans DRM au premier semestre 2007.

Ca se fera très probablement d’abord sans les majors, mais beaucoup d’indépendants sont prêts à suivre. Combien de temps EMI, Warner, Sony BMG et Universal laisseront-elles cet avanvatage concurrentiel aux indépendants ? C’est toute la question que se pose l’industrie.

Car il ne fait plus de doute aujourd’hui que l’abandon des DRM par les majors n’est plus qu’une question de temps…

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