Edward Snowden a adressé plusieurs critiques à l'encontre de la Russie, dont la politique concernant Internet tend vers plus de surveillance et plus de censure, à l'occasion de la remise d'un prix l'honorant de son action en faveur de la liberté d'expression.

Edward Snowden a beau avoir le statut de réfugié politique en Russie, l'ancien agent contractuel de la CIA et de la NSA garde un œil lucide sur la politique menée par Moscou. Ainsi, le plus célèbre des lanceurs d'alerte a renouvelé ses critiques contre la tentation russe d'étendre un peu plus la surveillance du web et de censurer davantage les contenus que le pouvoir juge inadéquats pour sa population.

Lors de la remise du prix Bjørnson, qui honore une personnalité s'étant distinguée dans la défense de la liberté d'expression, Edward Snowden a dénoncé les récentes modifications législatives ayant eu lieu en Russie qui ont pour effet de restreindre le champ de la liberté d'expression sur la toile. Il a aussi jugé avec sévérité les pressions exercées contre certains sites web.

PRESSIONS SUR WIKIPÉDIA, REDDIT…

Edward Snowden fait ici référence aux menaces à peine voilées du Roskomnadzor, un service fédéral russe en charge de la régulation des télécommunications, qui a eu dans son collimateur des sites de grande envergure, comme GitHub, Reddit ou Wikipédia, les menaçant de les bloquer dans tout le pays s'ils ne respectaient pas certaines consignes.

Celui par qui l'étendue de l'espionnage américain sur le net a été révélée il y a deux ans a aussi pointé du doigt les exigences du pouvoir moscovite, qui veut que Facebook, Google et Twitter se soumettent à la loi sur le contrôle des blogs et la censure et stockent sur des serveurs installés en Russie les données personnelles concernant les internautes russes.

LES "ERREURS POLITIQUES" DE LA RUSSIE

Pour Edward Snowden, qui assistait en visioconférence à la remise de son prix afin de ne pas courir le risque d'une arrestation en Norvège débouchant sur une expulsion vers les États-Unis, pays dans lequel il ferait face à des accusations extrêmement graves, la Russie commet des "erreurs politiques" sur ce sujet. "C'est mal de le faire en Russie, comme ce serait mal partout ailleurs", a-t-il expliqué.

Edward Snowden a aussi dénoncé les efforts de Moscou de s'immiscer dans la vie privée des Russes, en particulier dans celle des homosexuels. La Russie, si elle n'interdit pas l'homosexualité, a fait passer une loi qui interdit la propagande homosexuelle dans le pays, au nom de la protection des mineurs et de la préservation des valeurs traditionnelles de la famille.

RÉFUGIÉ JUSQU'EN 2017

Edward Snowden bénéficie d'un titre de séjour l'autorisant à rester en Russie jusqu'en 2017. Au-delà, l'avenir du lanceur d'alerte est incertain : pourra-t-il bénéficier d'une extension de son permis sur le sol ou devra-t-il trouver une autre terre d'accueil ? Pour l'heure, rares sont les pays à vouloir l'accueillir, par crainte des mesures de rétorsion que les USA pourraient prendre en réaction.

En Europe, aucun pays ne souhaite officiellement l'accueillir. Le Parlement européen a pourtant demandé encore une fois à la Commission et aux États de faire en sorte d'accorder l'asile politique aux lanceurs d'alertes "qui dénoncent des pratiques de surveillance abusives".

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