Après avoir quitté la Chine continentale pour marquer avec force son agacement face à la censure et au piratage provoqué par l'opération Aurora, Google cherche à revenir dans l'Empire du Milieu. Le groupe serait prêt à faire d'importantes concessions, en lançant notamment une version censurée de Google Play.

Google veut revenir en Chine. Cinq ans après avoir quitté avec fracas l'Empire du Milieu, le moteur de recherche américain souhaite relancer ses activités dans le pays avec en particulier l'ouverture d'une déclinaison locale de sa boutique d'applications. Cette version sinisée de Google Play serait opérée en partenariat avec des sociétés basées sur place, selon le site The Information.

Des discussions sont actuellement en cours avec Pékin en vue de permettre à Google d'effectuer son grand retour au cours de l'automne. Évidemment, les chances pour qu'elles aboutissent dépendront pour partie des « concessions » que la firme de Mountain View sera prête à accepter pour se conformer aux exigences chinoises en matière de censure.

Ainsi, contrairement au Google Play habituel, celui pour la Chine devrait être massivement aseptisé. Concrètement, on ne devrait par exemple pas trouver Facebook, Twitter et nombre de médias occidentaux, mais plutôt des réseaux sociaux et des journaux locaux comme Tencent, Baidu ou Le Quotidien du Peuple. Des services du groupe américain devraient aussi en pâtir, comme la messagerie Gmail.

CENSURE ET OPÉRATION AURORA

Il y a cinq ans, Google annonçait la suspension de ses activités en Chine continentale pour marquer avec force son opposition à la politique du régime sur le net (en réalité, le groupe américain n'avait pas totalement déserté le pays : ses opérations avaient été réorganisées pour pouvoir les poursuivre depuis la région administrative de Hong Kong, qui dispose d'un système juridique à part).

La décision de Google d'aller à la confrontation avec Pékin visait aussi à contester le blocage régulier de ses services (qui n'a de toute façon jamais cessé même après son départ, en témoigne la censure de Gmail et de Google survenue fin 2014) mais aussi pour dénoncer les conséquences de l'opération Aurora, qui est le nom donné à l'attaque d'envergure attribuée à la Chine contre des intérêts occidentaux, dont Google.

En la matière, il semble que Google n'a plus l'intention de braver la Chine sur ces thématiques. D'après Reuters, qui s'appuie sur une source proche des négociations, "le groupe californien a garanti aux autorités chinoises qu'il respecterait la législation chinoise et qu'il bloquerait les applications disponibles sur Play Store que Pékin jugerait répréhensibles".

L'utilisation d'Android est largement répandue en Chine, mais Google ne gagne pas d'argent avec les versions modifiées de son système d'exploitation qui circulent dans le pays, alors même que le pays est le plus important au monde en nombre d'utilisateurs de smartphones. Un retour dans le pays, approuvé par les autorités et accompagné par les fabricants locaux, permettrait à la firme de corriger au moins en partie cette situation. Au risque d'écorner son image de pourfendeur de la censure.

( photo : CC BY-NC-ND keso s )

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