L'ancien procureur général des USA, Eric Holder, considère qu'un accord avec Edward Snowden est possible pour lui permettre de rentrer au pays. Les poursuites judiciaires contre lui seraient maintenues, mais avec des garanties supplémentaires.

Depuis qu'il a révélé au monde entier les activités très secrètes des agences de renseignement occidentales, et en particulier celles de la NSA, Edward Snowden a exprimé à plusieurs reprises le souhait de rentrer chez lui, aux États-Unis. "S'il existe un endroit dans le monde ou je désirerais aller, c'est chez moi", a-t-il par exemple confié l'été dernier, lors d'une interview à NBC.

Mais en l'état actuel des choses, impossible pour l'ex-employé de la NSA et de la CIA de retourner au pays. En effet, il est poursuivi pour espionnage, vol et utilisation illicite de biens gouvernementaux (transmission non autorisée d'informations relevant de la défense nationale et de divulgation de renseignements classifiés à une personne non autorisée).

Aux yeux du département de la justice américain, Edward Snowden a violé deux dispositions de la loi Espionage Act de 1917. Celle-ci peut être passible de la peine de mort. S'il rentrait aujourd'hui, Edward Snowden serait donc immédiatement arrêté et présenté devant un tribunal.

Dès lors, ses craintes étant fondées, le lanceur d'alerte a préféré quitter le sol américain et se réfugier à l'étranger. Cela fait maintenant deux ans qu'il se trouve en Russie, grâce à la "bienveillance" des autorités (qui ont surtout un bon levier pour asticoter les USA et avoir le beau rôle dans cette histoire), qui lui ont accordé un permis de séjour valable jusqu'à la mi-2017.

Les choses pourraient toutefois évoluer favorablement pour Snowden. Selon l'ancien procureur général, Eric Holder, il "existe une possibilité" pour qu'un accord soit trouvé avec le département de la justice afin de permettre à Edward Snowden de revenir aux USA. Eric Holder, de par le poste qu'il a occupé entre 2012 et 2015, est celui qui a supervisé l'inculpation de l'ex-agent.

L'on peut supposer que des négociations entre les avocats de Snowden et l'institution judiciaire américaine sont déjà en cours. En mars, l'un de ses avocats, Anatoly Kucherena, indiquait que l'intéressé était prêt à aller aux USA à condition d'avoir droit à un procès équitable et d'échapper à la peine de mort. Il serait curieux qu'aucun contact n'ait été pris entre les deux parties.

Le désir qu'a Edward Snowden de rentrer chez lui ne signifie en aucune façon qu'il regrette ce qu'il a fait. Ce printemps, il affirmait encore lors d'une visio-conférence avoir "tant gagné".

"J'ai la possibilité de contribuer d'une manière beaucoup plus significative. J'ai vraiment le sentiment que j'aide à améliorer des vies. Ça me donne une raison de me lever le matin. Et c'est quelque chose que vous ne pouvez quasiment pas avoir autrement qu'en étant fidèle à des principes de conduite auxquels vous croyez fortement."

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