Julian Assange s'est vu opposer une fin de non recevoir à sa demande d'accueil en France. Une position que regrette le parti Pirate, qui aurait aimé que l'Hexagone fasse honneur à sa tradition de terre d'asile.

Ça n'aura pas traîné. Coincé depuis plus de trois ans dans l'ambassade d'Équateur au Royaume-Uni, Julian Assange a sollicité cette semaine la France et sa tradition de terre d'accueil pour les étrangers persécutés dans l'espoir d'être accueilli comme réfugié politique. Mais à peine sa lettre ouverte a-t-elle été publiée que les autorités ont fait connaître leur fin de non-recevoir.

L'Élysée justifie son refus par le fait que Julian Assange n'a pas subi d'oppression dans son pays d'origine (l'Australie). De plus, Paris souligne que le fondateur de WikiLeaks fait de toute façon l'objet d'un mandat d'arrêt européen, qui entraîne en général une obligation de coopération de la part des pays membres. Julian Assange est en effet poursuivi en Suède dans une affaire d'agression sexuelle.

Quoiqu'il en soit, ce rejet suscite l'indignation du Parti Pirate. "Le Parti Pirate déplore très vivement la réponse de la Présidence de la République adressant dans la précipitation une fin de non-recevoir à la demande d’appui formulée par Julian Assange dans sa lettre ouverte publiée par le journal Le Monde. Il appelle l'Élysée à reconsidérer sa décision", écrit le mouvement dans un communiqué.

Pour l'heure, Julian Assange ne risque qu'un transfert vers la Suède et une peine de prison. Cependant, par le jeu des extraditions entre l'Europe et les USA, le lanceur d'alerte pourrait être tôt ou tard transféré outre-Atlantique. Là, sa situation pourrait davantage se dégrader, au regard des griefs contre WikiLeaks, avec une peine de prison à vie voire ou, beaucoup plus incertain, une condamnation à mort.

À supposer que Julian Assange soit extradé vers la Suède puis que l'Amérique le réclame à son tour, il n'est pas sûr que ce transfert ait lieu s'il y a vrai risque pour sa vie. Comme l'indique le journal Le Matin, "la loi suédoise et la Convention européenne des droits de l'Homme signée par la Suède interdisent l'extradition d'une personne vers un pays où elle encourt la peine de mort".

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