À couteaux tirés dans le "cyberespace", les États-Unis et la Chine s'efforcent d'afficher leur  convergence de vues en façade. Les deux pays se disent favorables à l'établissement d'un code de bonne conduite pour encadrer le comportement d'un État sur le réseau. Un vœu pieux.

On prête au général de Gaulle une formule devenue célèbre, qui en dit long sur les relations internationales. "Les États n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts". Dès lors, la récente annonce d'un code de bonne conduite dans le "cyberespace" entre les États-Unis et la Chine ne peut être accueillie qu'avec beaucoup de circonspection.

Qui peut croire en effet que ces deux États vont réfréner leurs ardeurs ?

Et pourtant, c'est bien une annonce de ce genre qui vient d'avoir lieu à l'issue d'une rencontre entre le secrétaire d'État d'américain et son homologue chinois. Selon les extraits du discours de John Kerry rapportés par ZDNet, les deux nations ont convenu de la nécessité d'adopter un code de bonne conduite dans le domaine informatique, dont les contours restent à préciser.

"Les États-Unis et la Chine devraient travailler conjointement pour développer et mettre en place une vision commune sur le comportement approprié d'un État dans le cyberespace. Et je suis ravi de dire que la Chine a convenu que nous devrions travailler ensemble pour aboutir à un code de conduite concernant les activités étatiques sur le plan cyber", a-t-il déclaré.

Il est admis que la Chine et les USA se livrent une bataille sans merci sur Internet. Il y a deux ans, l'Empire du Milieu s'était par exemple posé en victime en accusant l'Amérique d'avoir lancé des cyberattaques à son encontre. À l'inverse, la Chine est aussi suspectée d'avoir mené des opérations de très haute volée en 2003 (Titan Rain) et 2009 (Aurora) contre des firmes américaines, comme Microsoft.

Déjà en 2013, les deux pays avaient affiché leur volonté de se rapprocher pour coopérer dans le domaine de la cyberdéfense. Il faut croire que le dialogue instauré à l'époque n'a pas permis d'encadrer l'activité électronique des deux puissances. Un code de bonne conduite, à supposer qu'il finisse par voir le jour, aura-t-il une quelconque incidence sur le rapport de force entre les deux pays ? On peut raisonnablement en douter.

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