Le gendarme des télécoms a procédé à la mise à jour de son observatoire sur la couverture des services mobiles 2G, 3G et 4G en France métropolitaine. Basées sur des données collectées fin 2014, les statistiques portent sur les taux de couverture de la population et du territoire.

Où en est le déploiement des services 2G, 3G et 4G en France ? Pour le savoir, l'autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) a conduit une nouvelle enquête sur le terrain afin de déterminer précisément les taux et cartes de couverture des quatre principaux opérateurs (Orange, SFR, Bouygues Telecom, Free Mobile) sur le sol métropolitain.

Cet observatoire fait suite à une première étude qui a lieu en juillet 2014. Jugeant nécessaire de mettre à jour les informations obtenues alors, le gendarme des télécoms a mené une nouvelle vérification fin 2014. Les indicateurs de couverture 3G et 4G de chacun des quatre opérateurs mobiles, en pourcentage de la population et en pourcentage du territoire, sont donc valides au 31 décembre 2014.

Que ressort-il de la nouvelle investigation de l'ARCEP ?

RÉSEAU 2G

Pour le réseau 2G, l'ARCEP n'a pas procédé à l'actualisation des données en sa possession. Ce sont donc les mesures datant de fin 2013 qui sont présentées au public. Cela étant dit, les taux de couverture pour le territoire et la population sont déjà très élevés. À noter qu'un plan spécifique est au programme, ce qui permettra, normalement, d'atteindre 100 % des communes fin 2016.

À la fin 2013, Orange assurait une couverture 2G de 99,9 % de la population vivant en France métropolitaine et de 97,3 % du territoire. Pour SFR, les taux de l'époque sont respectivement de 99,7 % et 94,8 %. Du côté de Free Mobile, le service 2G (assuré partiellement par Orange) atteint 99,7 % de la population et 96,8 % du territoire. Enfin, Bouygues affiche les taux de 99,1 % et 89,8 %.

Aux yeux de l'ARCEP, "les cartes 2G des opérateurs, après vérification […], présentent un bon niveau de fiabilité, même si quelques incohérences très localisées subsistent". Idem pour les cartes 3G mis à disposition des opérateurs. La 3G fera d'ailleurs aussi l'objet d'un plan spécial dont l'objectif d'atteindre 100 % des communes d'ici la mi-2017.

RÉSEAU 3G

Concernant le réseau 3G, il n'y a pratiquement pas eu de progrès pour les quatre opérateurs entre fin 2013 et fin 2014. Les statistiques sur la couverture de la population restent inchangées pour Orange et SFR (avec un taux de 99 %) et ont à peine progressé pour Bouygues (passant de 96,5 à 97 %). Seule ombre au tableau, Free Mobile : sa couverture marque un très léger recul (de 98,5 à 98 %).

Ce retrait se retrouve, de façon plus marquée, à propos de la couverture du territoire. En effet, le taux de Free Mobile chute de quatre points, passant de 86 à 82 %. Pour les trois autres opérateurs, l'ARCEP note une très légère amélioration. Orange passe de 90 à 91 %, SFR de 91 à 92 % et Bouygues de 79 à 80 %. C'est toujours mieux que rien, même si c'est dérisoire.

L'ARCEP n'explique pas la baisse de couverture enregistrée par Free Mobile sur la 3G. En revanche, le gendarme des télécoms rappelle que les données pour les quatre opérateurs incluent aussi les "accords de mutualisation et d'itinérance passés avec d'autres opérateurs" afin que les informations soient représentatives du service qui est effectivement délivré aux mobinautes.

RÉSEAU 4G

Pour la 4G, les taux constatés par l'ARCEP sont évidemment beaucoup moins élevés du fait du déploiement en cours de l'Internet mobile en très haut débit. Concernant la couverture de la population, les contrôles de l'ARCEP montrent une progression chez les quatre opérateurs entre fin 2013 et 2014 : Orange passe de 66 à 72 %, Bouygues de 70 à 71 %, SFR de 30 à 53 % et Free Mobile de 24 à 33 %.

Pour ce qui est de la couverture du territoire, les statistiques sont moins brillantes : l'on voit ici que la stratégie consiste à orienter les efforts sur les grands centres urbains, là où se concentre la population. Ainsi, Orange couvre 22 % du territoire (contre 18 % fin 2013), Bouygues atteint 23 % (contre 22 % il y a un an), SFR se situe à 14 % (contre 1,7 % l'an dernier) et Free est à 3 % (contre 1,5 %).

Les taux 4G que revendiquent les opérateurs pour la population, en particulier Orange et Bouygues, sont donc conformes à la réalité. Les deux groupes ont une "avance significative" sur SFR et Free, même si des réels progrès ont été accomplis. L'ARCEP note que, dans le cas de SFR, la hausse "est en partie le reflet de l’itinérance que SFR offre à ses clients sur une partie du réseau 4G de Bouygues".

Avec cet observatoire, l'on peut voir que la priorité est donnée aux zones densément peuplées comme l'Île-de-France, l'agglomération de Lyon ou encore la côte méditerranéenne. L'ARCEP met toutefois en garde : les opérateurs ont en effet l'obligation de couvrir d’ici 18 mois (janvier 2017) 40 % de la population des zones peu denses. C'est inscrit dans leurs autorisations.

"Les déploiements 4G à réaliser restent néanmoins importants, puisque près de 70 % du territoire n’est pas encore couvert, et qu’environ 20 % de la population n’a pas accès à la 4G, par quelque opérateur que ce soit", ajoute l'ARCEP. Et cela s'ajoute aux efforts que doivent encore accomplir Orange, SFR, Bouygues et Free Mobile pour en finir avec les zones blanches pour les services 2G et 3G.

Pour consulter les cartes de France en haute définition, rendez-vous sur le site de l'ARCEP. Vous pouvez aussi connaître le détail par département en cliquant sur ce fichier (.xlsx).

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