Le ministre du numérique estime que l'heure n'est pas à la consolidation mais à l'investissement dans les télécoms. Un retour à trois opérateurs risquerait de nuire aux projets d'investissement dans la 4G et la fibre optique, juge-t-il.

Il ne serait pas du tout dans l'intérêt du secteur des télécommunications de revenir à un modèle à trois opérateurs. Tel est le message qu'a voulu faire passer Emmanuel Macron lors d'un entretien accordé aux Échos vendredi. Pour le ministre de l'économie, de l'industrie et du numérique, les quatre opérateurs français (Orange, SFR-Numericable, Free et Bouygues) "ont chacun leur place".

Alors que l'hypothèse d'une consolidation du marché des télécoms en France revient souvent dans l'actualité, Emmanuel Macron met en garde : le passage de quatre à trois opérateurs risque de nuire à la vitalité du secteur. "La concentration, c’est moins d’équipements, moins de réseaux et moins d’emplois", prévient-il. "Le secteur a atteint un point d’équilibre".

Le ministre ajoute qu'une potentielle consolidation serait en fait nuisible aux investissements actuels car elle provoquerait un gel des projets. Or ce n'est pas le moment : "le secteur est aujourd'hui animé par quatre opérateurs qui se sont engagés dans un mouvement général de modernisation de leurs infrastructures, sur la 4G et sur la fibre". Pas question, donc, de casser cet élan.

Actuellement, deux scénarios ressortent lorsque l'on parle de consolidation dans les télécoms : le premier d'entre eux implique Free et Bouygues (des discussions ont eu lieu au cours du premier semestre 2014). Le second concerne Orange et Bouygues (l'opérateur est allé jusqu'à mandater des banques pour évaluer une telle acquisition, qui n'a finalement jamais eu lieu).

Depuis, Bouygues a réaffirmé sa volonté d'assurer un avenir "autonome" lors d'un comité central d'entreprise.

Sur la perspective d'une consolidation du marché des télécoms, Emmanuel Macron n'est pas le seul à afficher son hostilité. L'an dernier, l'autorité de la concurrence a également montré son désaccord, expliquant qu'il valait mieux réfléchir à d'autres solutions (comme la mutualisation des réseaux) avant d'envisager une concentration du secteur.

( photo : CC BY LeWeb )

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