C'est fini pour Grooveshark. Le service de musique en ligne ferme ses portes, après plusieurs années de bataille judiciaire avec les maisons de disques. Les fondateurs de la plateforme présentent leurs excuses et font part de leurs erreurs. Un accord a été trouvé avec les majors.

L'histoire s'arrête là pour Grooveshark. Après plus de sept ans d'activité, le service d'écoute de musique en ligne a préféré jeter l'éponge cette semaine plutôt que de continuer à se confronter à l'industrie musicale. Dans un message d'adieu, les fondateurs de la plateforme indiquent qu'un arrangement a même été trouvé avec les maisons de disques.

"Dans le cadre d'un règlement à l'amiable avec les majors de l'industrie du disque, nous avons accepté de cesser nos activités immédiatement, d'effacer toutes les œuvres protégées par des droits d'auteur encore en notre possession, de renoncer à la propriété du site, de nos applications mobiles et de notre propriété intellectuelle, incluant nos brevets et nos droits d'auteur", lit-on sur le site officiel.

De son côté, la RIAA (Recording Industry Association of America), une association qui défend les intérêts des majors du disque aux USA, s'est félicitée du dénouement de l'affaire, d'autant que le message de Grooveshark contient des excuses ainsi que la reconnaissance par les propriétaires du service que celui-ci permettait d'enfreindre le droit d'auteur.

Il est précisé que les auteurs de Grooveshark s'exposeront à de fortes pénalités financières s'ils ne respectent pas l'accord qui a été conclu.

L’ÉPILOGUE D'UNE LONGUE BATAILLE JUDICIAIRE

Avec un procès perdu en septembre 2014, au cours duquel la culpabilité de Grooveshark a été établie, et la perspective de devoir verser des dommages et intérêts considérables aux parties civiles (dans le pire des scénarios, le montant le plus élevé pourrait atteindre plus de 700 millions de dollars si le maximum est retenu pour chaque infraction), l'avenir de Grooveshark était scellé.

À l'origine, la plateforme a débuté en tant que réseau pair à pair (P2P) qui rémunérait ceux qui téléversaient des fichiers MP3. Afin de ne pas s'attirer les foudres des ayants droit, un mécanisme de rémunération avait aussi été mis en place. Par la suite, Grooveshark a évolué pour devenir un site de streaming plus classique, sans toutefois parvenir à s'entendre avec les majors.

Au cours du bras de fer opposant le service aux ayants droit, Google a finalement accepté de ne plus suggérer le nom de la plateforme dans ses propositions de saisie semi-automatique (elle n'apparaît plus non plus dans les résultats classiques). De son côté, Facebook a aussi pris des dispositions similaires pour éviter d'apparaître comme complice ou d'être suspecté de passivité face au piratage.

En guise de conclusion, Grooveshark suggère à son public de passer sur des plateformes plus respectueuses du droit d'auteur. Plusieurs services sont mentionnés : Spotify, Deezer, Google Play, Beats Music, Rhapsody et Rdio.

( photo : CC BY-NC-ND vrogy )

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