Le service Eu.org prendra ses responsabilités face au projet de loi sur le renseignement. L'association annonce qu'elle déménagera ses serveurs à l'étranger pour échapper à la surveillance légale et systématique du trafic Internet.

À la suite de l'examen du projet de loi sur le renseignement, qui s'est achevé à l'Assemblée nationale, l'hébergeur français Altern.org a fait savoir son intention de quitter le pays dès que possible, pour ne surtout pas avoir à installer les fameuses "boîtes noires" dont la mission sera de détecter les comportements suspects par des algorithmes. Maintenant, c'est au tour du service Eu.org de faire ses valises.

Dans un message publié vendredi, l'association déclare qu'elle "procèdera au déménagement de tous ses serveurs de noms hors de France" du fait de l'inaction de la représentation nationale face à la mise en place d'une "surveillance légale systématique du trafic Internet par les services de renseignement français, dans des conditions d'opacité complète, sous la seule responsabilité de l'exécutif, sans contre-pouvoir".

Eu.org n'a pas encore décidé le pays qui accueillera ses serveurs, mais il devrait s'agir d'un État européen. Quoiqu'il en soit, l'association tient a mettre ses actes en conformité avec ses paroles. "Eu.org ne peut moralement laisser en toute connaissance de cause le trafic de ses utilisateurs […] et, par ricochet, le trafic d'accès de leurs propres utilisateurs, exposé à de telles écoutes".

La position affichée par Altern.org et Eu.org tranche en tout cas avec celle affichée par les hébergeurs de plus grande envergure, qui ont brandi pendant un temps la menace d'un exil à l'étranger sans pour autant oser la mettre à exécution, estimant que le gouvernement a donné des garanties quant à l'utilisation des boîtes noires.

( photo : CC BY reverses )

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