La découverte d'un blog, baptisé Vengeance, a alarmé un syndicat de policiers. En effet, celui-ci fiche des policiers et des gardiens de prison, en publiant en plus des coordonnées et des photos de famille. Le ministère de l'Intérieur a été alerté et des services spécialisés ont été saisis.

C'est un site qui n'est pas sans rappeler CopWatch Nord-IDF, mais dont le véritable objectif est manifestement très différent du simple contrôle de la police par des citoyens. Ces jours-ci, il a été découvert l'existence d'un blog – baptisé "Vengeance" – dans lequel sont regroupées des informations personnelles sur des policiers et des gardiens de prison travaillant dans les environs de Rennes.

Ce blog contient, selon Europe 1, des photos de famille et des adresses personnelles d'agents de police, qui ont été vraisemblablement obtenues via les réseaux sociaux (en particulier Facebook). Il n'en fallait pas moins pour qu'un syndicat de la police nationale, Unité-police SGP-FO, dénonce l'existence de cette plateforme et alerte les autorités.

Alertée par un courrier, la direction générale de la police nationale a d'ores et déjà saisi des services spécialisés de lutte contre la cybercriminalité de la direction centrale de la police judiciaire, précise France 3 Bretagne. En parallèle, le ministère de l'Intérieur a aussi été prévenu en vue d'obtenir la fermeture du blog et l'identification de leurs responsables afin de les poursuivre en justice.

UNE LOGIQUE A PRIORI DIFFÉRENTE DE COPWATCH

Visiblement, ce blog n'a rien à voir avec une initiative comme CopWatch.

Bien qu'elle ait été aussi accusée de violer la vie privée et l'honneur des policiers qui y sont fichés, celle-ci vise à organiser une surveillance citoyenne de l'action des agents de police sur la voie publique afin de prévenir toute violence. Des appareils photos et des caméras sont notamment employés, afin de pouvoir conserver une trace en cas de dérapage. Il n'est aucunement question de vengeance.

Le blog, en optant pour un nom très significatif et en diffusant des données qui n'ont rien à voir avec une logique de contrôle citoyen, paraît plutôt chercher à encourager des représailles contre les forces de l'ordre. Or en la matière, le code pénal prévoit des sanctions qui peuvent s'avérer très lourdes (article 433-3) en cas de menace sur une personne dépositaire de l'autorité publique ou sur un proche.

L'USAGE DES RÉSEAUX SOCIAUX

Cette affaire pose également la question de la connaissance des bonnes pratiques des personnes dépositaires de l'autorité publique en matière d'Internet. Du fait de leur mission très particulière, celles-ci doivent prendre garde aux éléments qu'ils publient en ligne et vérifier scrupuleusement les réglages de confidentialité des sites sur lesquels ils sont inscrits.

On se souvient qu'en 2010, la direction de la police nationale avait demandé aux policiers de respecter scrupuleusement leurs obligations déontologiques et à faire preuve de retenue sur les réseaux sociaux, notamment pour ceux ayant accès à des informations sensibles.

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