Le PDG de Google, Eric Schmidt, se rend aujourd'hui à Bruxelles pour rencontrer la commissaire en charge de la concurrence, Margrethe Vestager. Les discussions porteront bien sûr principalement sur la procédure antitrust ouverte depuis 2010.

Une sanction finira-t-elle enfin par tomber ? Après bientôt cinq ans d'enquête pour abus de position dominante ouverte en novembre 2010, la Commission Européenne n'est toujours pas parvenue à imposer à Google le moindre changement de comportement sur la façon dont la firme de Mountain View écarte les services concurrents du haut de ses résultats de moteurs de recherche, pour privilégier la croissance de ses propres services verticaux (Maps, News, Shopping, Flights,…).

Google a été accusé de faire traîner la procédure et d'avoir profité du laxisme du précédent commissaire européen à la concurrence, Manuel Almunia, qui avait négocié un accord jugé inacceptable dont les termes étaient très fortement favorables à Google. Mais les choses semblent prendre un autre rythme et une autre tournure depuis que le groupe allemand Axel Springer est entré dans la danse et qu'une coalition d'entreprises européennes s'est nouée pour faire pression sur Bruxelles.

Selon l'ICOMP, qui représente 1700 entreprises, le président de Google Eric Schmidt aurait été par la commissaire européen Margrethe Vestager, qui enchaîne les rendez-vous sur ce dossier depuis le début de l'année. Le rendez-vous, qui avait déjà fuité dans la presse la semaine dernière, aurait lieu dès ce lundi. "Les enjeux soulevés lors de nos enquêtes ont un impact très important sur de nombreux tiers, et sont multiples et complexes. Je vais donc avoir besoin de temps pour décider des prochaines étapes", avait prévenu Margrethe Vestager lors de son audition par le Parlement européen en novembre 2014.

VERS UNE PROCÉDURE CONTENTIEUSE ?

Selon le lobby, Google contesterait désormais ouvertement le fait même qu'il soit en position dominante, malgré ses plus de 90 % de parts de marché en Europe. La firme refuse de se laisser enfermer sur le seul marché des moteurs de recherche, et estime notamment que Facebook ou Twitter constituent également une concurrence à prendre en compte (c'est toute la difficulté de déterminer le "marché pertinent" au regard des lois antitrust). C'est sur cette incertitude juridique que Google joue pour tenter d'arracher un accord a minima avec la Commission européenne, les fonctionnaires ne voulant surtout pas prendre le risque d'un échec en cas de procédure contentieuse.

Si toutefois une telle procédure voyait le jour, Google pourrait être condamné très lourdement, les textes prévoyant une peine jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires annuel.

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