Alors que l'accord d'itinérance entre Free Mobile et Orange s'arrêtera en 2018, l'ARCEP juge qu'il faut dès à présent commencer à préparer le "sevrage" du nouvel entrant pour qu'il utilise davantage son réseau et se sépare peu à peu de l'opérateur historique.

Depuis le 3 mars 2011, un accord d'itinérance nationale lie Free et Orange. Grâce à celui-ci, Free a été en mesure de vendre très rapidement des offres de téléphonie mobile (dès le début de l'année 2012) alors même qu'il ne disposait pas encore de son propre réseau. Dans les faits, Free utilise les infrastructures de son partenaire pour faire circuler les communications de ses clients.

Mais cet accord d'itinérance nationale n'a pas vocation à durer éternellement. Quand il a été mis en place, c'est-à-dire lorsque Free a été capable d'assurer seul la couverture de 25 % de la population française vivant en métropole, une échéance a été fixée afin de pousser le nouvel entrant à déployer sans tarder ses propres antennes-relais sur tout le territoire.

Officiellement, l'accord d'itinérance nationale doit prendre fin en 2018. À cette date, Free devra être en mesure de couvrir lui-même au moins 90 % de la population. D'ici là, l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), a souhaité faire des contrôles intermédiaires pour suivre le déploiement du réseau Free. Une vérification est d'ailleurs en cours.

A priori, Free respecte le calendrier imposé. Il serait d'ores et déjà en mesure de couvrir seul 75 % de la population vivant en France métropolitaine. Cependant, le nouveau président de l'ARCEP, Sébastien Soriano, se demande si le trublion des télécoms n'est pas trop dépendant des infrastructures de l'opérateur historique pour acheminer ses télécommunications.

Dans un entretien accordé au Figaro, une mise en garde sur l'itinérance a été formulée : "Si l'itinérance se transforme en drogue de substitution, ce n'est pas bon. Il faut organiser le sevrage. Pour aller vers un modèle où, en zone dense, chacun a son réseau et, en zone moins dense, les réseaux sont mutualisés". Car il faut dès maintenant préparer la fin de cette assistance.

"Nous commencerons le dialogue avec les acteurs pour organiser la fin de l'itinérance. Nous n'avons pas d'a priori sur le calendrier : il sera exigeant mais cohérent avec la faisabilité sur le terrain", ajoute-t-il.

Sébastien Soriano s'inscrit en fait dans la ligne exprimée par l'autorité il y a quelques mois déjà. En vue de préparer le moment où l'itinérance de Free par Orange prendra fin, l'ARCEP est favorable à une  "extinction progressive de l'itinérance nationale", au moins pour la 3G, pour que Free commence à se débrouiller par lui-même et devienne un opérateur totalement indépendant.

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