Traditionnellement, il est de coutume d'opposer réseaux centralisés et réseaux décentralisés. Napster, en figure de proue des serveurs centraux, en a subi les conséquences tandis que les créateurs de FastTrack étaient fiers d'annoncer que leur réseau, sur lequel s'appuye entre autres Kazaa, est décentralisé. Cette affirmation est aujourd'hui largement mise en doute, ce qui pourrait être lourd de conséquence à la veille du procès qui les oppose à la RIAA.

Selon nos confrères de Zeropaid, les développeurs de FastTrack se seraient aux-mêmes trahis en décrivant un protocole proche de celui décrit par la RIAA et giFT.

Très prévoyants sur d’éventuelles actions juridiques, les créateurs hollandais de FastTrack ont toujours tenté de brouiller les pistes en créant sans cesse de nouvelles sociétés. Janus Friis et Niklas Zennström ont ainsi récemment vendu leur technologie sous le nom de Blastoise Ltd, et parallèlement sous celui de Joltid. Ainsi peut-on lire sur le site officiel de Joltid que « Joltid a été fondé par Niklas Zennström (un fondateur de Kazaa/FastTrack) pour apporter la puissance de la distribution de contenus par peer-to-peer aux entreprises« .

Et c’est bien sur ce dernier site que le fonctionnement du protocole a été mis à jour. Quatre éléments seraient ainsi nécessaires : un serveur originaire, des serveurs « Network Managers », des supernodes, et des clients.
Le problème vient des Network Managers dont le rôle est de gérer les supernodes ; les supernodes (parfois appelés ultrapeers) étant des clients évolués, désignés dynamiquement pour gérer des charges particulières comme le traitement des requêtes client. D’ordinaire, les supernodes sont autonomes, mais selon les indications apportées par cette page, ceux de FastTrack nécessitent des serveurs centraux pour être organisés (les Network Managers…).

Ainsi selon Zeropaid, en supprimant ces Network Managers, l’ensemble du réseau serait paralysé. De notre côté, nous pensons toutefois que cette supression n’aurait pas un effet aussi radical, mais ralentirait de façon drastique la rapidité et l’efficacité du réseau. Les clients n’étant pas normallement entièrement dépendants des supernodes qui sont traditionnement là pour alléger les charges des clients les moins puissants.

Cependant, il est vrai qu’en quittant FastTrack, Morpheus était devenu inutilisable, preuve sans doute que le réseau peut-être contrôlable, contrairement aux affirmations de Niklas Zennström.

S’il était vérifié qu’en effet, le réseau FastTrack est dépendant d’un certain nombre de serveurs centraux, l’avenir de Kazaa, Grokster et iMesh pourrait être pour le moins incertain. Alors qu’on attend une jurisprudence favorable aux réseaux décentralisés, celle-ci pourrait être encore repoussée, et les clients FastTrack pourraient rejoindre Napster au cimetière des technologies P2P.

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