Face à la tentation de partir faire le jihad en Syrie et en Irak, le gouvernement lance le site Stop-Djihadisme. L'objectif ? Montrer aux candidats aux départs qu'ils poursuivent une chimère et fournir de l'aide aux proches d'une personne en voie de radicalisation.

Dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, l'une des stratégies du gouvernement consiste à agir sur le plan idéologique afin d'empêcher l'embrigadement des jeunes. Dans ce cadre, une réflexion est en cours au niveau européen pour mettre sur pied une contre-propagande sur Internet afin de dissuader les éventuels candidats tentés par le jihad en Syrie ou en Irak.

Alors qu'une réunion informelle doit avoir lieu d'ici la fin de la semaine entre les ministres européens de l'intérieur et de la justice, afin de préparer la réunion des chefs d'État et de gouvernement qui doit avoir lieu à la mi-février pour décider des mesures à prendre pour agir sur les réseaux sociaux, la France a décidé de lancer dès aujourd'hui un site web pour "agir contre la menace terroriste".

UN CONTRE-ARGUMENTAIRE EN VIDÉO

Composée de quatre grandes sections, cette nouvelle plateforme, baptisée "Stop-Djihadisme", accueille les internautes avec une vidéo qui se lance automatiquement. Celle-ci met en scène un internaute qui manifesterait sur Facebook sa préoccupation au regard de la situation en Irak et en Syrie, avant d'être contacté par un ami qui l'orienterait vers la voie du jihad.

Une fois cette séquence passée, la vidéo présente les principaux "arguments" qui semblent faire mouche auprès des candidats au départ. "Ils te disent : sacrifie-toi à nos côtés, tu défendras une juste cause". Réponse du gouvernement, qui accompagne son propos avec des vidéos qui se veulent marquantes : "en réalité, tu découvriras l'enfer sur Terre et mourras seul, loin de chez toi".

ASSISTER LES PROCHES

Le site, s'il cherche à s'adresser à ceux sur le point de partir, vise aussi à assister leurs proches qui peuvent se sentir démunis et seuls. Un numéro vert est constamment affiché sur le site et une rubrique "besoin d'aide" est là pour permettre aux particuliers d'avoir de l'aide, en signalant par exemple l'embrigadement d'un jeune.

Dans les cas les plus graves, par exemple un départ imminent au Proche-Orient, il est possible de s'opposer à la sortie du territoire de l'enfant mineur en s'adressant sans délai au commissariat de police ou à la brigade de gendarmerie la plus proche.

Quant aux contenus faisant l’apologie du terrorisme, le site rappelle l'existence du portail Internet-Signalement pour notifier aux autorités la présence d'un contenu illicite en ligne.

LE DÉROULEMENT D'UN EMBRIGADEMENT

Les situations individuelles pouvant être diverses, la section "Décrypter la propagande djihadiste" ne donne pas d'exemple particulier permettant d'illustrer ce que constitue un embrigadement. Le gouvernement pointe en revanche les moyens pour y parvenir, via des techniques de manipulation (théories du complot, l'être élu, isolement du jeune…), et les canaux qui sont utilisés.

Sont ainsi utilisés les sites web, les forums, les services de messagerie directe, les plateformes d'hébergement de vidéos "et même des sites de rencontres pour célibataires". Les réseaux sociaux sont également employés, essentiellement pour diffuser l'idéologie djihadiste entre proches. Ceux qui sont séduits sont ensuite redirigés vers des sites beaucoup plus discrets.

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