Travis Kalanick, qui rêve de remplacer les chauffeurs de taxis et de VTC par des voitures autonomes pilotées par une intelligence artificielle, promet en attendant de créer jusqu'à 50 000 emplois en Europe dès 2015, si les obstacles réglementaires sont levés.

Supprimez les régulations qui nous empêchent de travailler, et nous participerons fortement à la relance de l'emploi en Europe et à l'amélioration des villes. C'est le message qu'est venu adresser ce week-end le patron d'Uber, Travis Kalanick, lors d'une présentation réalisée pour la conférence Digital-Life-Design (DLD) à Munich. L'entreprise fait face actuellement à d'importantes résistances générées par les mouvements de grève des taxis et a déjà été bannie dans plusieurs pays ou plusieurs villes du monde, ce qui l'incite à multiplier désormais ses opérations de lobbying.

En Europe, Uber doit combattre la plainte déposée par les autorités régionales de Bruxelles, qui estiment que le service de VTC ne respecte pas la législation belge. En Espagne comme en France, c'est le service de transports entre particuliers d'Uber, UberPOP qui a été jugé illégal, et des obstacles réglementaires et judiciaires se dressent notamment aux Pays-Bas, en Allemagne, au Danemark ou en Norvège.

La mission de Kalanick est donc de convaincre le plus grand nombre de l'intérêt social d'Uber. Le fondateur du service a affirmé que l'entreprise pourrait créer dès 2015 l'équivalent de 50 000 emplois à temps plein dans toute l'Europe, si les obstacles étaient levés, et si les mairies acceptaient de collaborer. Kalanick a pris l'exemple de Paris pour montrer la complémentarité des offres d'Uber avec les transports collectifs, mais sans avoir un seul mot pour les taxis avec lesquels il est en concurrence frontale.

CRÉER BEAUCOUP D'EMPLOIS DE FUTURS CHÔMEURS

"A Paris, le métro est bien sûr partout. Mais 15 % de l'ensemble de nos courses, que ce soit pour prendre ou déposer (le client), sont à plus d'un kilomètre de là où où le métro s'arrête", a-t-il ainsi expliqué. Aujourd'hui, "nous pouvons aller voir n'importe quel maire, dans n'importe quelle ville. Nous pouvons lui dire "écoutez, si nous trouvons un moyen de faire un partenariat, de trouver un cadre réglementaire qui fonctionne, nous pouvons vous promettre 10 000 emplois en quatre ans (…). Nous parlons aussi de réduction de la congestion, d'une pression réduite sur les places de parking,  plus d'efficacité pour vos options existantes de transport massif…". Nous arrivons à ce point d'inflexion, où l'impact que nous apportons aux villes est énorme, et nous avons des preuves que nous pouvons montrer à ces maires".

Depuis son lancement en 2010, Uber dit avoir créé l'équivalent de 7500 emplois à temps-plein à San Francisco avec 1,6 millions d'usagers, 13 750 emplois à New York, 10 000 emplois à Londres, et 3 750 emplois à Paris, où 500 000 clients seraient utilisateurs des services Uber.

Mais n'oublions pas qu'à long terme, la vision très sérieuse d'Uber et de son actionnaire Google est de supprimer les emplois de chauffeurs pour les remplacer par des robots qui seront la propriété d'Uber, et ainsi ne plus avoir à payer les millions de dollars de commissions qu'il reverse chaque année aux conducteurs des voitures.

La création d'emplois de chauffeurs n'est actuellement qu'une nécessité industrielle dont Travis Kalanick espère bien pouvoir se passer au plus vite. "La raison pour laquelle Uber peut coûter cher c'est que vous payez pour l'autre gars dans la voiture. Quand il n'y a plus d'autre gars dans la voiture, le coût pour prendre un Uber est plus faible", s'était-il réjoui l'an dernier.

C'est aussi pour ces raisons que l'intelligence artificielle qui permet la création des voitures autonomes de Google doit nécessairement s'accompagner d'un débat sociétal et d'une prise de conscience de la nécessité de revoir l'économie.

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