Les smartphones devenant de plus en plus puissants, pourquoi ne pas les mettre à contribution pour faire avancer la recherche ? C'est ce que propose de faire Sony, avec une application mobile qui permet de participer au calcul distribué Folding@Home.

Connaissez-vous Folding@Home ? Il s'agit d'un projet de l'université de Stanford lancé en 2000 dont le but est de faire progresser la recherche sur certaines maladies très graves, comme Alzheimer et Huntington. Précisément, Folding@Home étudie le repliement des protéines dans diverses situations de température et de pression, en vue d'élaborer de nouveaux traitements.

Pour cela, le programme repose sur le principe du calcul distribué : au lieu de confier la tâche à un supercalculateur très onéreux, celle-ci est répartie entre les volontaires qui mettent à disposition leur ordinateur personnel. L'opération est alors transparente. L'usager peut utiliser sa machine sans souci, puisque l'opération se déroule lorsque le PC (son CPU / GPU en tout cas) est inutilisé.

Disponible sur Windows, Mac OS et Linux, le logiciel pour participer à la recherche a aussi été développé pour la PlayStation 3 afin de profiter de la machine. Une initiative judicieuse, puisqu'elle a donné un coup de fouet à la recherche en augmentant significativement la puissance de calcul disponible. En 2008, Sony recensait un million de participants à Folding@Home via la PS3.

Manifestement satisfait de sa participation au programme, Sony veut désormais aller plus loin. Comme le pointe 01 Net, la société japonaise a annoncé cette semaine la mise à disposition d'une application mobile pour smartphone. Comme avec un ordinateur ou la PS3, celle-ci vise à exploiter les capacités des téléphones, dont les performances ne cessent de croître au fil des ans.

Selon les estimations de Sony, un smartphone de type Xperia offre une performance de 30 gigaflops. Avec 5000 smartphones, Sony estime que le nombre d'opérations à virgule flottante par seconde passe à 150 téraflops. Et avec 100 000 smartphones, il faut s'attendre à une puissance de calcul de 2 pétaflops.

"Sony et l'université de Stanford garantissent l'absence de risques pour la sécurité liés à ce service. Nous n'accédons pas ou n'utilisons pas la mémoire interne/externe du téléphone, les données des applications ni les fonctions. Seulement votre puissance de calcul et votre connexion Wi-Fi, c'est tout ce dont nous avons besoin", précisent les deux partenaires.

Quant à savoir si le projet aura un effet négatif sur l'autonomie du téléphone et / ou sur la consommation de données, pas d'inquiétude : pour contribuer, le mobile doit être branché sur le secteur et être complétement chargé. Il doit également être connecté en WiFi. L'usager peut enfin déterminer à quel moment le téléphone doit participer à l'effort général.

Pour l'heure, l'application mobile Folding@Home est en version beta. Son intérêt est par ailleurs relativement limité puisqu'elle ne fonctionne que sur certains téléphones commercialisés par Sony (série Xperia Z, Xperia T3, T2 Ultra, M2 Aqua et C3). La firme japonaise prévoit toutefois de la rendre compatible avec tous les smartphones capables d'accueillir la version 4.4 d'Android (KitKat).

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