Le directeur général d'Orange, Stéphane Richard, regrette que la procédure d'attribution des blocs de la bande des 700 MHz survienne si vite. Si ces fréquences intéressent le secteur des télécoms, elles ne seront réellement utiles que dans plusieurs années.

Orange est contrarié. À l'occasion de la présentation de ses vœux, le PDG de l'opérateur n'a pas caché son mécontentement à l'idée de devoir débourser plusieurs centaines de millions d'euros pour acheter de nouvelles fréquences dont il n'aura pas immédiatement l'utilité. À ses yeux, la procédure d'attribution des blocs de la bande des 700 MHz survient beaucoup trop tôt par rapport aux besoins du secteur.

"Comme le reste de l'industrie, on dit que nous n'en avons pas besoin immédiatement. On va devoir une nouvelle fois être les banquiers de l'État car on ne pourra pas utiliser ces fréquences avant plusieurs années", a déclaré Stéphane Richard, dans des propos rapportés par ZDNet. Celles-ci deviendront en effet nécessaires aux alentours de 2020, lorsque les usages dans le mobile requerront plus de ressources.

Cela dit , Orange participera à la mise aux enchères qui doit avoir lieu en fin d'année. "Après, nous sommes satisfaits qu'elles soient dévolues aux télécoms car on a besoin de ces fréquences. Le calendrier est prématuré mais on fera avec. On verra qui a les moyens de faire un gros chèque", a-t-il poursuivi, taclant au passage ses concurrents dont les reins financiers sont moins solides que ceux de l'opérateur historique.

UN CALENDRIER DIVERSEMENT ACCUEILLI

Ce n'est pas la première fois qu'Orange critique la procédure d'attribution des blocs de la bande des 700 MHz. L'automne dernier, Delphine Ernotte-Cunci, la directrice générale du groupe pour la France, expliquait que les fréquences actuelles, qui ont été acquises il y a quelques années à peine, "sont largement suffisantes pour les dix prochaines années".

En 2011, Orange a obtenu un bloc 20 MHz duplex pour 287 millions d'euros dans la bande 2,6 GHz et un bloc 10 MHz duplex pour 891 millions d'euros dans la bande 800 MHz, soit un total supérieur à 1,17 milliard d'euros. L'acquisition de fréquences dans la bande 700 MHz nécessitera là encore de dépenser d'importantes sommes.

Quoiqu'il en soit, le calendrier retenu par le gouvernement divise. Du côté des opérateurs, Free est impatient d'acquérir des fréquences en 700 MHz. Il faut dire que celui-ci n'a pas de fréquences dans la bande 800 MHz contrairement à ses trois principaux concurrents. Côté politique, l'opposition souhaite un report des enchères, jugeant les orientations de l'exécutif ni réalistes ni souhaitables.

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