Après de multiples péripéties, The Interview est finalement sorti au cinéma en Amérique du Nord. Dans la foulée, il a aussi été publié sur les plateformes légales, comme YouTube. Et comme l'on pouvait s'y attendre, le film a été piraté peu de temps après, avant de se propager très vite sur les sites de téléchargement illicite.

Il fallait s'y attendre. Le film The Interview, qui met en scène les acteurs James Franco et Seth Rogen dans le rôle de deux présentateurs TV chargés par la CIA d'abattre Kim Jong-un sur le sol nord-coréen, rencontre un grand succès sur les sites de liens BitTorrent et les plateformes de téléchargement direct depuis qu'il a été piraté, suite à sa mise en ligne sur YouTube le 24 décembre.

Vingt-quatre heures après sa publication, le long-métrage a déjà été récupéré plus de 750 000 fois, selon les statistiques de Torrentfreak. Au moment de leur dernier relevé, nos confrères ont noté que le film était partagé par plusieurs dizaines de milliers d'internautes en même temps. Mais depuis, ça a évolué. Variety évoque par exemple plus 900 000 téléchargements.

De leur côté, les internautes francophones ne sont pas en reste. Selon nos constatations, des copies du film sont proposées sur divers sites comme T411 ou Smartorrent, pour ne citer que deux exemples. Sur Zone Téléchargement, plusieurs hébergeurs spécialisés (Uptobox, Uplea, 1Fichier, Uploaded, Rapidgator, Turbobit) ont été utilisés par les internautes pour le mettre en ligne.

Les traducteurs officiant dans les équipes de fansub, c'est-à-dire ceux qui se chargent de produire bénévolement des sous-titres pour des films et ou des séries télévisées, n'ont pas tardé à s'emparer du long-métrage. En effet, celui-ci est accompagné de sous-titres en français (la version française n'est en effet pas disponible, ni même sortie au cinéma).

L'on pouvait se douter que The Interview allait être très demandé sur les réseaux d'échange alternatifs, dans la mesure où Sony Pictures n'a autorisé sa diffusion (payante) sur YouTube que pour les internautes se connectant depuis l'Amérique du Nord (ou passant par un proxy / VPN situé là-bas). Après tout le ramdam autour du film, de nombreux internautes non-Américains ne veulent pas attendre pour le voir.

UNE POLÉMIQUE QUI SERT LA PROMOTION

Mais ce n'est pas la seule raison. Au centre des discussions depuis le piratage de Sony Pictures, le film a piqué la curiosité de nombreuses autres personnes qui n'avaient pas particulièrement l'intention de le voir mais qui souhaitent désormais découvrir ce qui apparaît pour beaucoup comme la pomme de discorde entre la Corée du Nord et les États-Unis, à travers Sony Pictures.

En effet, l'existence de ce film a été un temps considéré pendant un temps comme la cause des ennuis du studio de cinéma. Selon cette hypothèse, c'est la Corée du Nord qui aurait téléguidé l'attaque informatique contre l'entreprise pour venger l'honneur de son leader. L'explication avait du sens : la Corée du Nord est un État totalitaire qui a depuis longtemps développé un culte de la personnalité pour son chef.

Néanmoins, un examen des faits laisse à penser que la Corée du Nord n'a rien à voir avec les déboires de Sony, même si elle a publiquement marqué un profond mécontentement lorsqu'elle a découvert The Interview. En réalité, les soucis auraient pour origine un employé de Sony Pictures ou un groupe de pirates qui chercherait à faire chanter le studio.

Quoiqu'il en soit, Sony ne pouvait pas espérer mieux comme campagne promotionnelle. Si le film a été déprogrammé un temps en Amérique du Nord suite à des menaces d'attentat, il a finalement été remis à l'affiche. Et l'on peut raisonnablement penser que le film sera très rentable malgré son succès sur les plateformes illégales et les critiques négatives dont il fait l'objet.

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